‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 454 sur 480 · Gonst. Apost. VII · texte numérisé non relu

Gonst. Apost. VII

2. En général il est impossible de trouver trace dans toute l'antiquité chrétienne d'une ordination sacerdotale qui, conférée par un prêtre, ait été regardée comme valide. On n'a cité qu'un passage de la première lettre de Léon, où il parle de clercs qui, ordonnés par de faux évoques, purent être néanmoins considérés comme validement ordonnés, quand l'Ordinaire avait donné son consentement. Mais ce passage ne décide pas si ces faux évêques n'étaient pas des évoques réellement consacrés et s'ils devaient être considérés comme clercs ou prêtres. Cf. Petau. De eccl. hier. II, 10, 12sqq.

SACREMENT DE LORDRE 661

orale, parce que cet ordre se rencontre dès le début dans toutes les Eglises et qu'il est reconnu expressément ou tacitement par tous les Pères comme une institution divine en immuable. Voilà donc mentionnés trois degrés de la hiérarchie et non seulement par saint Ignace dans ses lettres, mais par Justin1, Clément d'Alexandrie2, Origène3, Tertullien4 et Gyprien5, et les Pères des âges postérieurs et connaissent encore d'autres degrés, qui leur sont antérieurs et qui préparent au sacerdoce.

Les fonctions des diacres sont, quant à leur essence, toujours restées les mêmes, c'est-à-dire telles qu'elles leur avaient été confiées par les Apôtres, selon que le dit la sainte Ecriture. Ils se tenaient à côté des évêques et des prêtres comme leurs auxiliaires et serviteurs dans leur ministère doctoral, sacerdotal et pastoral. Ace dernier point de vue les premiers diacres eurent à s'occuper de la propagation de l'Evangile par l'enseignement et la prédication. Dans la suite des temps cela cessa plus ou moins, puisque même les prêtres dans les églises épiscopales, au moins en quelques contrées, ne participèrent que rarement au ministère pastoral, c'est-àdire à la prédication. Ainsi les Constitutions apostoliques ne permettent plus aux diacres que de lire l'Evangile. L'évêque Démétrius d'Alexandrie G exprime son étonnement de voir que l'évêque de Césarée a permis à Origène de prêcher alors qu'il n'était pas prêtre; par contre on faisait valoir, en Palestine, qu'il n'y avait là rien de contraire à l'usage de l'Eglise. De la participation des diacres à la prédication dans l'église d'Alexandrie, il n'est pas fait mention dans les temps suivants, mais bien de celle des prêtres. Après l'apparition de l'hérésie arienne il fut, en effet, défendu là aux prêtres de prêcher. D'autre part nous savons que le diacre Athanase figura dans le concile de Nicée 7.

Les diacres ne remplirent plus que ces fonctions d'auxi-

\. Apol. I, fio. — 2. Paed. Kl, 12 Sfrom. VI, 13; VII, 1. 3. Ad. Pom. II, 1. — i. Do faga in pers. c. Il; Do bapt. c. 17. 5. L. II, Ii7. Cf. Sozom. II. E. VII, l<>. — 6. Evrcb. H. E. VI, 13. 7. Socr. H. E. V, 21. Sozom. II. K. VII, 10.

liaires auprès des prêtres. Les Constitutions apostoliques1 marquent expressément que les diacres doivent servir le prêtre dans les saints mystères et distribuer la sainte communion au peuple. Tel fut bientôt l'usage général de l'Eglise2. Mais plus tard cette dernière fonction fut interdite aux diacres, quand un prêtre était présent, au moins dans plusieurs églises3. En outre ils conféraient souvent le sacrement de baptême*. Pour la surveillance des pénitents ils assistaient également l'évêque pour lui venir en aide, quoique l'administration propre du sacrement de pénitence ne leur fût pas plus permise 5 que l'oblation du saint sacrifice0.

Les diacres avaient su s'acquérir une haute autorité dans les grandes églises, surtout l'archidiacre, grâce à leur participation à l'administration des biens de l'Eglise et à tout ce qui s'y rattachait. Çà et là. il en résulta chez eux des prétentions et un orgueil contre lesquels saint Jérôme7 surtout et divers conciles eurent à lutter 8.

C. Les autres degrés inférieurs de la hiérarchie n'offrent aucun intérêt ; leur institution divine ne peut être démontrée que d'une façon négative tout au plus. Ils sont nés peu à peu au cours des siècles de la nécessité pratique d'avoir des personnes [plus appropriées aux différentes fonctions ecclésiastiques devenues nécessaires et de faire passer les divers candidats à la prêtrise à travers les divers degrés d'une préparation générale. Le témoignage le plus clair que nous ayons sur la hiérarchie des rangs inférieurs nous le trouvons au milieu du 111e siècle dans la lettre où le pape Corneille indique exactement à l'évêque Fabius d'Antioche la matricule de l'Eglise romaine. D'après cette lettre celle-ci avait alors 44 prêtres, 7 diacres (ce nombre était

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