‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 389 sur 480 · Ibid. c · texte numérisé non relu

Ibid. c

correspond au corps, ajoute saint Cyrille, le Logos correspond à notre âme1.» On ne peut pas de là conclure que saint Cyrille ait accepté l'opinion de la persistance du pain dans la sainte Eucharistie, quoiqu'il la nomme un pain céleste, un pain des anges, la nourriture de l'âme, pour la vie éternelle. Bienplus, en d'autres endroits, les pains de proposition sont représentés comme la nourriture du corps, et le Logos dans l'Eucharistie, commelanourriture de l'âme, et cela avec raison : car l'importance propre de la communion eucharistique consiste dans l'union avec le Logosdivin. Au VIe chapitre saint Cyrille s'explique bien plus expressément contre l'opinion de la persistance du pain : « Ne le regarde pas, dit-il, comme un pain ordinaire, ou du vin commun, car c'est la chair et le sang du Christ, comme lui-même l'a dit : Si tes sens ne te le disent pas, ta foi doit te suffire pour en être sur. Ne juge pas cette chose d'après ton goût, mais sans aucune crainte de doute, appuyé que tu es sur ta foi, Bois certain que tu as participé au don de la chair et au sang du Christ ».

« Quand tu as appris cela, lisons-nous au neuvième chapitre -, et que ta foi l'a fortement convaincu que le pain n'est pas du pain, quoique le goût indique le contraire, mais est le corps du Christ et que ce qui paraît du vin n'est pas du vin, quoi qu'en disent tes sens, alors fortifie ton cœur, et après avoir joui de cepain céleste, que la face de ton âme se réjouisse ». Les sens qui nous indiquent l'apparence du pain ne doivent donc pas influer sur notre jugement, puisque la foi dit que le pain n'est plus, mais a été changé au corps du Seigneur.

Dans la catéchèse suivante, la vingt-troisième, qui traite du sarrifice eucharistique, le rapport du corps et du sang du Christ au pain et au vin est exposé de telle façon qu'on voit

1. CyT. Il it'f'OS. c. ;} : "Çlir.ep yy.p 6 ypzo^ voifucri xecrcéltajJlogj outw xoù ô Adyoç rvj 'pj'/r, ùpucoio^.

2. Cyr. Hicros. Cat. 22, 9 : Ta&ra fietôcâvj /y\ rc/ripo^opYtOsl^ aiç S av.ivdfxsvo^

«/5Tî; '/y/ XpTOi ïz~ù, il /y.\ zrt ■/îJzti y.hO^zdç,, yj/y ?Cip.y. XpiïTOÙ' xac ô f<x.ivdp:*vQi MVOf OÙX Otvôq farty, tl /'A h JfcOfftî tîjzo 3yj/iry.<., y./yy yxu.y. Xpirroû x. t. /.

clairement que le pain et le vin ont disparu après la consécration. <c Après nous être sanctifiés par la prière, invoquons le Dieu tout-puissant, afin qu'il change le pain au corps du Christ, car ce que le Saint-Esprittouche est sanctifié et transformé1 ».

En parlant de la sainte communion, il appelle encore le pain un antitype de la chair et du sang du Christ, et il recommande aux fidèles le respect et l'attention à ce que rien des saintes espèces ne tombe à terre. « Après avoir recule corps du Christ, qu'il vienne recevoir le calice du sang, non en étendant les mains, mais en s'inclinant dans l'attitude du plus profond respect, il recevra aussi le sang du Christ qui le sanctifiera2. » Quoique ici la prosternation (npovxvvnatç) nesoitpas indiquée expressément comme latreutique (>aT/îsuTow), toute cette exhortation indique cependant bien clairement aux croyants la présence réelle du Christ dans la sainte Eucharistie. Il ne veut pas que la souillure des péchés ($«« potopw àpv.pTiûv) éloigne les fidèles delà sainte communion, il n'entend d'ailleurs par là que les péchés véniels, et il exhorte les fidèles à se maintenir en état de pureté 3.

Si saint Athanase témoigne de la foi de l'église d'Alexandrie, saint Cyrille de celle de l'église de Jérusalem, un autre contemporain, saint Hilaire, témoigne de la foi de l'église des Gaules. Il est contraint lui aussi parles erreurs du temps à faire du dogme de la parfaite divinité du Sauveur'le centre de sa doctrine théologique. De même que le Logos incarné peut d'une part se dire homme et dire qu'il est le pain qui est descendu du ciel, de même il parle de son pain (Jean, VI, 51, 52) pour indiquer que son corps n'est pas identique à sa nature et à sa personne divines, mais qu'il a été

1. Cat. 23, 7 : Tôv ptActvOpowov ôec'v, ro v'/io-j ÏTveO/Aa è.Ça.TTOrcec).o:t èm rà TTpoxsi- /jLtva. • fva Tzor/jr/] TGV pèv uprov X^t<rroO, xov Se otvov ou/âcc X^igtou • IlavTcoç yocp ou ii/.j èaciipuiro rà ocytov Tivevpu., toùto xat [xtra^é^l-qTon.

2. Ibid. C. 22: Tlpoaépxou xa.i toi TtoripiM tcO at/zarcç* //.'h àvaret'vwv ràç ^£«/saç, ooùà xÙ7Ttwv, xca rpoTio* T:po<7xvyriGEwç, xat ff£^3aa//.aTG; Xéycov rà 'Ayoiy;v, ùyioiÇov xai ex t&O af/iarc; /*£Ta/a/x/3avwv Xpurroû.

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