‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 365 sur 480 · Aug. De bapt. I, 10, 14; III · texte numérisé non relu

Aug. De bapt. I, 10, 14; III

terne que le ministre soit pécheur ou vertueux, hérétique ou catholique. L'hérétique peut, malgré sa défection de la ^vraie Eglise, en emporter quelque chose : quelques vérités religieuses, les saintes Ecritures et les sacrements peuvent -être conservés par lui, et dans ses mains, s'il observe dans l'administration les rites essentiels, le sacrement ne perd pas plus sa vertu et sa signification que dans celles d'un catholique qui aurait sur Dieu et les sacrements des opinions fausses, ou qui ne serait pas en état de grâce1. Il est vrai, comme on l'a déjà remarqué2, saint Augustin se rattache à saint Cyprien pour admettre qu'en dehors de l'Eglise, les sacrements malgré leur validité ne produisent point la grâce et ne donnent pas le Saint-Esprit. Mais par cette opinion, saint Augustin ne rejette nullement l'efficacité objective des sacrements, il veut seulement entendre une inefficacité partielle des sacrements qui chez les hérétiques provient du défaut de dispositions du côté de celui qui le reçoit; étant dépourvu de la foi et de l'amour du Christ et de son Eglise, il n'est pas capable de recevoir en lui le Saint- Esprit avec la grâce. Là où une telle disposition est impossible, comme chez les enfants, où si elle n'existe pas, à raison de l'ignorance involontaire et excusable, chez les adultes malgré leur hérésie matérielle, dans ce cas, le sacrement de baptême, môme s'il est administré par un hérétique, n'est pas seulement valide, mais encore il opère la rémission des péchés et donne le Saint-Esprit. De là on est autorisé à conclure que dans le cas de nécessité, il est non seulement permis, mais il est obligatoire de recevoir le baptême, même de la main d'un hérétique3.

Après ces développements la question de la validité du baptême des hérétiques était décidée, et on peut maintenant clairement se représenter, dans quel sens différents conciles mettaient des différences dans la manière de recevoir les hérétiques, baptisant de nouveau les uns ou se bornant pour les autres à leur imposer les mains pour la rémission des

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