‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 431 sur 480 · Conc. Carth. III, can · texte numérisé non relu

Conc. Carth. III, can

6. C. Carlb. II, can. 3 : Pieconciliare quemquam poenitentum in publico ministerio presbytero non licet. Conc. III, can. 31 : Ut presbyter inconsulto episcopo non reconciliet poenitentem, nisi absente et neces : coffente.

était d'une part que le haut pouvoir judiciaire qui avait appliqué ses censures par l'imposition de la pénitence et qui en délivrait par l'absolution était réservé à l'évèque, et d'autre part que le pouvoir d'absolution sacramentelle, comme l'ont montré plus tard les cas réservés, pouvait être limité par l'évèque. En Orient l'imposition de la pénitence publique était déléguée par l'évèque à un prêtre particulier. Ainsi l'historien Socrate1 etSozomène rapportent que vers la fin du ive siècle, il y eut dans l'Eglise de Gonstantinople un changement qui consista à supprimer de nouveau ce prêtre pénitencier. D'après le récit que nous a conservé

1. On lit dans son Histoire Ecclésiastique (5, 19) : « Dans le même temps (vers la fin du ive siècle, en 390 ou 391) l'usage s'introduisit de supprimer les pénitenciers des églises pour le motif suivant : Après que les Novatiens se furent séparés de l'Eglise, parce qu'ils ne voulaient plus avoir aucun rapport religieux avec ceux qui étaient tombés dans la persécution de Dèce, les évêques avaient établi des prêtres pénitenciers, auxquels ceux qui étaient retombés après le baptême, pouvaient confesser leurs péchés. Dans les autres sectes cette règle est encore observée. Ce sont seulement les Homoûsiens (entendons: les orthodoxes), et les Novatiens qui avaient la même foi qu'eux, qui ont supprimé le pénitencier. Les Novatiens n'ont même pas reçu cette institution dès le commencement. Mais les Homoûsiens, qui l'ont gardée longtemps, l'ont supprimée au temps de l'évèque Nectaire, à cause d'un crime commis dans l'Eglise. Une femme de naissance distinguée vint trouver le pénitencier et lui confessa secrètement (xorà /até/905) les péchés qu'elle avait commis après le baptême. Le prêtre lui imposa des jeûnes et des prières constantes, afin qu'outre l'aveu, elle pût faire une bonne œuvre proportionnée à ses fautes, en signe de contrition. Bientôt après, la femme confessa de nouveau un autre crime

(y-/ ô; ywq TtpoCou'vouavc xoti tûlo TTTtKÏafAM éaurijç y.c/.zr}-/dpzi) '. elle avoua qu'un

diacre de l'Eglise avait péché avec elle. Quand elle eut dit cela, le diacre fut chassé de l'Eglise et il y eut parmi le peuple un violent mouvement. Ce n'était pas seulement à cause du crime qui avait été commis que l'on s'indignait, mais parce qu'il semblait qu'il y eut là un opprobre qui retombait sur l'Eglise. Comme, à la suite de cela, les ecclésiastiques étaient souvent raillés, un certain prêtre, Eudémon, originaire d'Alexandrie, conseilla à l'évèque Nectaire de supprimer le pénitencier, et de laisser chacun s'approcher de la sainte communion et des sacrements comme le jugerait sa conscience. Par la seulement l'Eglise serait préservée de toute honte... Si ton conseil, ô prêtre, a été utile à l'Eglise ou nuisible, Dieu le sait, mais je vois qu'on en prend occasion de supprimer pour certains crimes la correction réciproque, et de ne plus suivre le précepte de l'Apôtre: «Ne participez pas aux oeuvre* -lYriles des ténèbres, mais plutôt rendez compte à cause de vou ».

Socrate, c'est vers l'an 230 que la fonction de pénitencier avait été créée à Constantinople, peut-être à cause du trop grand nombre de ceux qui étaient tombés lors de la persécution; quoique les relations des autres églises ne disent nullement que les évêques aient créé une telle institution, Sozomène ' parle de l'usage apostolique de confesser secrètement ses péchés à un prêtre déterminé, afin qu'il décide de la pénitence ; il parle encore de la pénitence publique en usage dans toute l'Eglise et particulièrement à Rome et d'un pénitencier spécial à Constantinople» chargé d'appliquer la pénitence publique, mais l'historien ne nous indique pas l'époque de ce changement dans la discipline. Cependant vers la fin du ive siècle le pénitencier en vint, semble-t-il, à commettre quelques fautes d'imprudence. En quoi consistèrent ses torts, il est difficile de le savoir exactement sur le seul rapport de Socrate. Il semble seulement que, parle fait d'un pénitencier chargé en même temps d'annuler l'exécution des peines qu'il avait imposées ou par la confession publique ou comme toujours par la pénitence publique, le crime d'un clerc arriva à la connaissance publique et excita un grand scandale. D'après Sozomène c'était précisément dans les exercices de pénitence qu'une pénitente s'était laissée séduire par un clerc. A la suite de ce scandale, l'évêque Nectaire, sur le conseil d'un prêtre d'Alexandrie, supprima la fonction de pénitencier et probablement aussi la pénitence publique, au moins dans le système de classes que nous avons indiqué. Les deux historiens remarquent qu'à partir du moment où la participation aux saints mystères fut laissée à la conscience de chacun, les mœurs prirent un caractère plus relâché 2. La suppression de la péni-

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