‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 469 sur 480 · Hilar. In Matth. IV · texte numérisé non relu

Hilar. In Matth. IV

8. In Luc 1, 8, l 6 : Pone si repudiata non nubat. Et haec viro tibi debuit displicere, cui adultero fidem servat ? Pone si nubat. Necessitatis illius tuum crimcn est; et conjugium, quod putas, adulterium est.

pleine et entière et dans l'état, en somme inférieur, delà moralité la vie conjugale entre deux personnes déterminées pouvait être un joug trop lourd el «lins de pareilles conditions fournir occasion à de nouveaux péchés de haine, de persécution réciproque, d'injustice. Dieu avait donné aux prêtres l'autorisation de prononcer ces dissolutions et exigé l'exposé des motifs de rupture, afin que les motifs fussent examinés et que d'autre part les divorcés remariés de nouveau ne pussent se remarier plus tard et, au lieu de la monogamie, recommencer une polygamie et une vie sexuell e sans règle. Dans le Christianisme l'indissolubilité originelle fut instituée au sens le plus étroit du mot et ainsi l'usage de libellus repudii au sens juif supprimé. Cette doctrine, le Seigneur, pensait-on, avait cherché à l'établir sur un fondement moral et elle s'appliquait aux époux puisque à eux seuls, d'après les lois de l'Ancien Testament, il était permis de délivrer un libellus repudii, en leur représentant comment en abandonnant leurs femmes, ils se rendaient coupables de coopération à un adultère. « Quiconque renvoie sa femme, celui-là en fait une adultère, parce qu'il l'induit à penser à convoler avec un autre et ainsi à rompre, du moins en pensée, le mariage. Dans ces paroles, il y a donc déjà, du moins indirectement, quoique les auditeurs ne le comprissent pas encore, l'affirmation que le mariage dans le Christianisme doit être indissoluble et que l'objet du libellus repudii ne peut être tout au plus qu'une séparation a thoro el mensa, car comment l'homme qui renvoie pourrait-il induire à un adultère sa femme renvoyée et coopérer à la faute de son adultère si le mariage était rompu par le renvoi ? On aurait pu répondre, en effet : Comment le mari fait-il une adultère de la femme renvoyée si celle-ci a déjà péché comme adultère et a été renvoyée à cause de cela même ? Un renvoi pour ce motif ne peut être atteint par le reproche du Seigneur et à cause de cela il ajoute lui-même, comme l'explique saint Chrysostome, en limitant le cas à l'adultère (nupîv.rh; ïoyw TT-opîta;). Que dans ce cas d'adultère le lien puisse être brisé, cela n'est nullement contenu dans

ces paroles, mais seulement que le renvoi n'implique nullement, en certaines circonstances, pour l'homme de coopération à l'adultère de la femme.

De la môme manière, le Seigneur avertit seulement, dans ce qui suit, comme saint Chrysostome le montre encore, le mari de ne pas épouser une femme ainsi renvoyée. Car celle-ci, dans ce cas, romprait le mariage, parce que la femme renvoyée reste la femme de celui qui la renvoie \ et « qui épouse la femme renvoyée brise le mariage ». Le Seigneur, dit notre docteur, en prémunissant les maris contre les renvois des femmes veut donc, indirectement, corriger la femme afin qu'elle ne trouve nullement dans le passage de saint Matthieu (V, 31 et suiv.) une base à l'opinion qui veut que dans le cas d'adultère le lien conjugal lui-même soit rompu. Sans aucun doute les paroles étaient obscures pour les Juifs d'alors, parce qu'il n'était pas ditabsolument ni exactement pour eux que le libellus repudii ne pouvait se réduire qu'à une séparation a thoro et mensa. Mais on ne peut attendre des paroles de la sainte Ecriture qu'elles prévoient à l'avance et résolvent sur l'heure toutes les questions qui seront soulevées plus tard. Elles doivent être comparées à des graines fécondes qui renferment en elles le germe de riches développements, mais qui ne les présentent pas tout d'abord à l'état de maturité et d'achèvement. De plus, il faut remarquer que les Apôtres ont expressément déclaré que la séparation, telle qu'elle peut dans certaines circonstances devenir possible et licite entre chrétiens, était la simple suppression de la vie commune2.

Tout aussi catégorique que saint Chrysostome se montre saint Jérôme3, quand il déclare qu'un second mariage n'est

i. Paroles de saint Jean Chrysotome (In Matth. nom. 17, 4} : Kaè ykp

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