Ps. 118, litt. 8, 18 (p
nité avec l'évêque d'Hippone en ce qui concerne ses doctrines anthropologiques. Ses écrits plutôt homilétiques, moraux ou ascétiques lui ont mérité un tel renom et une si grande considération dans l'Eglise, qu'il a pris rang parmi les quatre grands Pères latins. Son importance n'est cependant pas telle au point de vue de l'histoire des dogmes, que nous ayons dû le considérer dans les deux parties précédentes de la théologie et de la christologie, comme un anneau essentiel de la chaîne des témoins et des représentants de la doctrine de l'Eglise. Ses enseignements dogmatiques ne sont pour ainsi dire que d'occasion, il les a exprimés pour établir quelque vérité murale, mais il ne les a pas profondément et rigoureusement burinés. 11 faut dire aussi qu'il n'avait pas consacré sa vie, avant la prêtrise, à des études scientifiques aussi sérieuses que saint Augustin ouïes autres Pères, et il s'est moins illustré dans les combats pour l'orthodoxie de la foi. Mais dans cette partie de l'histoire des dogmes, qui doit nous montrer le développement progressif et l'exposition de plus en plus précise des dogmes anthropologiques, une place spéciale convient à saint Ambroise, à cause de son enseignement très clair sur le péché originel.
1. 11 explique la sainteté et la justice primitives de l'homme dans le paradis terrestre conformément aux paroles de la Genèse (1.26.) par la ressemblance de l'homme avec Dieu. En précisant i le commentaire de ce passage de la Genèse : « Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance », il trouve l'occasion de distinguer la ressemblance de l'homme avec Dieu de celle du Verbe avec son Père, et d'analyser les divers aspects de cette ressemblance. La préoccupation de lutter contre l'Arianisme lui imposa comme aux autres Pères grecs de -nu époque, cette première distinction. Le Fils seul est l'image {imago) du Père, l'homme a été créé seulement à l'image {ad imaginem) de Dieu*.
1. Ambros. Hexaëm. lib. VI, c. 7 sq. (éd. Maur. f, 127 sqq.).
^!. Ambros. Hexaëm. VI, 7, 41 : Imago Dei est solus ille, qui dixit: Ego et Pater unum sumus ; it;i liabeus similitudioem Patris, ut divinatis et pleniludinis ha beat uoitatem.
106 ÎHISTOIRE DES DOGMES
En Dieu, que ce soit le Fils, le Saint-Esprit ou le Père, la bonté et la justice appartiennent à l'essence ; elles lui sont nécessaires et absolument parfaites, chez la créature, la bonté et la perfection morales dépendent de la liberté, ne sont qu'accidentelles et soumises au développement et au changement1.
Pour ce qui regarde l'analyse des divers aspects de la ressemblance de l'homme avec Dieu, saint Ambroise attribue d'abord celle-ci en propre, non au corps, mais à l'âme et encore dans l'âme aux hautes facultés intellectuelles, à la connaissance et à la volonté libre 2.
D'autres Pères avaient encore distingué entre l'image, (imago) et la similitude (similitude)) : ils avaient entendu sous cette dernière ou bien la grâce sanctifiante qui est la ressemblance surnaturelle avec Dieu, ou bien la perfection et l'élévation de l'image naturelle de l'homme, qui découlent de la grâce. Saint Ambroise ne retient pas les termes de cette explication, mais il en garde le sens et l'idée. Il distingue, en effet, une ressemblance plus élevée, dérivant de la grâce et de la vertu, qui peut être perdue par le péché, de la ressemblance naturelle et inamissible. « Cette âme a la marque de Dieu, dit-il 3, [si elle renferme en ellemême avec les vertus l'éclat de la grâce et la parure de la piété. Cette âme est bien peinte qui laisse rayonner en elle l'image de l'opération divine ; cette âme est magnifiquement décorée, qui brille de l'ornement de la gloire et de l'image de l'essence divine... C'était l'image d'Adam avant le péché, mais après la chute il a déposé l'image céleste et revêtu l'image terrestre ».