‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 67 sur 480 · Tract, in Ps. 68, 24 (p · texte numérisé non relu

Tract, in Ps. 68, 24 (p

nous nous éclairerons alors nous mêmes avec la lumière de La science. Les semailles commencent d'abord, puis vient la récolte, enfin l'illumination ' ». Il s'exprime plus clairement encore dans Le même écrit*2: (dis ne peuvent avancer aucune raison à l'appui de leur thèse, ceux qui, pour excuser leur incrédulité sous le prétexte que la grâce de Dieu leur a manqué, prétendent que l'avancement clans les choses et les

unes œuvres est un don de Dieu. Sans doute, la persévéi : ace dans la foi est une grâce de Dieu, mais le commencement est notre propre affaire ». Toutefois notre docteur affirme

ivent, la nécessité de la grâce illuminative antécédente, même au commencement, puisque sans elle, d'après lui, nous ne pouvons même pas connaître les choses divines et les biens du salut. On ne peut pas préciser cependant si saint Hilaire entend parler de la nécessité d'une grâce extérieure, telle que la révélation, ou d'une grâce intérieure3. Dans certains passages il est bien manifeste qu'à côté de la révélation, il proclame la nécessité d'une grâce intérieure illuminative de l'Esprit-Saint. « L'esprit humain, même s'il ne reçoit par la foi le don de FEsp rit-Saint, peut être capable de connaître Dieu, mais non la lumière de la connaissance4 ». Cette inexac-

i. Hilar. In Ps. 118, litt. 1, 2, 3 (p. 245) ; cf. litt. 5, 12 (p. 275) : Prius enim quae a Deo sunt cum honore praeposuit, et tune quae hominis sunt cura humilitatis atque officii sui confessione subjecit. Orat igitur ut Deus tribuat. Est ergo a nobis, cum oramus, exordium, ut munus ab eo sit ; dehinf. quia de exordio nostro munus ejus est, ex nostro rursum est ut exquiratur et obtineatur et maneat.

2. Ibid. litt. 14, 20 (p. 328, 329) : Ae ne, quod a multis dici saepe solet, ratioois aliquam habeat auctoritatera, cum asserunt proprium Dei munus

le, ut quis in Dei rébus atque operibus versetur ; excusantes infidelitatem suam. quod cessante erga se Dei voluntate moneant infidèles : esquidem in lide manendi a Deo munus, sed incipiendi a nobis origo est Kt voluntas nostra hoc proprium ex se haberedabit: quia consummationem per se iofirmitas nostra non obtinet, meritum tamen adipiscendae consummatiouis est ex initio voluntatis.

3. Ibid litt. 12, 1 (p. 348] : Nec sane humana inlirmitas in caelestem scientiam se ipga proveheret, nisi Deo donum scientiae per doctrinam Spiritus Largiente ad cognitionem divinae et imperspicabilis naturae eruditur. Cf. p. 273.

i. De Irin. II, 35: la et animus humanus, nisi per fidem donum Spi-

titude d'expression n'a pas d'autre explication, que l'incertitude dans laquelle les Pères nous laissent au sujet de la grâce qu'ils ont eue en vue et qui succède directement à notre bon vouloir. Ajoutons à cela qu'on peut exiger, au moins chez les adultes, comme une disposition négative nécessaire à la réception de la grâce, une certaine préparation, une disposition de notre connaissance et de notre volonté dans le domaine même de la nature, c'est-à-dire la connaissance de la vérité naturelle et la volonté du bien naturel ; saint Hilaire considère en outre comme un acte d'orgueil de prétendre à la possession de la grâce comme si elle était un bien mérité, ou de s'attribuer à soi-même le commencement de l'acte bon1.

S'il avait attribué à l'homme seul le commencement de l'acte bon, il aurait dû, logiquement, regarder les grâces comme un bien en quelque sorte à mériter.

7. Saint Hilaire ne touche qu'incidemment2 à la question de la prédestination, mais il enseigne avec tous les autres Pères, que nous avons tous la grâce suffisante \

§ 64 (Suite)

Saint Ambroise

Plus encore que saint Hilaire, saint Ambroise, le grand évêque de Milan (374-397), nous introduit dans la théologie de saint Augustin. Il fut, en effet, pour sa vie extérieure son maître et son ami. Il eut une grande influence dans sa conversion, mais de plus, il a montré d'étroits rapports d'affi-

ritus hauserit, habebit quidem naturam Deum intellegendi. sed lumen scientiae non habebit.

1. In Ps. 118, litt. 6, 4 (p. 280): Accipiat humana insolentia bumilitatis modestiaeque doctrinam. Prius Propheta concedi sibi orat, quam se id mereri ut obtineat ostendit. Omnia vult a bonitate Dei in se inchoari : nec tanien causam fiduciae suae substrahit.

2. Comra. in Matth. c. 32, 0 (p. 747) : Omnia enim a Pâtre a-îcepit, quae jn caelis et quae in terra sunt: et ideo hic ager figuli est, quia Dei omnia sunt cujus in manu sit, nos ut velit tamquam figulus reformare.

Page 1