De anima 43; De test, animae
3. Hilar. lu Matth. 18, 5 (éd. Maur. p. G99) : Ovis una homo intelligendus est ; et sub homine una universitas sentienda est. Sed in unius Àdae errore omne hominum genus aberravit: ergo nonaginta novem non errantôs multitudo aûgelorum caelestium opinanda est.
la race était créé par le fait de la création d'Adam seul1 ». La dette qu'Adam contracta par son péché était donc une dette commune à tous et Dieu pourrait bien nous l'imputer parce que nous ne formons tous avec Adam, notre premier père, qu'une unité générique. C'est ainsi que la sentence de condamnation qui atteignit Adam aussitôt après son péché devait être commune à tous : la faute et la punition encourues par un seul rejaillissant sur tous3.
2. Si la faute et la dette d'Adam purent être imputées à tous parce que toute la race était représentée en lui, il a fallu bien que cette imputation ne restât pas seulement extérieure. Le péché est passé véritablement dans tous les hommes, il y est passé par le canal même qui fonde notre relation avec Adam et constitue l'unité de notre race : la génération corporelle. C'est un moyen d'autant plus naturel qu'à l'occasion de la génération corporelle se déploient toutes les inclinations, dans l'indomptable impétuosité desquelles se montrent très manifestement les suites du péché originel. « Dans l'homme, dit-il3, nous trouvons trois choses : le corps, l'âme et la volonté. De même que l'âme a été donnée au corps, de même la puissance d'agir librement a été donnée au corps et à l'âme ; c'est pourquoi une loi a été donnée à la volonté. Mais ceci n'a lieu que dans les êtres formés dès l'origine par Dieu : Adam et Eve, qui ont reçu l'être par création et non par transmission. Par suite du péché et de l'infidélité de notre premier père, les générations suivantes reçurent le péché pour père du corps, l'infidélité pour mère de l'âme : voilà notre première origine par