‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 420 sur 480 · Sacra Parallela litt. M. t'it. 3 (cd. Lequien II · texte numérisé non relu

Sacra Parallela litt. M. t'it. 3 (cd. Lequien II

§102 Le sacrement de Pénitence d'après la doctrine des Pères

Dans les temps anténicéens malgré les Montanistes, les Novatiens et plus tard les Lucifériens qui le contestèrent, partout ailleurs il était reconnu comme un point essentiel du Christianisme que l'on pouvait par un autre sacrement obtenir la rémission des péchés commis après le baptême. La seule différence était que le chemin de la pénitence, était dans ce cas plus difficile que la première justification par le baptême. La révélation, la tradition et les rapports intimes de la doctrine du péché, de la pénitence, du baptême, de la grâce, et de la coopération nous certifient non seulement ce qui vient d'être dit de la réalité du sacrement de la pénitence, mais encore de ses parties essentielles, la contrition, la satisfaction et l'absolution. Il nous faut voir si dans les temps patristiques tout cela ressort clairement tant de la théorie que de la pratique ; nous étudierons ensuite le texte même des Pères, puis nous y rattacherons l'histoire de la pratique de la confession.

Saint Cyrille de Jérusalem exhorte à utiliser le temps du carême comme étant le temps de la confession et de la pénitence (il l'appelle IÇopo><fy>7<riç). « Confesse ce que tu as fait en paroles ou en actions, soit pendant la nuit, soit pendant le jour, confesse-le au temps convenable et reçois au jour du salut le trésor céleste1 ». Par cette confession il entend une confession jointe à la pénitence et à la conversion, car il confond souvent les mots2 IÇopAôyvja-^ (confession) et psràvoea (conversion), et il insiste sur Uexomologesis du pénitent

1. Cyr. Hieros. Cat. 4, 5 : 'EÇo^oXôp/dat rà 7r£7rpay.évoc, rà èv ïôyy' rà èv ê/jyw, rà èv vuxri, rà èv ripépa. 'EÇop.oXôyvjrrat èv -Ao.ipCù oexrw, xat èv f^ipa. Gbirvipiocç, iïéÇou rbv èiro\ipàvtov Qvjvccjpôv. Cf. Cat. 2, 6 : Ao^p-ôvov trsuvrbv perà 7rtoTStoç, "kéys tô5 Lurpû rh nàQoç.

2. Cf. Cat. 2, 9, 11, 12, 13, 15, Cf. Hist. des Dogmes I, 481 (2e éd. al.). Frank, die Bussdisciplin p. 36 ss.

David. De là vient avec raison que l'aveu sincère du péché devant Dieu, aveu déjà contenu dans la pénitence, lui semble le plus important l, quand il veut expliquer le sens et l'idée de la pénitence ecclésiastique.

Parmi les écrits de saint Athanase, il y a une homélie sur les paroles du Seigneur dans saint Matthieu (21, 2) qui, bien qu'elle ne soit pas regardée comme très authentique, peut cependant être citée au moins comme témoignage de la doctrine de l'église d'Alexandrie. « Nous voulons chercher le vrai roi, notre maître Jésus-Christ, et voir nous-mêmes si nos fers sont brisés. S'ils le sont, allons de l'avant, s'ils ne le sont pas allons trouver les disciples de Jésus (roïç pocByToûç -ri l>î(xou). Ce sont eux qui nous délivreront, car ils en ont reçu le pouvoir du Seigneur: « Ce que vous lierez sur la terre sera lié au ciel etc. 2 ».

Saint Hilaire démontre la nécessité de la confession pour la rémission des péchés3. Il reconnaît aux Apôtres et à leurs successeurs (S. Matt. 18, 18) le pouvoir de délier ou de lier; or ils ne peuvent juger de ce qu'ils ont à faire qu'autant que le pécheur a confessé ses fautes 4. Tout comme la confession, la rémission des péchés est bornée à cette vie5.

Dans saint Basile se trouve également formulée la doctrine formellement exprimée dans le règlement de la pénitence, que pour les péchés graves commis après le baptême,

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