De trin. IV
2. In Ps. 59, 4 (éd. Maur. p. 434) : Ex uno in omnes sententia morlis et vitae labor exiit. Cf. in Ps. 436, o, 7 (p. 491).
3. Comm. in Matth. c. 10, § 23 (p. 659) : Nam ut corpori anima data est, ita et potestas utrique utendi se ut vellet indulta est ; atque ob id lex est proposita voluutati. Sed hoc in illis deprehenditur, qui primi a Deo figura ti sunt, in quibus coeptae originis ortus effectus est, non traductus aliunde. Sed ex peccato atque infidelitate primi parentis, sequentibus generationibus coepit esse corporis nostri pater peccatum, mater animae inûdelitas; ab his enim ortum per transgressionem primi parentis accepimus.
suite de La trangression de notre premier père. » Le péché accompagne donc noire naissance et notre origine « parce que nous aaissons sous Le principe et la loi du péché1 ». Saint Hilaire revient souvent là-dessus ; il n'y a eu qu'un homme dans huile la race qui ait été sans péché, parce qu'il n'es! entré dans l'humanité ni parla voie de la chair ni sous la loi du péché, mais est né de la Vierge Marie par l'opération du Saint-Esprit2. Saint Hilaire, comme les autres Pères, néglige de signaler en propres ternies l'exception donl a été favorisée .Marie dans son Immaculée Conception, qui est une préservation de tout péché. Ce point de doctrine ne s'est précisé que peu à peu et ne s'est affirmé avec éclat dans la conscience de l'Eglise qu'à la suite des discussions pélagiennes.
3. Le motif pour lequel personne n'est sans péché, saint Hilaire le trouve dans la dette d'Adam héritée d'une part et de L'autre dans la concupiscence désordonnée, suite du péché, attachée à chacun de nous. Le siège de celle-ci ne pouvait être pour saint Hilaire, comme pour le traducianiste ïertullien une corruption des facultés inférieures de l'âme transmise par la génération : l'âme est sortie chaque fois et immédiatement des mains mêmes de Dieu. Il cherchait plutôt cette corruption dans l'union de l'âme avec la chair. Voilà pourquoi la concupiscence désordonnée de la chair était pour lui le principe déterminant ou la matière des péchés. « On est tenté de toutes parts, puisque par la nature du corps, la matière des vices habite en nous, et le
1. la IV 118, litt. 22, §ti (p. 866): Vivere se in hac vita non reputat, quippe qui dixerit : Ecce in iniquitatibus conceptus sum etindeliciis peperit me ma Ut mea. Scit sub peccati origine et sub peccati lege se esse natum ; médita tionem autem legis ob id elegitut vivat.
2. Ibid. litt. o, | 16 (p. 277): Propbeta in corpore positus loquitur, et neminem viventium scit sine peccato esse posse. Unum meminit esse, qui peccatum non fecit, neque dolus inventus est iu ore ejus. Augustin cite un autre passade d'un livre qui est perdu (C. Jul. I, 3, 9) : Ergo cum missus est (Christus) in similitudine carnis peccati, non sicut carnem habuit, ita habuit et peccatum. Sed quia ex peccato omnis caro est, a peccato scilicet Adam parente deducta ; in similitudine peccati carnis est missus, exsistente in eo non peccato, sed peccati carnis similitudine.
démon s'efforce de l'attiser par l'ardeur de notre double penchant (cupiditas, ira)* ».
4. Cette concupiscence ne fut cependant pas considérée par saint Hilaire comme une puissance nécessitant au péché. Au contraire, l'homme tombé garde toujours la liberté morale, le pouvoir de résister aux inclinations mauvaises et de faire le bien avec le secours de la grâce. Il dit du psalmiste2: « La nature et l'origine de sa chair le retenaient; mais sa volonté et sa religion détournèrent son cœur du péché de son origine, dans lequel il voulait rester (cor ejus ex eo in quo manebat originis vitio), pour l'incliner aux œuvres de justice ». Il nie très expressément la nécessité qui porterait l'homme tombé au péché, c'est-à-dire au péché actuel, quand il parle de la liberté du Seigneur contre toute concupiscence de la chair et même de toute nécessité d'une souffrance naturelle et quand il compare cette liberté avec celle de notre état depuis le péché originel 3.
1. Hitar. In Ps. 118, litt. 11, 5 (p. 307): Tentatur enim undique, cum ei per naturam corporis vitiorum inestconnata materies ; eamque diabolus conatur ardore geminae cupiditatis accendere. Saint Augustin (C. Jul. II, 8, 26) cite d'autres passages des écrits de saint Hilaire. In Ps. 118 ad v. 18. Quia iex umbra erat futurorum bonorum, idcirco per hanc praefiguratam significantiam docuit nos in boc terreni et morticini corporis habitaculo raundos esse non posse, nisi per ablutionem caelestis misericordiae emundationem consequamur, post demutationem resurrectionis terreni corporis, nostri effseta gloriosiore natura ». D'une autre homélie perdue sur le livre de Job, saint Augustin cite, au même endroit, § 27 : Tune enim diabolus invidens nocuit, nunc autem, cum nocere nititur, vincitur. Movet enim per infirmitatem carnis nostrae omnia potestatis suae tela, cum ad lasciviam ascendit, cum ad ebrietatem illicit, cum ad odia stimulât, cum ad avaritiam provocat, cum ad caedes instruit, cum ad maledicta exacerbât. Sed cum per firmitatem animi horum omnium subrepentia incentiva reprimuntur, emundamur a peccato per hujus victoriae gloriam. Dictum ita est : AuSquomodo se emundabit natus ex muliere? Quia non exstant. hoste, non erit bellum : cessante deinde bello, vietnria deent... Memores igitur et conscii, illa ipsa corpora nostra omnium vitiorum esse materiem per quam polluti et sordidi nihil in nobis mundum, nihil innocens obtinemus, gaudeamus nobis esse hostem, in cujus concertatione quodam concertationis nostrae bello dimicemus.