‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 429 sur 480 · Aug. Sermo · texte numérisé non relu

Aug. Sermo

2. Ainsi, parmi bien d'autres, Suicer (Tkesaur. ecclesiast. ex patribus grœcis I. 1146). Binterim (Denkwurdig heiten, tome V, 2e partie. P. 219 et suiv.) parle d'avertissements réitérés contre la communion indigne chez saint Cyprien. (Ainsi Histoire des Dogmes I, 515 [2e éd. al.]), chez saint Chrysostome (C. Judaizantes), chez saint Ambroise (De poen. 16), chez Gennade De dogm. eccl. c. 31).

3. Aug. Ep. 228, 8 : Ubi si ministri desint, quantum exitium sequitur eos, qui de isto seculo vel non regenerati exeunt vel ligati !

les moyens possibles pour obtenir du prince grâce et pardon1.

Développement de la pénitence publique à lépoque patristique, opinions des Pères postérieurs sur le sacrement de Pénitence 2.

Il est à peine possible de rien trouver qui soit en plus sensible opposition avec la doctrine, la discipline et toute l'histoire de la vieille Eglise que la doctrine du xvie siècle, qui supprimait la pénitence et la remplaçait par un prétendu acte de foi, ou plutôt par un prétendu acte de confiance exagérée dans les mérites du Christ, qui, prétendait-on, nous obtenait la rémission de nos péchés sans notre concours. La doctrine de la pénitence est au contraire une des manifestations les plus éclatantes de la vie de l'Eglise. A l'aide de la pénitence, elle pénétrait comme avec un puissant levier, dans la vie morale des fidèles, pour faire observer la loi de l'évangile et éviter le péché. Pour elle le pécheur tombé n'était pas irrémédiablement perdu ; c'était un coupable qui, avant de rentrer en grâce, devait manifester le repentir des fautes qu'il avait commises, réparer les scandales, prendre de bonnes résolutions, offrir une certaine satisfaction, et fortifier ainsi dans leurs efforts vers la perfection -ses frères dans la foi3. Elle lui imposait une peine.

1. Sermo 351, 5, 12 : Quis enim certus est, quod etiam imperator ignoscat ? Et tamen pecunia funditur, maria transmeantur, procellarum incerta subeuntur, et pêne ut mors evitetur mors ipsa suscipitur... Et tamen certiores sunt claves ecclesiae, quam corda regum : quibus clavibus quodcunque in terra solvitur, etiam in caelo solutum promittitur. Etmulto est honestior humilitas, qua se quisquo bumiliat ecclesiae Dei, et labor minor imponitur, et nullo temporalis mortis periculo mors aeterna vitatur .

2. A comparer : Morinus. De discipl. in adm. poen., diverses dissertations de Ucatinus, Sirmond, Petau, Alex. Noël dans le Thesaur. Theolog . (Venetiis 1763), tome XII ; Binterira, Denkwilrdigkeiten IV, 2' partie, p. 173 sq.j. ; Klée, La Confession, p. 325 et suiv. ; Frank, Die Bussdiscipiin der Kirche.

3. Cf. Aug. Sermo 351. 5. 12. Le passage en question a été mentionné déj^i plus haut § 102 sub fine.

par l'accomplissement de laquelle, comme par la pratique d'autres bonnes œuvres, elle éprouvait la conversion du cœur et pouvait ainsi accorder à la vertu le pardon mérité.

1. Cette peine l'Eglise, en l'infligeant, voulait montrer qu'elle était établie par Dieu pour le salut des hommes et inspirer ainsi au pécheur une grande estime pour les trésors de grâce qu'elle possède ; cette peine pouvait se borner à la privation des grâces dont elle a l'administration. La plus grande peine consistait donc dans l'exclusion complète de toute communauté ecclésiastique, d'après la parole du Seigneur: « Celui-là, regardez-le comme un païen et un publicain ». Si le pécheur manifestait du repentir et montrait la résolution de réparer son crime, autant qu'il le pouvait, on le laissait alors prendre part au moins aux instructions de l'Eglise: il devait recommencer avec les catéchumènes à apprendre les éléments de la religion. Une peine plus douce consistait à permettre au pénitent de participer aux prières, aux bénédictions, aux sacramentaux de l'Eglise. La peine la plus douce résidait dans l'exclusion de la plus grande grâce : du droit de cité complet dans la maison de Dieu et dans la participation à la table et au sacrifice du Seigneur. Cette gradation dans la peine selon la gravité du crime existait déjà avant que les règlements pénitentiels eussent été entièrement établis1. En tout cas la pénitence publique pour les trois fautes canoniques était aussi ancienne que l'Eglise elle-même, et elle

1. Les constitutions apostoliques ne connaissent pas encore des noms différents pour les classes de pénitents ; mais on lit liv. 11,39 : 'Oç Tclûvr,v oùv •/) lôvr/ov ïyj. tov Itti xocxû spyw sAsyQévrcc, "/.ai p/j p.£Tayivw!7xovTa * kccj §è {jVTSpov jxsTccvor/ /.où STcMTrpéyvi £/. tyjç 7rlâvvjç ' ùç xcà roùç sQvtxoùç Ô7roTav Qélovm acTavoetv, sic èxxhjcricKV irpov<ïî%ô[/.zQ(z, oVcoç roù 16yox> àxoùoiatv, où p'jV -/oivb)VOV[i£v aùrotç, ^.zy^pic, où xrtv Gypccyi^x Xaj3ôvTSÇ Ts)£iwGw<7iv * ... pv; zotvwv£tTw(7av §è £v Tyj 7vponzvyJrti <z1a èl~îpyé(TBo>(Tu-j f/.£rà tvjv àvâyvwa'tv TOU vôuou '/où T&iv 7rpofr,TM-j -/v.ï tou tùc/.yyîAÎou, 07rwç Stà rou IÇtivai j3£/Ttw0w<7i tv/V àvocGTpoyhv rov j3îou, OTrouSâÇovreç nzpi ràç crvvi^stç à7ravrâv ôariuépoa

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fut appliquée dès le commencement avec une grande rigueur. Les diverses phases du développement dans le règlement de la pénitence aux temps anténicéens, on peut les retrouver dans Hermas, Tertullien, Calixte et saint Gyprien1.

Vers la moitié du me siècle, la pénitence publique fut réglée avec plus de précision dans l'Eglise grecque, probablement par suite de la chute de plusieurs chrétiens dans la persécution de Dèce. Nous apprenons par la lettre canonique de saint Grégoire l'Illuminé que de son temps (vers l'an 263) les pénitents devaient passer par trois degrés, et dans chacun accomplir divers exercices de pénitence2. C'est dans cette forme que nous voyons la pénitence dans les canons du concile d'Ancyre (vers 314-319) et de Nicée (325) 3. Par contre nous trouvons dans saint Basile4 et saint Grégoire de Nysse 5 les quatre degrés connus des pleurants, des écoutants, des prosternés, et de ceux qui se tenaient debout

(irpotrxlouôvTGiv, àxoow^èvwv, w7ro7r£7rrôvT6)v, eruveorwTMv). Le dernier

degré (statio flentium, hiemantium) se tenait en dehors de l'Eglise, tandis que les pénitents de la seconde classe avaient leur place avec les catéchumènes dans le narthex, ou portique intérieur de l'Eglise, où ils pouvaient assister aux instructions. Après le sermon de l'Evangile, ils devaient, à l'ordre du diacre ne quis audientium,ne quis infïdelium... s'éloigner6. Le troisième degré (humiliatio, prostratio, genuflexio, afflictio) était regardé comme l'épreuve proprement dite des pénitents : c'est dans cette catégorie qu'ils demeuraient d'ordinaire le plus longtemps. Les pénitents de cette classe pouvaient aussi assister au sacrifice divin : mais ils devaient s'y tenir prosternés, de là leur nom. Enfin les pénitents de la quatrième classe pouvaient assister au service divin, debout comme les fidèles : seulement eux aussi étaient exclus avant le sacrifice de la communion. Cette institution se bornait à l'Orient, encore n'y était-elle

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