Aug. Ep
2. Même les sectes grecques regardaient le [pouvoir d'absoudre, comme un pouvoir judiciaire confié spécialement à l'évêque, Denziger nous le montre (Ritus Orient. I, 100).
3. Greg. M. In Evang. 1. II, hom. 36, 4 sqq. : Ecce qui districtum Dei judicium metuunt, animarum judices fiunt et alios damnant vel libérant, qui semetipsos damnari metuebant. Horum profecto nunc in ecclesia episcopi locum tenent. Ligandi atque solvendi auctoritatem suscipiunt, qui gradum regiminis sortiuntur... Causae ergo pensandae sunt, et tune ligandi atque solvendi potestas exercenda. Videndum est, quae culpa praecessit, aut quae sit poenitentia secuta post culpam : ut quos omnipotens Deus per compunctionis gratiam visitât, illos pastoris sententia absolvat. . . Veniat itaque foras mortuus, id est : culpam confiteatur peccator; venientem vero foras solvat discipuli, ut pastores ecclesiae efrpoenam debeant amovere, quam meruit, qui non erubuit confiteri, quod fecit.
4. In 1 Regg. 1. VI, c. 2, n. 33: Tria quippe in unoquoque consideranda sunt veraciter poenitente, videlicet conversio mentis, confessio oris, et
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§ 104 L'extréme-onction à l'époque patristique
Sur le sacrement des malades, si clairement indiqué par l'Apôtre saint Jacques (5, 14, 15), nous n'avons dans les temps patristiques qu'un seul auteur qui en fasse une mention spéciale, c'est 0 ri gène1. Nous pourrons donc et nous devrons ici au sujet de la foi et de l'usage de l'Eglise, au point de vue de son infaillibilité et de sa sollicitude pour le maintien de la pureté de la doctrine, nous reporter des témoignages postérieurs à ceux des temps plus anciens.
Cependant, vu le petit nombre de témoignages que nous possédons des temps anténicéens au sujet de l'extrèmeonction, il faut bien accorder et que son emploi n'a pas dû être bien général, et que son importance dans le cercle des moyens de salut, n'était pas encore très claire pour tout le monde. Quoi qu'il en soit, l'origine divine et le caractère sacramentel de l'extrème-onction, en tant que complément de la pénitence à la fin de la vie dans une maladie dangereuse, ne sont pas mis en question; seulement les Pères des temps postérieurs l'ont vu et développé d'une façon plus expresse.
C'est d'abord saint Chrysostome2 qui dans le traité de Sacerdotio, mentionne le corps sacerdotal comme chargé d'administrer ce moyen de sanctification, et il s'appuie sur le texte de saint Jacques (5, 14, 15). Par suite du rapprochement qu'il fait de l'imposition des mains et de l'onction des malades d'une part, et du baptême d'autre part, il est très
vindicta peccati. Nam qui corde non convertitur, quid prodest ei, si peccata eonfiteatur ? Peccatum, quod diligitur, confitendo minime deletur.
1. Voir tome I, o03 (2e éd. al.). On y indique un témoignage de saint Irénée, où celui-ci rapporte des Héracléonites et des Morcosiens, qu'ils avaient coutume d'oindre les mourants, usage qui était vraisemblablement une imitation de L'usage do l'Eglise.
2. Cf. L. 111, G: O0 yv.o ôzy.-j r,y.y.; y:jy.yî\,v7)7t. uôvov, yù.y. XOÙ zo \xizit. rcora 7vy%(apzh Ï^OiKTl (pi lepslç) IÇouîTiav zv. y.y.y.pzrrj.y.zv. ' DCT0SVSÎ yy.p zi; X. z. '/..
vraisemblable que le saint docteur regarde aussi la première comme un sacrement.
Le passage le plus clair est celui qui se trouve dans la lettre du pape Innocent Ier, contemporain de saint Chrysostôme, à un évêque des Gaules qui lui avait posé plusieurs questions sur cette onction : il lui demandait si les paroles de l'Apôtre saint Jacques se rapportaient à l'extrême-onction, si l'onction pouvait aussi être donnée par les évoques, si en cas de nécessité les laïques ne pouvaient pas se la donner euxmêmes, enfin si l'onction pouvait être aussi administrée aux pénitents. A la première et à la seconde question, le pape répond affirmativement sans condition; dans la première réponse, il n'indique pas précisément les malades en danger de mort, mais seulement les malades (aegrotos), comme ceux à qui doit être administrée l'onction; dans la seconde il n'indique pas seulement le prêtre mais aussi naturellement l'évêque comme ministre légitime de l'extrême-onction. La troisième question, n'est pas sans motif, puisque l'onction dans ce même temps était employée parles fidèles eux-mêmes comme un sacrement, d'autant plus qu'elle avait parfois des suites merveilleuses de guérison ; ils usaient de l'onction comme on usait de l'eau baptismale pour les aspersions. Cette coutume existait surtout en Orient. On oignait avec l'huile des infirmes, même ceux qui étaient bien portants pour les préserver des maladies, même les pénitents, même ceux qui se mariaient, même les morts1, mais on ne considérait cela que comme un sacramental, qui n'avait pas d'effet infaillible. Quant à Fonction propre des malades, le pape la tient pour un sacrement (genus sacramenti), qui par conséquent doit être refusé aux pénitents (publics).
Saint Cyrille d'Alexandrie s'appuie sur le passage de saint Jacques, pour indiquer aux chrétiens par qui et com-
1. Cf. Dion. De eccl. hier. c. 7, § 3, 2. Cf. Denzinger 1. c. I, 188. Des exemples d'un pareil usage sont cités par de Sainte-Beuve, Tract, de sacr. unct. (éd. Migne, Curs. theol. XXIV, 44).
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ment ils doivent chercher secours et salut dans les maladies du corps. Il les prévient en particulier d'éviter les maléfices et l'invocation des démons. Le chrétien qui souffre doit invoquer le nom de Sabaoth et rendre honneur à Dieu en se servant des textes inspirés de l'Ecriture (Jac. 5, 14) : Si quelqu'un de vous est malade etc. l.
Un autre écrivain du môme temps, prêtre d'Antioche, Victor, fait ressortir le caractère sacramentel de l'extrèmeonction. pour celail s'appuie encore sur saint Jacques(ch. 5), et d'autant plus clairement qu'il montre l'huile comme le signe extérieur du sacrement, et qu'il indique la rémission des péchés, la guérison, l'illumination du malade comme ses effets-.
Mais là où l'extrème-onction apparaît le plus clairement, comme un sacrement, c'est dans le Sacramentaire de saint Grégoire le Grand. On y mentionne non seulement la consécration de l'huile des malades au dimanche des Rameaux, mais encore on indique parmi les effets de l'onction, la rémission des péchés, la force pour lutter dans les derniers combats de l'agonie, ou encore la guérison ; comme signe extérieur on indique l'onction en forme de croix sur les organes des sens3.
1. Cijr. Alex. De ador. in Sp. et ver. lib. VI [Migne LXVIII, 472).
2. Yict. À ut. In Marc. 6, 13 : Oleum igitur quod in sacra unctione adhibetur et Dei misericordiam et morbi sanationem et cordisilluminationem dénotât. Dici tamen potest orationem haec omnia efiicere; oleum autem eorum omnium, quae iiunt, extermina tantum symbolum esse.
3. On lit parmi les prières pour les malades [Greg. M. Opp., éd. Maur. III, 236 sq.): Et quein langues curvat ad exl t um, et virium defectus trahit ad occasum, modela tuae ^raliae restituât in salutem. Sana quoque, quaesnmus, omnium medicator, ejus febrium et cùnctorum languorum crueiatus, aegrituainemque et dolorum omnium dissolve tormenta, viscerumquc ac cordium interna médira, medullarum quoque et cogitatiooum ;
discrimina ulcerum, ranitatumque putredines évacua, conscientiarnmque atque plagarum obducito cicatrices veteres immi le remove
ones, carnifl ac sanguinia materiam reforma delictornmque cùnctorum reniant tribu*-, BÎcqne iilum tua pietas jugiter cuslodiat, ut nec ad corruptionem aliquando sanitas, nec ad perditionem nuncte auxiliante perducat Infirmilas etc. In omnibus ergo his membris (sensuum) crucem faciant
!0 acrato dicentos : in nomine Patria et Filii et Spiritus Sancti.
Dans les diverses sectes orientales, spécialement chez les Nestoriens et les Arméniens, l'usage de l'onction des malades a été abandonné, mais d'autres sectes l'ont gardé ; les Grecs eux-mêmes s'en servent, quoique leurs cérémonies diffèrent sur certains points particuliers de celles employées dans l'Eglise latine pour l'administration de ce sacrement. En particulier ils exigent la présence de sept prêtres pour administrer l'extrême-onction 4. Quoi qu'il en soit, ils ne font que compléter la preuve de la tradition et montrent que lors de la séparation l'Eglise possédait l'extrême-onction.
Dans l'Eglise latine, les témoignages, comme la règle de Chrodegand, le pénitentiel d'Halitgar, archevêque de Cambrai etc., sont si nombreux au vme siècle qu'il est absolument impossible de nier qu'à cette époque, l'extrême-onction ne fût regardée par tous comme un sacrement2. Si on doit admettre que le Saint-Esprit qui dirige l'Eglise ne peut pas la laisser tomber tout entière dans l'erreur, il faut bien admettre qu'une doctrine regardée par toute l'Eglise comme une partie de la révélation est réellement révélée.
§ 105 L'Ordre dans les temps patristiques
Au commencement du ive siècle, la hiérarchie ecclésiastique, représentation visible du pouvoir doctrinal, sacerdotal et pastoral du Christ, était tellement établie dans la conscience qu'elle avait d'être d'institution divine, reconnue d'ailleurs qu'elle était de tous en cette qualité, qu'il est inutile de faire là-dessus une démonstration étendue. Nous examinerons seulement quelques points particuliers, à savoir, si on est reçu dans la hiérarchie visible de l'Eglise par un sacrement, le sacrement de l'Ordre ; combien y a-t-il de degrés dans la hiérarchie établie par Dieu ou par l'Eglise; quelle est la matière et la forme du sacrement de l'Ordre et