‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 355 sur 480 · Aug. De haer. c · texte numérisé non relu

Aug. De haer. c

pensaient que la foi et le baptême suffisaient seuls pour la vie éternelle, dût la grâce reçue n'être suivie d'aucune bonne œuvre1. Si d'autres enfin veulent admettre en revanche que ceux qui ont reçu le baptême et ne se séparent pas de l'Eglise par hérésie ou par schisme ne peuvent se perdre et que même pour les péchés les plus graves ils n'ont à craindre que des peines temporelles 2, ou encore s'ils n'excluent pas du salut les hérétiques baptisés, quelque grands que soient leurs péchés, il estime que de telles propositions procèdent d'une bonté pleine de faiblesse et ne font qu'augmenter la facilité à pécher3. Au contraire, le péché commis après le baptême n'en est que plus grave aux yeux de Dieu 4.

Il faut encore mentionner un effet du baptême, qui se comprend de lui-même, et est à cause de cela peu traité par les Pères. En tant que premier des sacrements, le baptême nous incorpore à l'Eglise et par cela nous donne droit aux autres sacrements. Que ce fût là la foi de l'Eglise, cela ressort des disputes au sujet de la réitération du baptême des hérétiques ; vu que des deux côtés on admettait que seul le baptême valide rend membre de l'Eglise. Saint Augustin 5 indique comme une tradition de l'Eglise de ne laisser approcher de l'autel que les seuls baptisés.

6. A la doctrine des effets du baptême les Pères rattachent toujours celle de sa nécessité (nécessitas medii) pour la vie éternelle ; cette question est en effet la suite de la première, puisque le baptême est le moyen de produire ces effets. Le Seigneur a donné au sujet de cette doctrine les enseignements les moins équivoques (Marc,

1. De fide et operibus 13, 20 : Videant igitur, non ei (juvenidiviti) dictum esse ut crederet et baptizaretur, quo solo adjutorio putant isti venire hominem ad vitam, sed morum praecepta homini data, quae utique sine fide custodiri observarique non possunt.

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