Orat. c. gcntcs 4. — 4. Orat. de inc
attire à la piété, nous fait accepter l'effort de la vertu, nous enseigne l'immortalité, nous remplit du désir des choses célestes, nous communique la connaissance du Père, nous arme de courage contre la mort, c'est lui qui se révèle à chacun et c'est lui qui anéantit le culte des idoles. Les dieux et les démons des infidèles ne peuvent rien de semblable ; la seule présence du Christ les fait mourir ou s'évanouir ainsi que de folles imaginations. Devant le signe de la croix cède toute puissance ou tout charme magique : les idoles sont abandonnées, les plaisirs déchaînés retenus captifs et tous les yeux dirigés vers le ciel. — Gomment un mort pourrait-il faire tout cela ? »
Ce Père de l'Eglise n'exclut pas davantage la grâce de Dieu, mais il la suppose quand, dans le même discours, parlant des institutions qui étaient un moyen de salut avant le Christ, il déclare1 qu'il était possible à l'homme, après la promulgation de la loi, d'éviter toute illégalité et de mener une vie vertueuse. Ailleurs, en effet, il vit bien clairement que la parole extérieure qui enseigne ne sert de rien, si la grâce intérieure ne vient nous exciter. « Le Seigneur n'a pas prêché seulement par ses apôtres et ses disciples, mais il a poussé les hommes intérieurement par l'influence de la grâce à abandonner la grossièreté de leurs mœurs, à ne plus vénérer leurs dieux domestiques, à le reconnaître lui-même et à adorer le Père par lui2 ».
§ 61 (Suite)
Doctrine des trois Cappadociens sur la grâce sanctifiante et sur la grâce actuelle
A. Les doctrines de saint Basile, étudiées plus haut, auraient pu nous faire croire que ce Père s'était mépris sur le caractère infus et inné delà ressemblance primitive de
\. Athan. Orat. de inc. cap. 12. — 2. Ibid. cap. 51.
l'homme avec Dieu et nous amener à penser que cette ressemblance était pour lui le résultat d'un effort nouveau. Un examen plus attentif de ses écrits dissipe cette illusion et permet d'établir que saint Basile dans ces divers passages, n'a eu en vue qu'un côté de cette ressemblance, le côté même qui était nié par les Manichéens.
1. La justification et la sanctification, d'après saint Basile, ne consistent pas seulement dans la conversion du cœur, dans le détachement de la volonté du mal, et son application à Dieu, elles ne consistent pas non plus, contrairement à la doctrine émise plus tard par les Pélagiens, dans la non-imputation du péché et la rémission de la peine seulement. Dans son écrit « Sur le Saint-Esprit t où Basile démontre la divinité de l'Esp rit-Saint, parles opérations de sa grâce, la justification nous est représentée comme une transformation, une reconstitution, une renaissance à une vie nouvelle, une élévation de l'homme tiré de l'état du péché et établi fils de Dieu, la justification est donc une union spéciale d'amour avec Dieu *. Ouvrage divin, elle témoigne de la divinité de son auteur, l'Esprit-Saint, par qui nous sommes unis à Dieu.
On pourrait être tenté d'entendre les paroles de saint Basile, citées en note, dans ce sens que la transformation morale du pécheur, son éloignement, son affranchissement du péché sont l'œuvre de l'Esp rit-Saint; il en est autrement de l'élévation de l'homme à l'état d'union avec Dieu dans le sens d'une nouvelle création. D'après saint Basile cependant ce côté positif de la justification, la sanctification en particulier est justement ce qu'il considère, comme la régénération spéciale, comme le côté le plus éclatant et le plus sublime de l'œuvre divine de l'Esp rit-Saint.
•1. Basil. De Spir. S. XIX, 4.9 : Ei'rs zr,v xTi'triv tic £x/a///3avci ira TfJs Tû3v Stoc- Xvdévzw à.va.fîiû'js.oiç, 7twç oit fieyo&Y} zoù TIvsùfxocTOç h èvépyeux, T0Û oixovoftoîivroi YiftXv zov iç àva.(jzoi'7£Ciiç fit-'ov, xaè TTpoç zr,v 7rvgu/Aarexijv èxeîvov Çw/jv tocs li-u^àç ■hp.&v /wrapvdpu'Çovzoç 5 ei're léyotzo xrt'criç yj èvza.ùôc& zcov è% <kp.a.pzia.c, hiv.nenzw/.ôzwj STTt zb fiéXztov pezu^dapyjaiç, . . . xu.1 o ïvzoxjOo. zoi'vwd àyaxatv£<x//.<3ç, xod h àno zrtç xou £//7raôoxjç Çwyj; £TTt t/jv ovpdLviov 7To/.tzet'yy psToifioÀr), Bià. zov Ylveûpv.zoç, ypïv yivo/iéviQj èr:i 7raaav ÙTtepftolriv Ouvp.u.azbç, ràç ^u^àç hpûv àvoiysi*
Que ce soit bien là son sentiment, c'est ce que prouve indubitablement sa manière d'expliquer la sanctification primitive des anges. Elle est aussi l'œuvre de l'Esprit-Saint, quoique leur nature spirituelle ne comportât pas l'extinction du péché, et qu'il eût fallu seulement les élever de leur état d*1 nature pure à l'état de communion avec Dieu. « La sanctification ne se consomme pas sans le Saint- Esprit, dit-il dans le même traité1, les puissances du ciel elles-mêmes ne sont pas bonnes (au sens surnaturel du mot) d'après leur nature (c'est-à-dire d'une manière inamissible), autrement elles ne se distingueraient en rien de l'Esprit-Saint. Dans leur ordre de subordination c'est le Saint-Esprit qui fixe la mesure de leur sainteté. La sanctification, qui convient aux anges à cause de leur substance (accidentelle) obtient son perfectionnement de l'Esprit-Saint ». La même différence, que saint Athanase établit entre la filiation adoptive de l'homme s'impose ici entre^le sujet de la sanctification, la créature, et le principe de la sanctification, le Saint- Esprit. La grâce de la sanctification doit s'entendre de même comme une chose accidentelle à la nature de l'homme et dès lors amissible, mais aussi comme une chose que l'on peut obtenir de nouveau.
S'il pouvait bien n'être question, en parlant des Anges, que du côté positif de la justification ou de la sanctification il n'en saurait être ainsi pour l'homme ; saint Basile distingue expressément les deux moments de notre justification : celui de l'extinction de la faute et de la dette, et celui de l'infusion d'une nouvelle vie surnaturelle. Parlant du baptême il dit2 : « La piscine est pour nous une image de la mort; elle reçoit le corps du baptisé comme s'il était déposé dans le tombeau ; mais l'Esprit donne la force qui crée la vie, pendant qu'il ressuscite nos âmes de la mort du péché et leur rend la vie, comme au commencement » . Il ajoute aussitôt une des-
4. Basil. De spir. s. XVI, 38 : cO /j.i-JToi dytocfffto'$, èÇotQzv ùv rffe oùat'aç, t*p» -■./■A'.nvj v\,~'À- -:-y.y-:t ôtà tffj XOtvUVfcf rz>ù Ixv8ÛJJUX.T0$>