Conc!^ Tolet. (a. 675) can. H
même pour les enfants en bas âge. Quoique la sainte messe, ait été, en tant que sacrifice, célébrée toujours sous les deux espèces, cependant dans la messe des présanctifiés, il n'y avait comme oblation que le pain consacré d'avance, et qu'on prenait ensuite à la communion. Evidemment, l'Eglise en donnant ainsi la communion aux fidèles sous une seule espèce ne croyait pas leur faire tort, car elle regardait le Christ comme une unité indivisible. De même existait dans l'Eglise grecque la coutume de ne consacrer qu'un pain et de le rompre à la communion; d'autre part tous les communiants participaient au même calice. C'était donc la doctrine commune, comme il ressort des passages des Pères par nous cités, que l'aliment eucharistique, le Seigneur Jésus, n'était pas lui-même partagé par cette division, mais était donné en entier à chaque fidèle. On demanda à saint Basile, si les moines et les laïques qui prenaient chez eux les saintes espèces, pour se communier, prenaient ainsi le Christ en entier, et s'il était permis, pendant la persécution de se donner soi même la sainte Eucharistie. En répondant par l'affirmative, le saint docteur s'appuie sur l'usage de l'Eglise, surtout en Egypte, et il montre que les fidèles, dans le cas donné, recevaient le Christ tout entier aussi bien que quand ils communiaient dans l'Eglise, car ils recevaient toujours du prêtre une partie des espèces consacrées1. Saint Grégoire de Nazianze parle d'une guérison merveilleuse de sa sœur Gorgonia qui portait sur elle la sainte Eucharistie sous l'espèce du pain (àvTÎTV7r« roC T«paroç). Lorsque plus tard il se produisit làdessus certains abus, quelques conciles défendirent de garder la sainte Eucharistie pour un autre but que la communion2. Saint Césaire d'Arles, au VIe siècle, parle expressément de la présence totale du Christ sous chaque partie des espèces3.