‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 466 sur 480 · De Abrah. I, 7, 59. — 7. In ep. ad Eph. hom · texte numérisé non relu

De Abrah. I, 7, 59. — 7. In ep. ad Eph. hom

caractères moraux, celui de la procréation des enfants et la fidélité [bonum prolis et fîdei), il y a d'après lui dans le mariage encore un troisième avantage, à savoir celui du sacrement (bonum sac r amen ti) qui assure1 son indissolubilité. Ici le mot sacrement est pris au môme sens que pour le baptême et Tordre, car il attribue au sacrement de mariage un signe ineffaçable ; de là il ressort clairement que quoique il y eut défaut sur l'un ou l'autre but le bonum prolis ou le bonum fidei, le lien conjugal est cependant dissous par la mort de l'un ou l'autre époux. Tout sacrement est pour lui, en effet, un sujet sensible, mystérieux d'une vérité ou d'une grâce céleste plus haute2. Mais le mariage des chrétiens doit être bien ce signe d'après les paroles de l'Apôtre, un symbole de l'union indissoluble, que le Christ a contractée avec son Eglise ; et c'est pour cela que le mariage chrétien est indissoluble, tandis que le mariage naturel n'est qu'une pâle et faible image de cette union et c'est en ce sens seulement qu'il peut être appelé3 un sacrement. Que le mariage chrétien soit accompagné de grâces sanctifiantes particulières, cela n'est point marqué expressément dans le passage que nous citons, mais y est cependant enseigné indirectement, puisque le mariage des

1. Aucj . De bono conjug. 24, 32: Bonum igitur nuptiarum per omnes gentes atque omnes homines in causa generandi est et in fide eastitatis; quod autem ad populum Dei pertinet, etiam in sanctitate sacramenti, per quam nefas est etiam repudio discedentem alteri nubere, dum vir ejus vivit.

2. Ibid. : Quemadmodum si fit ordinatio clcri ad plebem congregandam, etiam plebis congregatio non subsequatur, manct tamcn in illis ordinatis sacramentum ordinationis ; et si aliqua culpa quisquam ab ofiicio removeatur, sacramento Domini semel imposito non carebit, quamvis ad judicium permanente. Cf. De nupt. et conc. I, 10, 11. De pecc. orig. 34, 39; 37, 42.

3. Quand Launoi (Regia in matrimonium potestas c. 11) cite des passages de Tcrtullien De anima c. 11; c. Marc V, 18; De exhort. c. 5, de saint Jérôme. In cap. 5 ad Epiph. Léo Ep. ad Rust. 167 (éd. Daller) et antres pour prouver ([lie même le mariage des chrétiens a été considéré comme un sacrement, il néglige les divers sens dans lesquels le mot sacrement a été employé par les Pères.

baptisés doit être quelque chose de haut et de saint et être suivi d'un caractère pour ainsi dire ineffaçable.

Parmi les papes, Innocent Ier, Grégoire le Grand sont à citer comme des témoins du caractère sacramentel du mariage; le premier appelle1 le mariage une institution établie au début par la grâce divine (conjugium divina gratta fundatum), l'autre affirme si clairement ce point de doctrine en discussion que Calvin2 l'a accusé d'avoir été le premier à le prêcher dans l'Eglise.

Sur le ministre du sacrement de mariage les Pères ne s'expriment pas tout à fait clairement, parce que à cette époque les sacrements en général n'avaient encore soulevé aucune controverse. Dès que l'Eglise considérait le mariage des fidèles comme quelque chose de saint et de sanctifiant, elle devait étendre sur lui son pouvoir législatif et l'attirer devant son for, surtout parce que le mariage païen était souvent accompagné d'usages superstitieux et idolâtriques. Le mariage des chrétiens était regardé comme un sacrement et comme un mariage indissoluble ; elle devait donc être avertie de sa conclusion et se voir invitée à lui donner sa bénédiction3. Dès avant le concile de Nicée, Tertullien témoigne en termes très clairs que c'étaitlà l'usage de l'Eglise et pour la période qui le suit plusieurs des Pères plus haut nommés font de même, quand ils indiquent l'un ou l'autre la bénédiction que le Christ a assurée au mariage par son assistance aux noces de Cana. L'auteur du Praedestinatus qui est du ve siècle témoigne que la bénédiction ecclésiastique du mariage était un fait général dans l'Eglise et que toutes les sectes de l'Orient l'observaient. Cependant les Pères ne prétendent pas que la bénédiction ecclésiastique soit le sacrement et que le prêtre en soit le ministre4. Au

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