Aug. De pecc. mer. et rem. I
quences que tirait saint Augustin pour le péché originel de ce baptême in remissionem peccatorum. Ils voulaient bien reconnaître une nécessité du baptême, non pour remettre les péchés et pour la vie éternelle, mais seulement pour acquérir des droits au ciel1. D'après la doctrine de l'Eglise, le baptême est nécessaire pour la vie éternelle aux enfants comme aux adultes2. La nécessité de la Rédemption, et de son application par le baptême d'un côté, comme l'universalité du péché originel de l'autre sont en corrélation si étroite que l'un seul peut mettre fin à l'autre. Selon la doctrine de la sainte Ecriture tous les hommes doivent être sauvés par le Christ et ne peuvent l'être que par lui. S'ils ne sont rattachés à son corps, c'en est fait de leur salut. Cette vérité, si on veut maintenir la justice de Dieu, suppose cette autre : qu'une faute héréditaire pèse sur chaque homme3. Dans un cas de nécessité, le baptême peut bien être remplacé par la contrition parfaite, comme nous le dirons bientôt; seulement celui qui a été ainsi justifié, quelque degré de grâce et de perfection qu'il puisse supposer avoir acquis, est tenu à recevoir le baptême, s'il peut le recevoir. Car le Christ a voulu que l'homme parvînt au salut en se soumettant humblement à un signe extérieur, puisque c'était par orgueil qu'il avait commis la première faute. Et pour cela, lui-même, le premier a donné l'exemple en allant recevoir au Jourdain son baptême4.
Cette nécessité du baptême existe autant pour les enfants des fidèles et des justes que pour ceux des infidèles et des
1. De anima et ejus orig. 9, 11. De pecc. mer. et rem. I, 18, 23.
2. Enrich. c. 43 : A parvulo enim recens nato usque ad decrepitum senem, sicut nullus est prohibendus a baptismo, ita nullus est qui non peccato moriatur in baptismo : sed parvuli tantum originali, majores autem etiam iis omnibus moriuntur peccatis, quaecunque maie vivendo addiderunt ad illud quod nascendo traxerunt.