In Joan. lib. VII (Migne LXXIV
proprement dit et l'Eucharistie. On voit là bien distinctement1 la confirmation.
Nous rencontrons le même nom donné à la confirmation ou du moins un nom à peu près semblable dans les écrits attribués à Denys le pseudo-Aréopagite, et qui appartiennent à l'église d'Alexandrie. Parmi les moyens de sanctification, indiqués dans le livre de la Hiérarchie ecclésiastique, le baptême occupe la première place, l'onction forme son complément, afin de rendre celui qui a été déjà sanctifié plus agréable à Dieu2. Auivc chapitre, après avoir exposé la doctrine du baptême et de l'Eucharistie, l'auteur parle de la consécration avec le chrême (-oO p^oou rùsrii) 3. Son nom grec de consécration vient de tùssiv (consacrer) parce que le chrême a d'abord été consacré (rehrli) et sert ensuite à notre consécration 4. La consécration du chrême parl'évêque assisté des prêtres est ensuite décrite en détail, et l'huile de l'onction est montrée comme composée de divers éléments odoriférants5. Photius, dans sa bibliothèque, a conservé d'autres témoignages des Pères grecs : d'Euloge, patriarche d'Alexandrie (f 008), qui parle de la communication du Saint-Esprit opérée par l'imposition des mains, selon son expression, et de l'impossibilité de réitérer cette imposition6; du moine Job qui vivait au vie siècle et qui mentionne l'onction à côté du baptême et de l'Eucharistie7. Saint Maxime, qui vivait au viic siècle rappelle, dans ses scholies sur la Hiérarchie ecclésiastique du pseudo-Aréopagite, que de son temps l'Eucharistie n'est plus, comme auparavant, donnée aux nouveaux baptisés aussitôt après le baptême, même en dehors de la messe, mais il indique clairement aussi l'onction et ses
1. In Joël l'roph. tom. II, § 32 [Migne, LXXI, 373) : AéSorui -/ècp *?//.rv w; èv
ûfttu to ûottp xi -'•>■> ~'<j v:/iyj f&aemfofUXTOi, ojç, 8'èv fft'rw o oeproç f/Jç Çw»/<; xoù oiç èv SIMM ~'j XlfJM. Wp'jiTtïsr.Ji/.zv.l ûï X0CI r, t'/j ï/y.io-j %pei<xy vwzùoùcv. TtpOi TS/St'CdTlV TOfç
2. Dionys. De eccl. Hier. c. 2, § 8: !H S- toû pùpou Te/etwrtxv) xpitrii wu>ê-n
3. Ibid. C. 4, 1 : 'A)./ &ti Tv.jrr,i ïz-:px zzJ.î7iovp-/ic(., {xOpou tsàstyiv aùryjv Gixaflyjytfiovsi xu-jjj àvOfiâÇovat.
4. Ibid. g 12. — •'). Ibid. \ 4. — 6. Phot. Cod. 289. — 7. Cod. 222.
effets, quand il dit1 : « L'évêque s'approche de celui qui s'est converti, l'instruit, l'oint, le marque et le fait participant du don (du Saint-Esprit), après qu'il l'a baptisé ».
6. Des décisions de conciles de l'époque patristique contiennent plusieurs témoignages de la foi et de la pratique de l'Eglise relativement à la confirmation. Pour le concile de Laodicée on ne sait pas au juste quand il a été tenu, en tout cas il est du ive siècle ; mais, bien qu'il soit douteux si le 7e canon entend seulement par onction du saint chrême le rite usité dans la réception des hérétiques, le 48e canon ordonne comme obligatoire la réception de l'onction après le baptême. « Il est nécessaire, y est-il écrit, que celui qui a été sanctifié soit oint du saint chrême, après le baptême, et participe au royaume du Christ. » Le 7e canon, déjà mentionné, du second concile général nous donnerait sur la forme du sacrement des conclusions plus précises, s'il était bien authentique et clair. Mais nous n'avons là probablement qu'un extrait d'un écrit de l'église de Constantinople à l'évêque Martyriusd'Antioche, vers la moitié du ve siècle, écrit avec une addition comme 95e canon du Quinisexte (692).
Il n'y est expressément question que du rite employé pour la réception des hérétiques : chez les uns c'est la réitération du baptême, chez les autres c'est l'onction qui est prescrite. « Pour les Ariens et les Macédoniens, les Sabbatiens et les Novatiens, qui se nomment les Purs et les Bons, de même que les Tétradites et les Apollinaristes, nous les recevons après qu'ils ont anathématisé par écrit toute hérésie, contraire à la Sainte, Catholique et Apostolique Eglise de Dieu, et après qu'ils ont été marqués et oints de l'huile sainte au visage, aux yeux, au nez, à la bouche et aux oreilles. Et en leur imprimant ce signe (o-^aytÇovreç) nous disons : Le signe
1. Cf. Max. Schol. ad eccl. Hier. c. 2, § 8 : Ka« SiSoLcxei aÙTÔv *ca xpl£t xat cypoc/îÇu xat ^sra^'ôwffi toû Sûpov /3a7rn'<7a;. Quand Vitasse dans le traité de la Conf. (Migne, Curs. theol. XXI, 709) entend par àûpov la sainte Eucharistie, cette traduction ne semble pas s'accorder avec ce qui précède immédiatement.
du don du Saint-Esprit (uyouyi; fapt&ç irvtvfMcroc âyiov.) ». Ces dernières paroles sont encore aujourd'hui la forme de la confirmation dans l'Eglise grecque, bien que les autres petites sectes orientales aient d'autres formules. Cependant, il semble bien que l'onction que nous mentionnons n'était qu'un rite, qu'un signe de la réconciliation et ne remplaçaitpas la confirmation l. Car môme en dehors de ces circonstances, on Ta vu, on employait aussi une onction. Les Nestoriens ont conservé le précepte de ce canon pour la réception dans leur secte, sans cependant regarder jamais la confirmation comme un sacrement distinct du baptême2.
Il faut expliquer dans le même sens le premier canon du premier concile d'Orange (441) : « Si les hérétiques veulent dans une maladie mortelle se faire catholiques, un prêtre en l'absence de l'évêquepeut les marquer de l'onction3 ». Nous n'avons cependant aucune connaissance que jamais à cette époque dans l'Eglise d'Occident, l'onction sacramentelle, c'est-à-dire la confirmation, ait été conférée par un prêtre. Le second et le troisième canon paraissent d'ailleurs bien indiquer que dans le premier, il n'est question que de l'onction qui accompagnait la réconciliation et était aussi un des rites du baptême. De plus le second canon n'est indiscutable ni quant au texte ni quant au sens. « Si nous en croyons le P. Sirmond, il signifie : « Tout ecclésiastique qui a le pouvoir de baptiser, doit être muni de chrême, car c'est l'usage chez nous de donner une onction (au baptême)». En Occident un la faisait sur la tête. Si quelqu'un a été baptisé dans le cas de nécessité et n'a pas reçu l'onction, il faut le rappeler à l'évêque lors de la confirmation (afin qu'il donne alors l'onction du baptême avant celle de la confirmation). Car chez tous c'est l'usage de ne donner qu'une onction (c'est-à-dire pour le baptême, pour lequel on avait peut-être donné quelquefois
1. Plusieurs se prononcent exclusivement pour la confirmation, comme Jforinus (De poen. IX, 9, 6,7). Vitasse(De Conf. [Migne XXI, 655];. Cf. Hist. des Dog m. I, 535 ef buIy. (2° éd. al.)