Epiph^ Haer. 79, 3 (éd. Petav.), p
pendant le baptême1. Déjà Tertullien avait reproché aux sectes gnostiques de n'avoir pas de sacerdoce proprement dit, et de faire administrer le baptême par des femmes 2, ce que l'Eglise défendait 3.
Les Pères que nous venons de nommer voyaient surtout d'irrégulier et de désordonné dans le baptême administré par la main des femmes la puissance sacerdotale qui leur était attribuée par là dans certaines sectes. Leur opinion ne touche nullement les cas de nécessité, de sorte que le développement postérieur de la doctrine sur ;la validité du baptême administré par les femmes n'est nullement en contradiction avec la doctrine des Pères.
Cependant jamais, même dans les cas de nécessité, l'homme n'a le pouvoir de s'administrer lui-même le baptême, c'est ce qu'indique bien la formule : Ego te baptizo. Saint Augustin a affirmé ce point très expressément4.
2. Par rapport au sujet du baptême, la sainte Ecriture indique très clairement que tout homme est en état de recevoir validement le baptême, puisque tous les hommes sont appelés à être membres de l'Eglise et à obtenir la vie [éternelle. Les Apôtres ont été envoyés pour instruire tous les peuples et les baptiser. La sainte Ecriture n'avait pas dit formellement si les enfants qui n'ont pas l'âge de raison pouvaient recevoir validement le baptême ; elle oblige cependant à conclure à l'affirmative ; la raison en est dans la liaison étroite de la doctrine du baptême avec celle du péché originel. De même que le péché d'Adam devient par la descendance charnelle commun à tous les hommes, et pèse même sur les enfants, sans qu'ils y aient cependant participé de leur propre volonté, de même la grâce du
1. Epiph. Haer. 79, 3 (éd. Petav.), p. 1060. Cf. Const. Apost. III, 1. -• ' c. il. Epiphane rapporte la môme chose (Haer. -42,
4, p. 305 des Marcionites.
3. D<' rirgg. v.-ll. c. '.) : Son permiltitur mulieri in ecclesia loqui, sed nec docere, Dec tin#ere nec ollerre etc.
4. Aug. C. Cresc. Donat. III, 6, 6: Kl quia sine ministro nec nos dicimus posse hominem naplizari, quaeris a me, utrumne mo'ius injustus sit minister ;in justUfl ?
Christ, dont l'œuvre ne peut pas être plus faible que celle du premier Adam devient propre à tous les enfants, sans qu'il y ait rien de leur volonté. Le Sauveur a enseigné cette doctrine, non seulement en instituant le baptême, mais encore en n'excluant pas les enfants du royaume du ciel et en les bénissant. De plus, des Apôtres il a souvent été dit qu'ils avaient baptisé des familles entières, parmi lesquels il est très probable qu'il y avait aussi des enfants.
Ce que, d'ailleurs la sainte Ecriture n'a pas précisé, nous est pleinement enseigné par la tradition. Le concile de Carthage (252), présidé par saint Cyprien prescrit, de baptiser les enfants bientôt après la naissance '. Origène attestait le même usage dans l'Eglise orientale2, saint Irénée dans l'Eglise des Gaules3. Dans les temps postérieurs au concile deNicée, cet usage est donné non seulement comme général dans l'Eglise, mais comme un usage apostolique 4. C'est ce que dit saint Augustin 5. Les Pélagiens eux-mêmes n'osèrent rien changer à cet usage de l'Eglise, quoiqu'il allât absolument contre leur doctrine. Un concile tenu à Girone en Espagne (517) affirmait dans son cinquième canon que les enfants nouveau-nés, s'ils sont malades et refusent le lait de leur mère doivent le même jour être baptisés. Saint Grégoire est le seul à dire que, le cas de nécessité excepté, on peut retarder jusqu'à leur troisième année le baptême des enfants, afin qu'ils puissent faire eux-mêmes les .réponses nécessaires.
A l'origine le baptême des adultes était l'ordinaire. Au sujet de ceux qui furent baptisés par les Apôtres, à la première Pentecôte, nous ne lisons pas qu'ils aient fait une longue préparation. Puissamment touchés par la grâce du