‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 411 sur 480 · Aug. De pecc. mer. et rem. I c. 20. De praed. ss. c · texte numérisé non relu

Aug. De pecc. mer. et rem. I c. 20. De praed. ss. c

La sainte Eucharistie comme sacrifice ; Doctrine des Pérès sur le saint sacrifice de la Messe

Dès le commencement, l'Eglise vit dans la sainte Eucharistie non seulement un aliment céleste pour l'âme, mais encore un sacrifice perpétuel qui devait reproduire, représenter et appliquer le sacrifice de la croix. Elle a été amenée à cette conception par les paroles formellement employées par Notre-Seigneur lui-même pour l'institution de l'Eucharistie, par l'allusion qu'il a faite à son sacrifice sanglant de la croix et au sacrifice pascal de l'ancienne loi, enfin par l'ordre même de Notre-Seigneur d'offrir ce nouveau sacrifice en mémoire de lui. Les nombreuses promesses de l'Ancien Testament ne l'y poussaient pas moins. Même les besoins de la nature humaine l'y engageaient, car l'homme pour manifester sa religion a besoin d'un sacrifice et on ne peut trouver de meilleur sacrifice que le sacrifice du corps eucharistique du Christ, auquel la divinité est unie hypostatiquement. Le grand sacrifice de réconciliation du Golgotha, qui devait être une source jaillissante et fécondante de vie devait apparaître comme se continuant et se renouvelant dignement dans l'Eglise, et l'Homme-Dieu présent sous les espèces du pain et du vin ne peut pas plus ici que dans toute son œuvre rédemptrice être conçu autrement qu'en rapport avec le Père céleste. Par les efforts des Pères pour pénétrer le plus possible ce grand mystère, l'intelligence et la doctrine du mystère a acquis peu à peu plus de clarté et de lumière.

Eusèbe de Césarée, au témoignage duquel il ne faut pas, en général dans les principales questions théologiques, attacher trop d'importance, défend et explique le culte du sacrifice dans l'Eglise, comme s'il avait à combattre de nouveaux adversaires1. L'Ancien Testament, ainsi qu'Eusèbe le montre,

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