‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 417 sur 480 · Ibid. XX · texte numérisé non relu

Ibid. XX

Dans l'ordre actuel, le sacrifice doit ordinairement être uni à la pénitence et au repentir du cœur. C'est ainsi que nous lisons au psaume 50, 19 : « SacrifîciumDeo spiritus contribulatus ,cor contritumet humiliatu?n Deus non despicies.D Tous les autres sacrifices de l'homme doivent se régler sur ce. sacrifice parfait où l'homme lui-même se donne entièrement à Dieu. C'est-à-dire que tous les sacrifices visibles, que sa nature sensible rend nécessaires à l'homme, doivent pour représenterle sacrifice invisible, être le signe sacré de ce sacrifice spirituel. Ainsi seulement nos sacrifices peuvent être agréables à Dieu1. Dieu a ordonné lui-même les sacrifices sensibles extérieurs, de sorte qu'il regarde favorablement le sacrifice d'Abel 2, non pas comme s'il en avait besoin, maisparce qu'il veut par là se rattacher les hommes plus étroitement par la religion et par un lien intérieur. Le paganisme ne se trompait pas en ce qu'il avait des temples, des prêtres et des sacrifices, mais en ce que tout cela était pour les démons. Le sacrifice appartient essentiellement au culte de latrie et est réservé à Dieu seul 3. Dans les prescriptions légales au sujet des sacrifices d'animaux, telles que Dieu les donna à à Moïse, il fut encore pourvu à une autre chose, Dieu voulait par là éloigner le peuple de l'idolâtrie. Il avait même autre chose en vue * ; il voulait diriger leur esprit vers ce sacrifice parfait qui était symbolisé par celui de l'Ancien Testament 5, le sacrifice de la croix et sa représentation dans la sainte Eucharistie. Car c'est seulement de son union avec ce sacrifice que les sacrifices de l'homme, même les sacrifices spirituels, ont une valeur. Mais la plénitude des temps étant venue, les prophéties, les symboles et les sacrifices de l'Ancien Testament ont dû céder la place à la réalité et recevoir leur accomplissement 6.

1. Aug. De civ. Dei X, 5 : Sacrificium ergo visibile invisibilis sacrificii sacramentum, id est sacrum signum est.

2. Ibid. c. 4. — 3. Ep. 102, qu. 3, § 18. De civ. Dei X, 17. 4. Aug. In Joan. tract. X, 4. — 5. De div. qu. 49.

6. Enarr. in Ps. 39, § 12 : Sacrificia ergo illa, tamquam verba promissiva, ablata sunt. Quid est, quod datum est completivum ? Corpus quod nostis,

Gomment le sacrifice eucharistique est-il l'accomplissement de tous les sacrifices de l'ancienne loi ? Parce qu'il est le même que le sacrifice de la croix, son renouvellement, sa continuation, sa réalité continuée1 et que sacrifice de la croix est le plus parfait et le plus universel sacrifice de l'humanité. D'elle-même, l'humanité ne pouvait offrir à Dieu rien de pur et d'agréable depuis que la malédiction du péché pesait sur elle. Un seul être en était capable : c'est le Fils de Dieu incarné, car il a offert à son Père céleste ce qu'il y a de plus pur, déplus parfait parmi les œuvres de Dieu, la nature humaine unie hypostatiquement à la divinité, en sa qualité de chef du genre humain, de premier père de l'humanité et il a scellé ce don par sa mort2. Par sa divinité le Seigneur est un et consubstantiel à son Père ; par conséquent il ne peut comme tel qu'accepter le sacrifice. Mais par son humanité il a offert un sacrifice pour nous montrer par là que le sacrifice ne peut pas être offert par une créature, quelque parfaite qu'elle soit. Et ce sacrifice, pour lequel le Christ est le prêtre et la victime, est chaque jour renouvelé dans la sainte Eucharistie. Et l'Eglise entend ainsi que le corps du Seigneur s'offre avec son chef et réunit en un seul sacrifice celui de toute l'humanité \ Cette manière de voir a con-

quod non oranes nostis; quod utinam qui nostis, omnes non ad judicium

D ritis Qui enim m;inducat et bibit indigne, judicium sibi manducat

*it bibit.

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