Cf. Denzinger, Ritus Orientalium I
4. Greg. Nyss. Or. in bapt. Chr. (Migne XLVI, 584) : Karà Si t»jk ipolooi àxolouOtoaf»
que l'on y trace dessus *. Mais du récit de Rufin et de Sozomène au sujet du baptême donné en jouant au jeune Athanase sur le bord de la mer et que l'évêque Alexandre déclara valide, il résulte tout au moins que la bénédiction de l'eau n'était pas regardée comme une condition pour la validité du baptême. Dans les temps anciens on employait, comme cela est témoigné maintes fois, une triple immersion. Elle rappelait les trois personnes divines, ou encore les trois jours que le corps du Sauveur demeura dans le tombeau, et' qui préparèrent la résurrection. Lorsque au vie siècle l'immersion unique fut introduite en Espagne, quelques orthodoxes s'y opposèrent, parce qu'ils voyaient là une pratique arienne qui niait l'bomoûsie du Fils et du Saint-Esprit avec le Père. Saint Grégoire le Grand ne déclara pas que la validité du baptême fût ici douteuse ; il n'y avait là qu'une de ces questions de discipline sur lesquelles chaque Eglise pouvait garder sa tradition.
2. Sur l'indication de la forme des sacrements, les Pères des anciens temps sont très discrets, en raison de la discipline de l'Arcane. Cela se voit surtoutpour la sainte Eucharistie. Cependant d'après ce qu'ils ont dit, nous pouvons voir ce qu'il y a d'essentiel dans la forme du sacrement de baptême : elle consistait dans l'invocation des trois personnes divines rapportée à l'acte du baptême3. Saint Augustin, non seulement mentionne que le baptême était conféré au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit4, mais il remarque à ce sujet que la forme prescrite dans l'Evangile est essentielle à la validité du sacrement de baptême. De là vient que le baptême
1. Aug. Sermo 342, 3 : Per mare transitus baptismus est. Sed quia baptismus, id est, salutis aqua non est salutis, nisi Christi nomine consecrata, qui pro nobis sanguinem fudit, cruce ipsius aqua signatur.
2. Cf. Greg. Nyss. Or. in bapt. Chr. (Migne XLVI, 585 sq.). Cyr. Hier. Cat. 20, 4. Ambr. De sacr. II, 7, 20. Bas. Ep. 237, 5.
3. Parmi les Pères anténicéens, Tertullien est de cette opinion. Doct. App. de Bapt. 13.
4. Aug. Sermo 149, 9, 10. C. Cresc. Don. IV, 13, 15. Cf. Ambr. De sacr. II, 7, 22, qui trouve dans l'expression « in nomine » à cause du singulier, une indication de l'unité de l'essence divine.
de la plupart des hérétiques anciens était regardé comme valide, car il y avait plutôt des hérétiques qui ne baptisaient pas du tout, que des hérétiques qui changeassent la formule 4. Les additions des hérétiques à la forme ne nuisent pas plus à la validité, que le défaut d'intelligence 2 ou une erreur du ministre3.
Il est vrai que dans la sainte Ecriture, surtout dans les passages où le baptême chrétien est opposé au baptême de saint Jean-Baptiste, il est question d'un baptême au nom du Christ (Gai. 3, 7. Rom. 6, 3). Seulement de là on ne peut décider quelle est la forme essentielle du sacrement4. Saint Basile discute là-dessus et remarque qu'en d'autres endroits de la sainte Ecriture, il est fait mention d'un baptême du Saint-Esprit (Luc 3, 6 ; Actes des Ap. ; I Gorinth. 12. 13) sans qu'il soit parlé du Père ou du Fils. Il faut donc ici encore avoir recours à la tradition et à l'enseignement de l'Eglise, si nous voulons arriver à une certitude sur ce qui est essentiel dans la forme. « La tradition que nous avons sur la grâce vivifiante doit être inviolablement gardée », dit saint Basile 5. « S'il est dangereux de la part du ministre, de séparer le Saint-Esprit du Père et du Fils, et si cela rend le baptême inefficace pour le sujet, comment pouvons-nous dans la doctrine séparer l'Esprit du Père et du Fils 6 ? »
1. Aug. De bapt. VI, 25, 47 : Ceterum quis nesciat non esse baptismum Christi, si verba evangelica, quibus Symbolum constat, illic defuerint ? Sed facilius inveniuntur haeretici qui omnino non baptizent quam qui non illis verbis baptizent. Ideoque dicimus non omnem baptismum Christi, id verbis evangelicis consecratum, ubique eundem esse, nec hominum quorumlibet et qualibet perversitate violari.
2. Aug. De bapt. IV, 12, 18 : Sed cumbaptisma verbis evangelicis datur, qualibet ea perversitate intelligat ille, per quem datur vel ille cui datur, ipsum per se sanctum est propter illum cujus est.
3. Ibid. c. 15, 22. Cf. de unico bapt. c. Pet. c. 3, § 4 : Si denique de ipsa etiam Trinitatis unitate dissentientem haereticum invenio, et tamen evangelica et ecclesiastica régula baptizatum, intellectum hominis corrigo, non Dei violo sacramentum.