Cf. Epiph. Haer. 75. — 2. Epiphan. Haer
SACREMENT DE LOHDHE 649
les lettres pastorales de l'Apôtre (I Timoth. V, 1, 19), alors qu'il confère à Timothée puissance de juridiction supérieure sur tous les prêtres. En outre saint Epiphane peut invoquer la tradition de l'Eglise qui témoigne avec une complète unanimité que le pouvoir d'ordination sacerdotale, la force spirituelle de produirela prêtrise, n'appartient qu'à l'évêque, que seuls les ordres conférés par lui peuvent être déclarés valides1.
Sur ce dernier point, tous les Pères sont en réalité d'un même avis, mais tous ne sont pas d'accord sur l'interprétation des passages bibliques où sont nommés les évêqueset les prêtres. Théodoret croit, en effet, devoir conclure de Phil. I, 1, que ceux qui sont appelés évêques ont été des prêtres; par contre les prêtres munis d'un pouvoir épiscopal proprement dit et dont il reconnaît que l'institution vient de Dieu, ont été appelés apôtres 2.
Saint Jean Chrysostome a trouvé la bonne explication, quand il pense que les termes évêques et prêtres sont employés promiscue dans la sainte Ecriture et qu'ils n'ont été fixés que plus tard; que néanmoins le ministère des premiers a été supérieur à celui des seconds même dans les temps apostoliques3.
La croyance à l'institution divine de l'Episcopat était tout à fait générale au temps apostolique; en dehors de celle
1. Ibid. c. 4 : 'H u.i-j yyp ètrvi iry.zipMv ycvvv/rrxv; ziÇiç' irctzépuç yàp «ysvvâ zr, £/x/v- zt y.. ...xat 77Ôj; o'vsj zi î] r'yj irpzrrfivzzpov -/«ôiorâv, jzvj ejçovra %eipo- ÔeTt'av tov yôipozoveu ;
2. Cf. Theod. Interpr. ep. ad. Phil. i, 1 : ep. 1 ad Tim. 3, 1 : Tov; «wtouç ■xoAouv ~ozk 7epe(T^vrêpwç xaè î-KiT/.ÔTro\jq ' tous 5s vjv xaXouuévovg àTzovzokovç uvoftecÇov " toO 8s xpôvou irpoïôvroç va psv zr,; kkq<tto\y)ç ovo^a zoï; ak^Bô>ç obroaroXoeg juxt£Xiivw ' Tyjv §s Triç eTrtffxoTrvfc 7Tpo7Yiyopiuv toi; TzôcXca xuàoviiévotç fibroOTÔXotg TMXtkvmn,
3. Chrysost. In ep. ad. Philipp. hom. 1, 1 : Ews^o-xÔTrotç -/.où (Htcf.xôvoiç ' ti zvjzo ; pii; noXttùÇ jrdXkoi îniarxmot /j-rav ; oùSaacUç, à/ùà zoù; npsrrfivzipo'j; ovrtûç v/.y./izt' TOT8 yù.p zifj>; éxotvcjvouv zoïg ov6uoi(Tt' xocc oeâxovoç ô z-KtT/.oTTo; lAcyrro' oeà rours ypâupw Tepo6sa) s/sys, tvjv Siaxovtcw ffou Tcïypofopyjrrov, e7rt7X07rù ovrt. ...xac oè npiTSûzecoi ro Troe^acôv ixa/ojvro S7rî<7xo7rot xai oeaxovoe tou Xoitto-j. ...Xoc7rôv Si rô rocsÇav fxâora) sbrovsvsa>;roce ovof/a, o èriTxoro; zat ô itptvBùttpoç ,
d'Aérius on ne connaît aucune tentative pour supprimer le ministère épiscopal comme une création ex jure ecclesiastico postérieure à la période apostolique. Au contraire on était partout convaincu de sa nécessité absolue pour l'essence de l'Eglise.
Un seul des Pères, saint Jérôme, paraît avoir en divers passages protesté contre le droit divin de l'épiscopat et expliqué sa supériorité sur la prêtrise simplement ex jure ecclesîastico. Si nous y regardons cependant de plus près nous voyons qu'il suppose toujours, bien qu'il affirme expressément la supériorité du ministère sacerdotal sur celui des diacres, que la plénitude des pouvoirs d'ordre n'a pas été conférée par les Apôtres à tous les prêtres, mais seulement à ceux qui à cause de ce privilège et d'autres qui s'y sont adjoints plus tard, ont été honorés spécialement du titre épiscopal. Pour réfréner en effet l'ambition des diacres, parmi lesquels l'archidiacre arrivait dans les églises importantes à une situation de plus en plus élevée l, son intention dans la 146e lettre (ad Evangelum) est de rapprocher autant que possible la dignité sacerdotale de la dignité épiscopale, alors que dans l'action principale la préparation à l'Eucharistie, en tant que corps et sang du Christ, l'une comme l'autre avait la plénitude des pouvoirs2. Les prêtres étaient nommés évêques dansla sainte Ecriture, dit-il, particulièrement dans Phil. 1, 1 et Actes des Ap. XX, 17 et 20, et il continue en ces termes : « Cependant, afin que par amour de la discussion personne ne vienne à soutenir que dans une seule église il y a eu plusieurs évêques (évêques au sens propre du mot) qu'on entende encore un autre témoignage 3, duquel il résulte selon toute apparence qu'évêque
1. Dans l'église de Rome au 111e siècle l'archidiacre était souvent choisi pour succéder à l'évèque.
2. On invoque bien saint Jérôme comme une autorité contre le ministère épiscopal, mais on se garde bien de dire chez les Protestants comment il a combattu le sacerdoce universel et reconnu aux seuls prêtres et aux évêques le pouvoir de consacrer.
3. Cf. Hier. Ep. 146, 1 (éd. Vallarsi) : Nam cum Apostolus perspicue doceat, eosdem esse presbyteros quos episcopos : quid patitur mensarum
et prêtre sont chez l'Apôtre une seule et même chose ». Il s'appuie alors sur la lettre de l'Apôtre à Tite, en montrant que parmi les prêtres que Tite devait établir en Crète il fallait entendre des évêques proprement dits, parce que, quand il s'agissait d'expliquer leurs fonctions propres, il était question d'firém*oc au singulier. On ne pouvait également voir que des évêques proprement dits parmi les prêtres (d'après I Tim. IV, 4) par l'imposition des mains desquels Timothée avait reçu la grâce. Pierre lui-même, qui possédait la plus haute autorité épiscopale, s'appelle un prêtre comme les autres (*uv»r/seo€vT6poç) et il exhorte les prêtres à garder et à surveiller la communauté chrétienne non par contrainte, mais librement en Dieu; le mot i7re«weeïtoCvtiç employé en grec est le verbe correspondant à fariexxmoç*. De même, ajoute saint Jérôme, l'Apôtre Jean s'appelait prêtre 2.
Dans cette lettre il est donc supposé toujours que au temps apostolique il y a eu des évêques propres différents des prêtres; de la confusion des noms saint Jérôme entend seulement prouver que le prêtre relativement au pouvoir sacramentel (potestas ordinis) est à peu près l'égal del'évêque : « Mais ajoute-t-il, il est vrai, que plus tard l'un d'eux a été choisi pour être supérieur aux autres ; cela fut fait pour éviter le schisme, afin que chacun ne s'appropriât exclusivement l'Eglise du Christ et n'occasionnât des divisions. Car même à Alexandrie les prêtres ont, de Marc l'Evangéliste aux évêques Héraclée et Denis, pris toujours l'un d'entre eux, pour le placer à leur tête et le nommer évêque comme quand l'armée proclame un empereur ou quand les diacres nomment archidiacre celui qu'ils reconnaissent comme le plus capable d'entre eux. Que fait donc
et viduarnm minister, ut supra eos se tumidus efïerat, ad quorum procès Chri^ti corpus ganguisque conflcitnr? — L. c. : Acné quis contentioso in una ecclesia plures episcopoa fuisse contendat, audi et aliud testimonium.