De spir. s. IX
que d'une manière éloignée ou médiate, il ne puisse s'y préparer. Dès que l'homme peut user de sa liberté il ne doit pas se tenir purement passif dans celle œuvre de transformation. « Nous ne pouvons pas avoir part à la grâce divine, si nous n'avons chassé les mauvaises passions et habitudes, qui se sont emparées de notre âme. ' » Basile compare ensuite l'économie du salut, établie par Dieu avec la manière de procéder d'un médecin. Celui-ci commence par éloigner au moyen de purgatifs les principes de maladie, puis il prescrit les autres médicaments efficaces. On ne verse pas les onguents aromatiques dans des vases malpropres ; on commence à nettoyer ces derniers pour que l'onguent ne se gâte point. Il est également nécessaire d'accompagner la réception de la grâce sanctifiante de la coopération et de l'effort moral de l'homme, afin de la conserver et d'en obtenir de Dieu l'augmentation.
2. La doctrine du mérite pour le ciel se relie d'un côté au dogme de la grâce sanctifiante, de l'autre à celui de la liberté. « Car où la nécessité et la fatalité commandent, le mérite n'a pas de place et en cela est le fondement d'un juste jugement2 ».
3. Parmi les grâces actuelles il mentionne celle qui éclaire la raison et cette autre qui sert à l'affermissement de la volonté. Il parle de la première à la fin d'une lettre de condoléances adressée à la femme de Nectarius: «Je supplie donc le Seigneur de toucher votre cœur par sa puissance inexprimable et d'apporter la lumière à votre âme par de bonnes pensées, afin que vous trouviez en vous-même des motifs de consolation'' ».
Il parle de l'autre grâce actuelle, quand il attribue à la grâce la préparation de notre volonté à l'accomplissement des bonnes œuvres*, ou quand il dit5, que Dieu invoqué
\. Basil. Ilom. in Ps. 01, i.