Isid. Pclus. lib. III, epist. 195 {Migne, LXXVI1I
SAINT CIIHYSOSTOME 67
tion que de prétendre que le baptême se confère seulement pour effacer la tache communiquée à la nature par le péché
d'Adil m (ort tÔv Sl'Â Trpt T:zpxGa(Tiv toj 'Aâàtz otaooôévTa zr, tçùtrei poTroi)
â7ro7rXûvovTae). Sans doute, tel est bien, à. son avis, un effet du baptême, mais un effet de peu d'importance. Pour lui, les bienfaits du baptême sont autrement considérables : l'âme est régénérée, sanctifiée, et nous sommes élevés à la dignité d'enfants de Dieu. Saint Augustin et l'Eglise n'ont jamais enseigné autre chose ; jamais on n'a fait consister l'essence, le formel de la justification dans le pardon des péchés, mais bien dans la sanctification ou la communication de la justice s'attachant à l'àme et opérant ainsi l'anéantissement des péchés eux-mêmes. L'explication d'Isidore n'est donc pas dirigée contre l'enseignement de saint Augustin ou de l'Eglise, mais contre l'enseignement de ceux qui ne font consister la justification que dans le simple effacement extérieur des péchés.
B. Saint Cyrille d'Alexandrie, le grand défenseur de l'orthodoxie contre les erreurs de Nestorius, appartient au temps où le Pélagianisme avait déjà dressé bien haut sa tète, puisqu'il avait été condamné avec le Nestorianisme dans le synode général d'Ephèse, que présidait précisément le Père de l'Eglise dont nous nous occupons. Les opinions de celui-ci sur le péché originel sont par conséquent d'autant plus importantes qu'elles nous montrent mieux comment il faut entendre les Pères grecs antérieurs, dont il continue la tradition, et qui se sont exprimés sur tel ou tel point d'une manière qui n'est peut-être pas toujours très claire. Etudions spécialement comment saint Cyrille entend la malédiction de tous dans le péché et la dette d'Adam et le mode de la transmission du péché à tous les hommes par la génération.
1. Tous les hommes depuis Adam soupirent sous la malédiction du péché. « Si le Sauveur n'était pas venu, dit saint Cyrille, nous n'aurions pas participé à la nature divine, nous serions restés la race du premier père qui nous a précipités dans la malédiction et la mort et nous a soumis au châti-
lïieilt du péché (tou TrocpomrépLnovToç sic àpxv v.a.1 ôavarov, xcu uttô notvriv
àpapTiuç) l. Si jamais on a pu douter que saint Cyrille par ces mots « malédiction et mort » ait songé à une imputation et à une véritable transmission du péché et de la dette, il lève lui-même ce doute quand il montre contre Nestorius, dans ce même livre, que l'Homme-Dieu n'a eu besoin d'aucune rédemption. « Nous reconnaissons unanimement que par la trangression d'Adam la nature humaine a été précipitée dans la faute et dans la mort (sic àpàv xoû ôàvarov). A cela est venu s'ajouter encore la grande inclination de la chair au péché, si bien que la justice de la loi s'accomplit en nous quand nous agissons, non sous l'impulsion de la chair, mais sous l'inspiration de l'esprit. Le Christ se fit appeler le second Adam, non point qu'il souffrît des fautes "du premier, mais parce que dans sa personne il délivra la nature humaine des suites de la première transgression. Condamnée en Adam, la nature humaine a paru dans le Christ avec sa plus grande dignité et son éclat le plus complet. Adam était l'homme terrestre, le Christ fut l'homme céleste. La nature humaine avec le premier était tombée dans la désobéissance, ce qui est vraiment le péché ; avec le Christ, elle ne transgressa point la loi et apparut comme en un second commencement de la race, pure de toute faute, plus puissante que la malédiction, le jugement, la mort et la damnation2 ».
La nature humaine a| donc été souillée par le péché d'Adam et elle soupire sous la malédiction du péché ; elle est tombée dans la désobéissance (xaTaxopto-deto-a nphç napocxo-hv.) Il n'est personne qui n'ait été atteint par le péché ; chez le Christ seul, et pour la première fois, la nature humaine ne