‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 54 sur 480 · De spir. s. XXIV, 55. Cf. XVI, 38; Ep · texte numérisé non relu

De spir. s. XXIV, 55. Cf. XVI, 38; Ep

2. Hom. in Ps. 29, 2. — 3. Hoin. in Ps. 33. 2. — 4, Ep. 173. 5. Greg. Naz. Orat. 40, 31.

veux vous tenir en garde, dil < rrégoire1, contre le peu d'estime de la mesure de La grâce, de crainte que l'ennemi mauvais ne sème l'ivraie, quand vous dormez e1 que vous vous croyiez

dans une trompeuse sécurité. Prenez garde de ne pas tomber victimes de l'envie du démon et de ne pas faire des chutes regrettables... Ne négligez jamais de perfectionner votre pureté et d'employer tout votre zèle et votre soin à garder l'effet du pardon, que vous avez obtenu de la miséricordieuse grâce de Dieu. Ce pardon venu de Dieu sera ainsi conservé par vous ».

La grâce de la justification est, d'une part, quelque chose d'amissible, parce qu'elle est une chose qui vient s'ajouter à la nature de l'homme; d'autre part, elle est susceptible d'être élevée ou perfectionnée.

Elle implique une union intime de vie avec Dieu et une participation à sa bonté et à sa perfection. Grégoire voit encore avec les autres Pères dans la grâce sanctifiante une union essentielle avec l'Esprit-Saint, « qui n'est pas avec nous et ne communique pas avec nous, comme autrefois, par sa seule opération, mais, pour ainsi dire, par son essence même2 ».

Des œuvres attribuées à l'Esp rit-Saint, et en particulier de la sanctification et du perfectionnement de l'homme, il tire une preuve en faveur de la divinité de la troisième personne de la Trinité, parce que la déification de l'homme ne peut être produite par une créature3. En môme temps qu'il retrace les effets du baptême, il nous fait une description de la sanctification de l'âme : « Le baptême est la lumière et L'éclat des âmes, la transformation de la vie, l'acquisition d'une bonne conscience, un secours dans notre faiblesse, la

1. Orut. 40, 34 : Mov^v «et fiXoirchst rrp xd&oipfiv, ia>xf&cfoeiç àv Tfj xapot'ce, riOé- /xevof xac r,~ ïrj/zi xarà 0'<j(oîà> àpéTSUç, T<xônrjp> fatifuelefa oxnmipYivov* fva tô //.h ùaeôfjvKÎ n'ji ~v.yv 9coû, -', Si rwTtipuflfyau nocl Ttetpà v/j yévrrrtci*

2. Grec/, I\(1Z. Or;it. 41. 11 : Où* iV« hvzpytfa Ttetoth, ô>~ irpvrepovf aùnaifig Si, ... av/ytvdft&vov ?■ /vi WfiTtC/MT&'jdfxsvov.

3. Oral. 34, 12 : fui y, Oîiç ri liveO/Ma vè Sr/tcv, Bsom/froi ttoStov, jwtî oCtw Szoùrta fu von 'j<jb~iii'j-j.

modification de la chair, la résurrection de l'esprit, la participation au Logos, le renouvellement de la créature, la rémission des péchés, la communication de la lumière, l'évanouissement des ténèbres, le char qui nous porte vers Dieu, le voyage avec le Christ, l'illumination de la foi, le perfectionnement de l'esprit, la clef du royaume céleste, la réforme de la vie, l'affranchissement de la servitude, la délivrance des maux, le retour au bien * ».

Saint Grégoire enseigne en particulier que l'âme, sous l'action de la grâce sanctifiante, devient capable d'accomplir des œuvres proprement méritoires. Il exprime ce sentiment dans le môme discours2, d'où nous avons extrait le passage sur l'empressement qu'il fallait mettre à recevoir le baptême, pour que le baptisé gagne le temps de mériter plus de perles pour sa couronne céleste. « Qu'il y ait un certain laps de temps entre la grâce et la mort, afin que non seulement la dette soit éteinte, mais qu'à sa place quelque chose de bien soit inscrit dans le livre des comptes ; ainsi vous n'obtiendrez pas seulement la grâce, mais encore un salaire ».

2. Gomme les autres Pères grecs, sa^nt Grégoire a été accusé de semi-pélagianisme, parce qu'il attribue le commencement du bien à l'homme et non à la grâce divine. Il paraît se contredire en effet en faisant dépendre, comme nous l'avons vu dans la dernière citation, le mérite des bonnes œuvres pour le ciel d'abord de la grâce sanctifiante, et en admettant, en d'autres circonstances, un mérite, qui précéderait la grâce. Il compare par exemple, le baptême de son père avec celui de Corneille et pense que la grâce de la foi lui est venue comme une récompense méritée (p^0ôç),par ses bonnes œuvres3. Il n'est sans doute pas question ici d'un mérite pour le ciel. Un tel mérite, le mérite appelé « de congruo » qui donne droit à la grâce sanctifiante, saint Grégoire, pas plus que l'Eglise, ne l'attribue aux seules bonnes œuvres naturelles ; il est réservé aux œuvres de salut, qui sans

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