Athan. Ep. ad. Serap
fragment des écrits de saint Athanase qui nous a été conservé par Théodoret. Dans ce passage il applique les paroles du premier verset du psaume GIX : « Asseyezvous à ma droite » à l'humanité glorifiée du Christ. «C'est par ce corps, dit-il, qu'il était et qu'il peut être nommé prêtre et apôtre, puisqu'il nous a laissé ainsi ce grand mystère par ces paroles : c Ceci est mon corps, qui a été livré pour vous, ceci est le sang non de l'ancienne, mais de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour vous. La divinité n'a ni chair ni sang; ils viennent de l'homme que le Logos a pris dans le sein de Marie l ». Pour justifier et expliquer la doctrine de l'humanité vraie et complète du Sauveur, et de sa nature humaine consubstantielle à la nôtre, le saint docteur ne pouvait pas mieux diriger sa pensée et son effort. Tout cela il le trouvait dans l'Eucharistie, avec cette seule différence qu'ici le Logos est présent avec son humanité glorifiée. On retrouve la même doctrine dans une des lettres pascales récemment découvertes2 : « Le Sauveur, dit saint Athanase, ayant rempli sa mission temporelle, et toutes les ombres s'étant dissipées, comme la bonne nouvelle de l'Evangile devait se répandre dans tout le monde, les disciples demandent au Sauveur : où voulez-vous que nous préparions l'Agneau pascal ? et le Sauveur voulant les élever de la figure à la réalité, les exhorte à ne plus manger la chair de l'Agneau, mais sa propre chair en disant : « Prenez, mangez et buvez, ceci c'est mon corps et mon sang3 ».
Saint Cyrille de Jérusalem s'efforce de donner une explication de toute la doctrine du salut, spécialement des sacre-
1. Dans l'édition Maurine des œuvres de saint Athanase II, 1019 (Migne XXVI, 1239).