Apol. c. 12, p
3. Saint Jérôme parle d'un exemple de ce genre (Ep. 82 ad Theoph. adv. Joan.) alors que saint Epiphane ordonna prêtre dans une localité dépen-
Enfin on peut citer les décrets des anciens conciles sur les chorévèques. Ceux-ci sont mentionnés en Orient, d'abord aux cuiiciles d'Ancyre et de Néocésarée (314-325), en Occident au concile de Reims (420)1. Quelques-uns d'entre eux, comme on peut le conclure du VIIIe canon de Xicée 2, étaient des évêques proprement dits avec consécration, d'autres de simples prêtres. Dans le premier cas, ils pouvaient bien validement ordonner des prêtres et des diacres, mais pour éviter des désordres et pour sauvegarder l'unité, les conciles défendaient aux chorévèques d'exercer leur pouvoir sans une mention particulière de leur supérieur, de l'évèque de la cité8.
Ce qu'il y a de plus décisif contre l'essai tenté par saint Jérôme pour expliquer l'origine de l'épiscopat nous reste encore à mentionner. Il n'a pas seulement contre lui la doctrine et la constitution tout entière de l'Eglise au nr et au ive siècle, qui suppose comme universellement reconnue l'institution divine de l'épiscopat, mais encore une multitude de témoignages des temps postérieurs aux Apôtres4. L'apparition du ministère épiscopal ne se produisit pas généralement de la façon indiquée par saint Jérôme. Timothée et
dante du diocèse d'EIetithéropolis un frère de saint Jérôme nommé Paulinien, pour le monastère de Bethléem, ce que l'évèque Jean de Jérusalem ne déclara pas invalide, mais bien un attentat illégal sur les droits d'un autre.
\. Cf. Morinus, De ordin. III, IV, 1.
2. Morinus prétend, il est vrai, démontrer du même endroit que tous les chorévèques n'ont été que prèlres et étaient délégués pour la collation de la prêtrise. Mais l'histoire des origines chrétiennes n'admet pas cette supposition.
3. Cf. Le 10e canon du concile d'Antioche (341): «Les évoques des villages ou des campagnes qu'on appelle chorévèques, quoiqu'ils aient reçu la consécration, doivent, ainsi l'a décidé le saint concile, respecter les limites et administrer les églises qui leur sont soumises et borner leurs soins à celles-là; ils peuvent bien établir des lecteurs, des sous-diacres et des exorcistes ; mais qu'ils se gardent d'ordonner un prêtre ou des diacres sans l'évèque de la cité au ressort de laquelle appartiennent le ehorévèque et le pays. Si quelqu'un ose transgresser cet ordre, qu'il soit dépouillé de la dignité qu'il possède ».
4 Const. Apo-t. VII, 17. Euêeb. H. E. Il, 1.
Tite furent institués évêques parla disposition et la consécration de l'Apôtre. Le mode d'institution indiqué par saint Jérôme n'est pas davantage admissible pour le premier évêque de Jérusalem, dont Siméon fut le successeur, ni pour le premier évêque d'Antioohe, le prince des Apôtres, qui se donna pour successeur Evodius, ni pour le premier évêque d'Alexandrie, saint Marc qui y fut établi par Pierre1. Quand plus tard saint Irénée et Tertullien donnent la série des évêques dans les églises apostoliques et s'ils s'appuient sur cette série non interrompue de témoins comme sur une preuve de l'apostolicité et de la vérité de l'Eglise; cette démonstration eût été sans autorité dès qu'on aurait pu supposer que cette série n'était nullement ininterrompue, et que le ministère épiscopal pouvait se produire 2 spontanément et uniquement comme un dérivé du ministère sacerdotal.
La consécration épiscopale que nous avons appris à regarder comme la source du pouvoir d'ordination sacerdotale est-elle un sacrement proprement dit, différent de l'ordination, sacerdotale, nous ne l'avons pas expliqué dans ce qui précède. Cependant cela résulte, au moins déjà avec beaucoup de vraisemblance, de ce quia été dit jusqu'ici, quoique cela n'ait pas été étudié et professé par les anciens Pères.
A côté des deux plus hauts degrés de la hiérarchie qui ont été, nous l'avons prouvé, institués par Dieu, il en exista dès le commencement un troisième, le diaconat qui leur était inférieur par le rang. Que Dieu lui-même ait donné mission aux Apôtres de l'établir, cela n'est pas indiqué expressément dans l'Ecriture sainte, mais l'Eglise le déduit de la tradition