De prod. Judae. Voir plus haut
transsubstantiation, foi qui s'est conservée jusqu'à nous dans toutes les sectes orientales1.
Les paroles de la consécration n'étaient pas originellement écrites dans les livres liturgiques et demeuraient confiées à la mémoire du prêtre ; elles ne prirent place dans les livres qu'après la cessation de la discipline de l'Arcane vers le commencement du ve siècle. Dans la liturgie romaine la forme de la consécration ne contient que des paroles scripturaires avec une ou deux additions : le mot enim dans la première, les mots aeterni testamenti et mysterium fidei dans la seconde partie. Dans les constitutions apostoliques 2, on lit, avant la consécration du pain : « Ceci est le mystère de la
nouvelle alliance » (pvaTtipiov rrig xaivvjç Biaôwwjç).
5. Quoique il ait été déjà plusieurs fois question de celui qui reçoit l'Eucharistie et des dispositions nécessaires dans les paragraphes précédents, il faut encore ici nous occuper spécialement de la nécessité de recevoir l'Eucharistie. C'était autrefois l'usage, dans quelques provinces ecclésiastiques, de donner la sainte communion même aux enfants en bas âge, en même temps que le baptême et la confirmation. L'Eglise d'Afrique pratiquait cette coutume ; nous en sommes très certains. De là, saint Augustin dans sa lutte contre les Pélagiens va jusqu'à conclure à propos du chapitre VIe de saint Jean (54, 55) que la réception de la sainte Eucharistie est nécessaire pour la vie éternelle même aux enfants en bas âge 3. Cependant il faut dire, à l'excuse de saint Augustin, qu'il affirme toujours cette nécessité en parlant de celle du baptême, et en outre qu'il était poussé à cet argument parles Pélagiens. Ceux-ci, en effet, s'appuyant sur une explication de saint Jean (3, 5) citée plus haut, affirmaient que le baptême était nécessaire pour le royaume des cieux, mais non pour la vie éternelle.