Chrysost. In Matth. nom
2. Chrysost. Homil. in s. Eusthathium n. 2 (éd. Montfaucon II, 606).
sidéré comme le sacrifice de la croix affaibli et incomplet : il a toute l'importance et tous les mérites infinis du sacrifice de la croix en tant qu'il suppose le sacrifice de la croix, qui peut être sans cesse représenté, sans rien perdre de sa force et sans s'affaiblir. «C'est pour cela, dit saint Ghrysostome1, que (dans l'ancienne loi) Dieu ordonnait de sacrifier toujours à cause de la faiblesse du sacrifice et pour rappeler les péchés commis. Comment? Est-ce que nous n'offrons pas aussi tous les jours le sacrifice ? Sans doute, mais notre sacrifice est le souvenir de la mort du Sauveur; il n'y a qu'un sacrifice et non plusieurs. Comment cela ? Parce qu'il a été offert une fois, comme dans l'Ancien Testament, on offrait, une fois par an, un sacrifice dans le saint des saints. Notre sacrifice de l'autel est de même une image du sacrifice de la croix ; mais toujours nous offrons le même sacrifice : c'est pourquoi il n'y a qu'une victime. Si on l'offre aussi en plusieurs endroits, est-ce donc que le Christ est multiplié ? Nullement. Il n'y a partout qu'un seul Christ; qui ici et là est un et n'a qu'un seul corps. De même donc que celui qui est offert en plusieurs endroits n'a toujours qu'un seul corps et non plusieurs, ainsi il n'y a aussi qu'un sacrifice. Le sacrificateur est le même qui a offert ce sacrifice de réconciliation sur la croix. Et nous offrons la même victime qui a été alors offerte, et qui ne passe pas ».
Saint Cyrille d'Alexandrie appelle la sainte Eucharistie un sacrifice (npo^opy) qui n'est offert et ne peut l'être que dans
1. In Hebr. hom. 17, 3 : Aià touto irpotréra^s. ©îjo'tv, àeh Tvpo^oipztrBoa, Stà To sèffOeveç, y.y.i mots âvaavyjoru âuaoTcâv yivetrdou, Tt oùv ; r^ù; xa.Qy cV-âcrrï/V ïipépav o j jtpoafépouev ; 7rpoa<pépQuev u.î-j, à/j.y. àvdtuvqaiv -KQioijy.îvot tou Bortâxov aùrou ' xat uia îtt'.v avnj, xaè où 7ro/).ai. Iïwç p.ta, v.ui où 7zo"ÙuL~, ^Ltzzl&o
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l'Eglise catholique et prétend prouver cela par les écrits législatifs de l'Ancien Testament sur l'agneau pascal* (Exode 12, 46). Il trouve dans la table des pains de proposition une image de ce sacrifice non sanglant (àvat/xaxroç Qvaîa) qui nous sanctifie quand nous mangeons ce pain céleste, le Christ qui s'est fait semblable à nous 2. Il est à remarquer que le saint docteur voit dans le renouvellement continuel du sacrifice de la croix — car c'est ainsi qu'il entend le sacrifice eucharistique — une preuve formelle en faveur du caractère sacrificatoire de la mort de Jésus sur la croix. Car par ce renouvellement le Seigneur nous montre d'une manière étonnante que sa mort n'a pas été une mort qu'il a dû subir avec violence, mais une mort qu'il a acceptée avec liberté et par amour pour nous. Dans le sacrifice eucharistique, en effet, il n'est pas mis à mort violemment par ses ennemis, mais il renouvelle lui-même sa mort d'une manière sacramentelle 3.
De saint Jérôme, nous pouvons citer comme témoignages de sa foi sur ce point les passages auxquels déjà nous nous sommes rapportés, à propos de la doctrine générale des Pères sur l'Eucharistie4. D'après lui l'Eglise catholique seule a le droit d'offrir un vrai sacrifice eucharistique, puisqu'il n'y a qu'un autel comme il n'y a qu'une foi, un baptême, il n'y a aussi qu'un seul sacrifice du Christ. Les hérétiques qui ont abandonné cet unique autel et en ont élevé plusieurs nouveaux, ne peuvent offrir à Dieu un sacrifice qui lui soit agréable, pour fiers qu'ils soient de leurs vertus5.