‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 401 sur 480 · Cyr. Alex. Adv. Nest. IV, c. 5 (p · texte numérisé non relu

Cyr. Alex. Adv. Nest. IV, c. 5 (p

2. Cf. Ep. 17 (Migne LXXVII, 113). — Anathem. 11. V. plus haut § 40.

3. Adv. Nest, IV, c. 5 (p. 193) : "On Se Sià. toû gû/jloctgç toO Xpiarov npoç, évoTvjTa TÏ/V Tcpoç, aùro'v, xoù TTpoç ye tvjv et; oùl-/]loi>ç, awav/jy^eda.

4. In Joan. evang. IV, c. 2 {Migne LXXIII, 563) : Atà rolro Çuo-nateT toù;

/Jl£T£^CVTaç OOITOU TÔ GÛ/JLOC X/StffTC'ïJ * èÇslotWSt yv.p TGV ddvKTOV, OTU.V £V TOtÇ, OCTTOÔvrÎT-

oxvGi yévrjTXi, xoù sÇiGTrjat ydopâv, rov tvjv yOopàv àpccvt'Ç&vToc àdyov Te/et'co; ùjSïvov kv savnS.

5. In Joan. evang. IV, c. 2 (p. 581). Cf. Ibid. III, c. 6 (p. 520). Hom. 10 (in myst. coen. (Migne LXXVII, 1028). De adoratione in spiritu lib. II {Migne LXVIII, 261).

réelle de Dieu dans le sacrement et il conclut au dogme de l'union hypostatique de l'humanité et de la divinité dans le Christ et à la présence de l'Homme-Dieu tout entier. Dans le discours précédent au contraire, il avait fait découler la présence du Logos de la présence du corps eucharistique du Christ *. Ici encore son argumentation tend à établir que dans l'Eucharistie, ce n'est pas seulement un homme qui est présent, parce qu'alors l'usage du sacrement ne pourrait servir de rien pour la vie éternelle. « Comment pourrait-il être présent ici et partout sans être amoindri 2 ? »

Quanta examiner déplus près comment le corps du Christ est présent sur l'autel, saint Cyrille ne le fait pas et il néglige de distinguer les notions d'essence et d'apparence dans les rapports du pain et du vin au corps et au sang du Seigneur. Ordinairement la théologie ne vient à ces distinctions précises dans les expressions qu'en combattant l'hérésie. Mais pour ce qui est de la persistance du pain et du vin, saint Cyrille est loin de l'adopter, puisqu'il dit dans la même homélie3 : « Cette Sagesse substantielle du Père donne son corps comme pain, et son sang vivificateur comme vin. 0 mystère redoutable, ô décrets ineffables de Dieu, ô condescendance qui dépasse nos idées, ô bonté infinie! Le Créateur se donne à sa créature, la vie est donnée en nourriture aux mortels >. Ce n'est donc pas sous le pain ou dans le pain que le Seigneur donne son corps, mais comme pain,c'est-àdire sous l'apparence du pain, là où essentiellement il n'y a que le corps.

Chez les Nestoriens régnaient, comme le montre ce que nous avons déjà dit, des doctrines erronées sur l'Eucharistie.

1. Theodor. Hom. 10 (In myst. coen. : Migne, LXXII, 1028 sq.) : El pip

ojv fjfy'j vGfUi Oiot&ioOTOU hrv.ûôx Ôsàç èùrfiwôç,, XpicToç b xi/picç, xcd oltx UMÔpomoç, ^,(/s; r, Xf/tloç, WCT K&fCÛf, XtlTOUCTydi, XOci TÔv à7U/J.â.Tùiv eTç. Kca et QlO\i al/xa TÔ ne)*.?., ai/r cr.px Otbç, yuuvôç à ecç r<[; TTpoaxxnnjr^i Tptàooç, viôç dsoO, doù' ivocvO pomrivuç,

2. Ibid. fp. 1020) : Ec os... ipù.bc, oaSpunto^f ~n&% %l\ Çwip alt&viw xyipÛTrerut rote npovioQat rt Up& TpàcitiÇy ; ttîô^ o ivecuA/Çcrac èvraûôa re xaî 7rotvra^o0, /.n\ où psioùroci ;

3. Ibid. (p. 1017): H toj Qeo G ■na.rpà^ hMtdaxotxo^ voffato ica/rffc aCtpa. ùçciprov oiv.vip.ti, xaî to Çotoitoièv oturlji atyua ùç, oivov tltiotooteiv.

Il ne faudrait donc pas s'étonner si Théodoret, dont les écrits dogmatiques ont été condamnés par le Ve concile général, à cause de ses erreurs nestoriennes, avait affirmé aussi des choses fausses ou inexactes sur ce mystère. On ne peut nier qu'il ne l'ait fait; cependant les propositions de Nestorius sur la simple présence du corps de l'homme Jésus ne se trouvent pas chez Théodoret dans toute leur nudité. Bien plus, il a témoigné de la foi de l'Eglise. A propos de la première épître aux Corinthiens (XI, 23 et suiv.) il dit : « Cette nuit bénie et sanctifiée de tous côtés, il la rappelle à notre souvenir, cette nuit qui termina la Pâque biblique, qui nous donna le vrai archétype dont la première Pâque était la figure, qui ouvrit la porte du sacrement de salut, dans laquelle il donna non seulement aux onze Apôtres mais même au traître Judas sa chair divine et son précieux sang (toO t^i'ou fAsréSwxsv oTûparoç revu «tparoç))). Aupassage suivant il remarque, il est vrai, qu'après le retour futur du Christ, nous n'aurons plus besoin du symbole de sa chair et de son sang ; mais, par cela, il indique qu'il ne veut parler du symbole de la chair qu'en tant que par eux la manière d'être du corps du Christ glorifié est voilée et comme symbolisée. « Nous qui recevons les sublimes mystères, ne nous unissons-nous pas avec le Seigneur, dont la chair et le sang, comme nous le confessons, sont présents dans le sacrement»? Ainsi parle Théodoret, dans son commentaire sur la première épître aux Corinthiens (10,16)*. Dans les dialogues où leNestorianisme est plus marqué, il y a cependant des inexactitudes. L'Eraniste, donné comme monophysite, affirme de même que le pain est changé par la consécration au corps du Seigneur; le corps du Seigneur a été dans l'ascension changé en la substance divine. Cette affirmation déjà est contradictoire: car si le corps du Seigneur n'existe plus dans sa nature propre, mais a été changé en la substance divine, alors le pain et le vin ne peuvent plus être changés au corps du Seigneur. Le

t. Theodor. Interpret. ep. I ad Cor. 10, 16 (éd. Schulze III, 228) : T<Sw

iepûv à.-Kola.ûovTEc, [xwrrripîwv oùx kvtû y.oivwoîj fj.su rû <$st7Tot>7, ou xoù ro a&fxx stwi xoù ro odfj.cH f6c.fj.sv ;

terme du changement devrait dans l'Eucharistie aussi être la divinité et cependant rien de fini et de matériel ne peut être changé en l'être divin. Ailleurs l'orthodoxe répond1 : «Les signes mystiques ne perdent pas leur nature après la consécration ; ils demeurent, forme et figure, dans leur essence première, sont tangibles et visibles comme avant; mais spirituellement ils sont devenus autre chose, et ils sont adorés comme ce pour quoi la foi les tient ». A bon droit l'orthodoxe rejette chez Théodoret un changement du corps humain de Jésus, en la divinité ; mais il accepte fort bien une transformation du corps mortel en un corps immortel glorifié, et c'est quelque chose de semblable qui a lieu dans l'Eucharistie. Cette comparaison est en réalité inexacte. Car, d'après la doctrine de l'Eglise, dans l'Eucharistie ce n'est précisément une manière d'être, mais l'essence même qui est changée. De telles inexactitudes étaient, il est vrai, plus facilement possibles tant que les termes théologiques n'étaient pas encore bien établis, et elles s'expliquent d'autant plus facilement chez un écrivain qui avait intérêt à affaiblir le changement eucharistique, afin qu'il ne pût servir d'analogie pour expliquer le changement de la nature humaine d'après les idées monophysites 3. Mais, si nous faisons attention à la

1. Eran. seu polymorphi Dial. II. (éd. Schulze IV, 126): OùSè yocp fxeTx rov

dr/iajuiv rà [tuOTtxei rJij.Qoïv. tv;; oixei'<x.$ è£ t'aTarat pvjeuç, ■ fxévei yàp èiri. rrj$ ■npozèpy.c,

-;a; xcd tsû 7^'ay.ro; /ai r©G ziciovc,, xoù opotxci iartv y.cci âîrrà oXtx xat Kpàrspov r,v

verrat hly.Ttip ï/ïsîzo y.y.i 7ri3T£ Jsrai, xca irpouxintetrat ùç i/.eîvx. ôVra c/.Tiep 7Tiare'Jsra.t.

2. Cest au môme point de vue qu'il faut se placer pour juger l'écrit « Aduer*. Eutychen et Seïtoriwm », que déjà Fulgence et le pape Jean II, et, après eux, beaucoup de théologiens modernes attribuent au pape Gélase à la fin du V siècle. Baronius (dans le vie volume de ses annales pour l'an 496, l'attribue à Gélase de Cyzique qui vivait vers 476, parce que l'histoire du concile de Nicée, composée par ce dernier, qui mentionne un autre écrit, une discussion avec les Eutychiens, contient un éloge d'Eusèbe de Césarée pareil à celui qu'on fait l'écrit en question, éloge qu'on s'explique difficilement dans la bouche du pape Gélase. En tout cas la question de l'autorité de cet écrit n'est pas encore résolue. Sur l'Eucharistie il y est dit avec les mêmes tendancfs monophysites que chez Théodoret (Bibl. max. VIII, 703) : « Certe sacramenta quae sumimus corporis et sanguinis Christi, divina res est propter quod et per eadem divinae efficimur consortes naturae, et tamen esse non desinit substantia vel natura panis et vini : et certe imago et

dernière proposition du passage cité plus haut, Théodoret arrive plus près de l'expression de la vérité. Car ce que nous saisissons avec notre connaissance spirituelle et par la foi est précisément ce qui a remplacé la substance du pain, c'està-dire le corps adorable du Sauveur.

De saint Léon le Grand, le champion victorieux de l'orthodoxie contre le monophysisme, nous avons déjà cité un passage où il donne la foi commune de l'Eglise en la présence du corps du Christ dans l'Eucharistie comme la meilleure réfutation de cette hérésie, qui combat la vérité et la ressemblance de nature de l'humanité du Christ avec notre nature humaine ; puisque, comme s'exprime saint Léon, nous mangeons le corps glorifié du Christ pour devenir de plus en plus semblables à lui, dans la gloire, ou, comme il dit pour être changés en lui *. Par là, il n'accepte pas seule-

similitudo corporis et sanguinis Christi in actione mysteriorum celebrantur. Satis ergo nobis evidenter ostenditur, hoc nobis in ipso Christo Domino sentiendum, quod in ejus imagine profitemur, celebramus et sumimus, ut sicut in hanc, scilicet in divinam transeant, Sancto Spiritu perficiente, substantiam, permanente tamen in suae proprietate naturae (melius : in sua proprietate natura), sic illud ipsum mysterium principale, cujus nobis eificientiam virtutemque veraciter représentant : ex quibus constat proprie (propriis) permanentibus unum Christum, quia integrum verumque permanere demonstrant.Uy a encore ici une comparaison entre l'Incarnation et la consécration eucharistique. Dans les deux, le Saint-Esprit est le principe qui opère, dans les deux c'est la personne du Christ qui est produite. Car même dans l'Eucharistie, le pain et le vin doivent être changés en la substance divine, de sorte cependant que la nature de leurs apparences primitives demeure. La transition est ici indiquée d'une façon inexacte et incomplète; l'expression natura panis et vini est aussi inexacte, parce qus le contenu de l'Eucharistie ne doit être que le Christ seul qui ne peut pas avoir d'union hypostatique avec le pain. Très vraisemblablement cet auteur n'a entendu par nature que les propriétés perceptibles et il n'a appelé l'Eucharistie une image du corps et du Christ, qu'en tant que la séparation du corps et du sang, qui a eu lieu réellement sur la croix, n'a lieu à la messe que d'une manière figurée.

1. Léon. M. Ep. 59, 2 (éd. Baller. p. 977) : In quibus isti ignorantiae tenebris, in quo hactenus desidiae torpore jacuere, ut nec auditu discerent vel lectione cognoscerent, quod in ecclesia Dei id omnium ore tam consonum est, ut nec ab infantium linguis veritas corporis et sanguinis Christi inter communionis sacramenta taceatur. Quia in illa mystica distributione spiritualis alimoniae hoc impartitur, hoc sumitur, ut accipientes virtutem caelestis cibi, in carnem ipsius, qui caro nostra factus est, transeamus.

ment une union d'amour par la foi et l'amour dans la sainte communion, mais même une sorte d'implantation dans le corps du Christ quenous recevons dans notre bouche1.

De même que saint Léon le Grand, beaucoup d'autres Pères en appellent contre le monophysismeàlasainte Eucharistie, qui était admise aussi par les hérétiques et qui supposait nécessairement la foi au corps du Christ différent de la divinité. Ainsi Anastase le Sinaïte (vers 686) dans son 'Ohyôç (Dux viaeadv. Aceph.)-. Il n'est pas aussi tranchant, lorsque contre les Gajanites qui affirmaient l'incorruptibilité du corps du Christ même avant la résurrection, il invoque le corps eucharistique; car celui-ci doit comme le corps terrestre du Christ être corruptible, mortel, divisible. Et cela, il croit être en droit de l'affirmer à cause de la corruption des apparences eucharistiques du pain et du vin3.

Par contre, dans la controverse des Trois-Chapitres, Facondus qui était du côté des schismatiques se prononce, semble-t-il, contre la transsubstantiation, peut-être parce que, en qualité de défenseur du Nestorianisme, il était intéressé comme eux à faire passer la distinction de la nature humaine du Christ et de sa nature divine dans le rapport du pain et du corps du Christ dans l'Eucharistie 4.

Mais hâtons-nous de fermer la série des témoignages dont quelques-uns seront spécialement développés à propos du

1. Cf. Sermo 91, 3 (éd. Bail. I, 356 sq.) : Nam dicente Domino : nisi manducavoritis earnem filii hominis et biberitis ejus sanguinem, non habebitifl vivara in vobis, sic sacrae mensae communicare debetis, ut nihil prorsus de veritate corporis Christi et sanguinis ambigatis. Hoc enim ore sumitur, quod fide creditur, et frustra ab illis amen respondetur, a quibus contra id quod accipitur disputatur.

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