‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 51 sur 480 · Ibid. XV · texte numérisé non relu

Ibid. XV

cription plus détaillée de cette sanctification positive : « Par le Saint-Esprit la réintégration dans le paradis, l'admission dans le royaume du ciel, la prérogative d'enfants de Dieu nous sont accordées ; il nous est donné d'appeler Dieu notre père, de participer à la grâce du Christ, d'être reconnus fils de lumière, d'avoir part à la gloire éternelle, en un mot de jouir de la plénitude des bénédictions célestes ».

Il était d'autant plus difficile de préciser l'essence et la caractéristique de la grâce sanctifiante, qu'on se trouvait ici en face de l'un des plus grands mystères du christianisme. La plupart des Pères étaient cependant d'accord dans quelques points précis étroitement attachés aux données de la sainte Ecriture. Ils admettent ainsi que l'Esp rit-Saint opère la grâce en nous,que la grâce consiste dans une communion d'être avec Dieu ou dans une participation à son essence, participation qui n'appartient pas à la nature en vertu de la création, mais que Dieu peut établir surnaturellement ; que par le Saint- Esprit notre âme reçoit une similitude spéciale avec Dieu, une certaine déification, car le Saint-Esprit imprime en nous le sceau de l'essence divine et crée en nous une image du Fils de Dieu. « C'est ainsi qu'il (l'Esprit-Saint) élève les cœurs, dit saint Basile1, mène les faibles par la main, fait atteindre la perfection à ceux qui y tendent, et découvrant son éclat à ceux qui sont purs de toute faute, il les rend spirituels comme lui. De même qu'en effet, les corps lucides et transparents laissent échapper d'eux l'éclat de la lumière, quand le rayon du soleil tombe sur eux, de même les âmes qui possèdent en elles l'Esprit, qui sont éclairées par lui, deviennent elles-mêmes spirituelles et laissent écouler la grâce dans les autres. De là, la connaissance des choses futures, de là la pénétration des mystères,... de là la ressemblance avec Dieu, et ce qu'il y a de plus sublime et de plus désirable la

déification (Osôv ysvéaQou) » .

La justification n'est pourtant pas l'œuvre exclusive de Dieu, à ce point que l'homme n'y ait aucune part et

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