‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 414 sur 480 · Ep · texte numérisé non relu

Ep

2. Ambr. Enarr. in Ps. 38, § 25 : Vidimus principem sacerdotum ad nos venientem, vidimus et audivimus offerentem pro nobis sanguinem suum : sequimur, ut possimus, sacerdotes, ut oiîeramus pro populo sacrificium : etsi inlirmi merito, tamen honorabiles sacrifîcio: quia etsi nunc Christus non videturofïerre, tamen ipseoiïertur in terris, quando Christi corpus offertur.

3. De sacr. IV, 6, 27 : Et sacerdos dicit : Ergo memores gloriosissimae ejus passionis et ab inferis resurrectionis et in caelum ascensionis, offerimus tibi hanc immaculatam hostiam, rationabilem hostiam, incruentam hostiam, hune panem sanctum, et calicem vitae aeternae : et petimus et precamur, ut hanc oblationem suscipias in sublimi altari tuo per manus angelorum tuorum, sicut suscipere dignatus es munera pueri tui justi Abel et sacrificium patriarchae nostri Abrahae et quod tibi obtulit summus ^irordos Melchisodech.

Saint Chrysostome, le témoin le plus clair et le plus exact de la croyance en l'Eucharistie, est tout aussi catégorique pour ce qui regarde le sacrifice. Il montre l'identité de ce sacrifice avec celui de la croix du côté du prêtre et du côté de la victime1. L'action seule est différente: sanglante sur la croix, non sanglante ici ; mais les dispositions de la victime qui servent de base à l'action sont identiques. Ceci est clairement démontré dans le sacrifice d'Abraham qui offre son fils Isaac à la mort non d'une manière sanglante, mais d'une manière non sanglante, dans une obéissance aussi parfaite que s'il l'eût véritablement donné : « Ce sacrifice d'Isaac fut accompli sans effusion de sang, parce qu'il devait être la figure du sacrifice de l'autel2 ».

Le sacrifice eucharistique serait-il donc un sacrifice nouveau destiné à agrandir et à compléter le mérite et la portée du sacrifice de la croix ? Nullement. Ainsi entendue l'opinion du saint docteur serait en contradiction avec la doctrine de l'Apôtre (Heb. 9, 12). Saint Paul en effet fait consister la supériorité du sacrifice de la croix sur les sacrifices de l'Ancien Testament, en ce que le sacrifice de la croix n'a à être offert qu'une fois, pour suffire à effacer les péchés de toute l'humanité. Même abstraction faite de cet enseignement si clair de l'Ecriture, le dogme de la divinité du Sauveur, et du caractère absolu de ses œuvres doit amener à rejeter l'ombre même d'une défectuosité dans le sacrifice de la croix qui est le point culminant de l'œuvre du Christ. Saint Chrysostome était, comme l'Eglise, bien éloigné de donner un tel sens au sacrifice eucharistique, que le Seigneur a lui-même institué en commémoraison de sa mort. Le sacrifice de l'autel n'est pas différent du sacrifice de la croix, ce sacrifice parfait ; il en est commémoratif, ou, selon l'expression adoptée plus tard par l'école, il est relatif au sacrifice de la croix; c'est sur ce dernier que reposent son mérite et son importance. Le sacrifice eucharistique ne doit cependant pas être con-

Page 1