Ibid. litt. U, 20 (p
3. In Ps. 68, 9 (p. 219) : Non fuit ergo in unigenito Deo naturalis infirmitas, sed assumpta : quia propter eum haec improperia susceperit pas-
SAINT IIILAIRE 101
5. Les fondements sur lesquels doit s'appuyer 1* explication de la doctrine chrétienne de la grâce reposent sur le dogme du péché originel et de la rédemption ainsi que sur celui de la fin dernière de l'homme. Nous venons de parler du premier. Saint Hilaire s'exprime avec la même précision sur le dernier. Il ne parle pas d'une destinée que l'homme pourrait atteindre par des voies naturelles,, par ses propres forces, par son application. La fin de l'homme est, pour lui, la contemplation de l'être divin qui communiquera à la nature humaine une illumination, une glorification surnaturelles, puisque un éclat particulier et une lumière pénétrante descendront de la nature divine sur les natures humaines qui lui seront intimement unies, puisque celles-ci participeront à la lumière divine à un degré particulièrement élevé '. Cette union céleste de l'âme avec Dieu sera une imitation de celle, par laquelle le Père et le Fils sont un en Dieu, une participation à l'honneur que le Fils a reçu du Père2. Déjà sur la terre a lieu, comme cela ressort des passages rapportés ci-dessous, une anticipation de cette union d'amour dans la communion de grâce avec Dieu.
6. Si la fin dernière de l'homme est telle que nous ne puissions l'atteindre de nous-mêmes, sans le concours de
sionem. Quamquam ne in naturis quidem hominum inest nécessitas aliqua peccati, sed ex appetitu voluntatis et oblectatione vitiorum, peccati usus arripitur. Et ideo Dominus non se rapuisse quae ut solveret repetebatur ostendit; quia ea quae contra naturam sint desiderata rapiantur, soluturis omnibus quadiantem novissimum talium debitorum.
1. Hilar. In Fs. 118, litt. 17, 12 (p. 3i6 sq.) : Sed banc faciem Domini ad illumiDationem suam Propheta erat. Ex majestate enim etvultu videntis nos Dei lumen accipimus, et dedexus in nos misericordiae suae vultus ad gratiam spiritalis virtutis irradiât. Vel certe cura judicii die aderit, cum visibilis nobis in gloria paternae majestatis assistet ; tune no» faciei suae lumine illuminabit.
2. De trin. VIII, 12 (p, 954) : ()b eam ergo causam acceplus honor datus est, ut omnes unum sint. Jam igitur unum sunt omnes in honore : quia non alius, quam qui acceptus est, lionor datus est, quam ut omnes unum essent... Et insolens quidem hic forte bumanae spei erit sermo, sed non erit infidelis : quia quamvis hoc sperare temerarium sit, tamen non credidisse irreligiosum est, cum idem atque unus nobis et spei auctor sit et fidei.
Dieu qui nous y élève, il faut conclure que nous avons besoin en général, de la grâce divine qui nous rendra capables d'atteindre notre destinée, que nos œuvres seules n'y suffisent point1. Nous ne trouvons pas sans doute encore chez saint Hilaire, traduite en formule, la distinction entre la grâce habituelle et la grâce actuelle ; mais si la formule n'y est pas, la chose y est. L'homme, qui est né dans le péché, et, par le mauvais usage de sa liberté, a grossi son patrimoine de fautes, a besoin plus que d'une rémission extérieure du péché et de la dette, plus que d'une guérison des blessures et des désordres occasionnés par le péché dans ses facultés naturelles, il a besoin d'une transformation, d'une régénération, d'une création à une vie nouvelle et agréable à Dieu2. L'observation de la loi judaïque, en tant que telle, ne pouvait donc opérer la justification; un principe de vie divine doit s'insinuer dans l'âme et ce principe a sa source dans la foi3.
Quand saint Hilaire veut expliquer la nécessité de la grâce actuelle en particulier et son influence sur les actions bonnes, il tombe dans les inexactitudes que nous retrouvons chez la plupart des Pères grecs. Il nous représente souvent de la manière suivante le rapport de la grâce et de la liberté humaine : l'homme doit faire le commencement par une bonne volonté, par une disposition, mieux encore par un désir dirigé vers le bien ; puis vient l'inspiration de la grâce divine. « La première chose qui nous est prescrite n'est point l'illumination, c'est le labeur des semailles. Quand nous nous serons d'abord semés nous-mêmes, c'est-à-dire les œuvres utiles de notre vie, dans l'espoir de recueillir des fruits ; quand nous aurons récolté ces fruits de notre semence
i. In Ps. 118, litt. 19, 6 (p. 355). La nécessité de la grâce en général est enseignée dans le De trin. II, 35: Utamur ergo tam liberalibus donis, et usum maxime necessarii muneris expetamus.
2. In Matth. c. 10, 24 (p. 660): Cum ergo innovamur baptismi lavacro per verbi virtutem, ab originis nostrae peccatisatque auctoribus separamur; recisique quadam exsectione gladii Dei a patris et matrisaffectionibus dissidemus... et per Spiritum anima et corpore innovati , etc.