Cyr. Cat. 16, 8. — 7. Basil. Ep. 188 can. 1 (éd. Maur
dissidents, il n'avait pas en somme d'idée bien arrêtée. 11 divise les dissidents en trois classes : en hérétiques, qui s'écartent de la foi; en schismatiques, qui se sont séparés de l'Eglise pour des questions de discipline, comme les Montanistes; et en Parasynagogites, et par ce mot il entend les prêtres et les évêques qui ont été déposés, mais ont persisté à se maintenir dans leurs fonctions et ont rassemblé autour d'eux des petites communautés. Le baptême des deux dernières catégories est à son avis valide, mais non celui des hérétiques, comme les Montanistes. Il est vrai, ajoute-t-il, que Cyprien et Firmilien ont contesté la validité même du baptême des schismatiques, mais ils ont par là soulevé de la part des Asiatiques diverses protestations. Aussi pourrait-on reconnaître ce baptême comme valide. Il est surprenant de voir comment saint Basile reproduit l'opinion de Cyprien. Il pense que celui-ci a regardé les évêques et les prêtres séparés de l'Eglise par le schisme comme ;laïcisés, ayant perdu par là le Saint-Esprit et avec lui le pouvoir de baptiser. Il paraît aussi supposer comme étant l'opinion de Cyprien que le baptême administré par un laïque était invalide1, mais il remarque aussi que les Asiatiques n'avaient pas adopté la manière de voir de Firmilien. Au sujet du baptême des Encratites, il ne montre guère de décision, quoiqu'il soit plutôt partisan de leur réitérer le baptême. « En tout cas, ajoute-t-il, il faut décider que ceux qui se convertissent de cette secte seront d'abord oints en présence des fidèles, et seront ensuite admis à participer aux mystères2 ». Saint Basile exprime plus clairement son opinion personnelle au sujet du baptême des hérétiques dans une autre lettre à Amphilochius. Il tient le baptême des Marcionites pour invalide, car bien qu'ils baptisent au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ils déclarent que Dieu est le premier principe du mal. Ici c'est la doctrine hérétique sur Dieu qui est donnée comme raison de l'invalidité du baptême des Marcionites^3. Il est donc clair que les décisions d'Arles et
1. Cf. Basil. Kp. 188, can. 1. —2. Ibid. —3. Ep. 199, can. 47.
de Nicée n'étaient pas encore suffisantes pour enlever tout doute au sujet du baptême des hérétiques.
Saint Grégoire de Nysse rejette le baptême des Eunomiens, non à cause de leur doctrine hérétique sur Dieu, mais parce qu'ils ont changé dans ce qui est essentiel la forme du baptême, et ne baptisent qu'au nom de Dieu créateur de toutes choses l.
Saint Grégoire de Nazianze dit vaguement qu'il est indifférent pour le baptisé que le ministre du sacrement ait un haut degré de perfection ou non « pourvu qu'il soit instruit dans la même foi2 ». Un témoin plus important pour la pratique de l'Eglise est saint Jérôme qui dans son écrit contre les Lucifériens [parle de la validité du baptême des Ariens, qu'il regarde comme communément admise, pour démontrer par là la validité des ordinations chez les Ariens. Il rappelle à ce propos l'écrit d'un diacre schismatique, nommé Hilaire, qui bientôt après le synode d'Alexandrie 362 avait commencé à Rome à rebaptiser les Ariens, mais en reconnaissant que la pratique contraire de recevoir les hérétiques par l'imposition des mains pour la pénitence avait toujours été en vigueur dans l'Eglise Romaine, et avait été mise en usage par les papes Jules, Marc, Sylvestre, etc.3
Les Constitutions apostoliques, et les Canons apostoliques (Const. VI, 15 — Can. 4) composés au commencement du Ve siècle acceptent en général l'opinion de l'invalidité du baptême des hérétiques. Cette question de la validité du baptême des hérétiques, saint Augustin l'a traitée en union avec la doctrine de l'Eglise sur l'efficacité des sacrements en général. Le sacrement, comme nous l'avons déjà remarqué, ne tire sa vertu ni de l'homme qui l'administre, ni de l'Eglise, mais du Christ lui-même, qui l'a établi et l'administre lui-même par le moyen du prêtre qui lui sert d'organe4. Par conséquent il importe peu à l'efficacité du bap-
1. Greg. Nyss. C. Eun. XI (Migne XLV, 881). — 2. Greg. Naz. Or. 40, 26.