‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 73 sur 480 · Ambros. De Noë et arca i · texte numérisé non relu

Ambros. De Noë et arca i

4. lu Ps. 13, 77 : Ipseergo tibi est vel injuriae auctor vel gratiae ; operatio diviua nibil erat. Lumen in te ipso esl, quia innocens infantia tua est. Pura mens bominis ante adoiescentiae Jubricum etjuveniutis errorem. Tu tibi ergo tenebras fecisti esse quod lumen est.

5. Par nos seules forces naturelles nous ne pouvons nous tirer de cette misère morale du péché, dans laquelle nous sommes tombés par la faute d'Adam. Nous ne pouvons ni éteindre nous-mêmes notre dette, ni mériter son extinction par notre justice. Au contraire la concupiscence désordonnée nous conduit de plus en plus au péché, de sorte que non seulement nous ne pouvons pas diminuer la condamnation au péché que nous avons héritée d'Adam, mais nous l'augmentons tous les jours. Ni la loi naturelle, ni laloi écrite ne pouvaient non plus nous apporter le salut. La première nous est donnée avec notre nature, elle nous oblige tous sans exception, la seconde a été promulguée par Moïse, ce grand serviteur de Dieu, et gravée sur des tables de pierre. Mais ni l'une ni l'autre ne nous donnent la force de remplir les obligations qu'elles nous imposent, et par elles, la faiblesse de notre nature prend conscience du péché ». Il fallait un sacrifice pour expier la faute, c'est celui qu'a offert pour tous par sa mort le seul grand-prêtre par excellence. L'attribution de ses mérites nous vaut à tous le pardon de nos péchés et la force pour réaliser notre conversion et notre transformation morale. ((VoilàpourquoiDieuimpose d'abord saloi, à laquelle la raison de l'homme se plia au commencement; mais la chair se révolta, parce que la sagesse de la chair n'était pas soumise à la loi, mais au contraire lui était opposée. C'est ce qui doit nous déterminer à rechercher la grâce de Dieu... Le Seigneur Jésus vint, pour clouer à la croix nos passions, et nous mériter le pardon de nos péchés: Sa mort a opéré

4. De fuga sec. 3. \o : Lex autem gemina est, naturalis et scripta : natui*alis in corde, scripta in tabulis. Omnes ergo sub lege, sed naturali... Priraum natura ipsa boni operis magistra est. Scis non furandum, et servum tuum, si furtum tibi fecerit, verberas ; et si quis ad uxorem tuam affectaverit, persequendum putas. Quod ergo in aliis reprehendis, ipse comœittis? Secuta est etiam lex, quae data est per Moysen. Per legem autem agnitio peccati... Sed quia lex os omnium potuit obstruere, non potuic mentem convertere, ideo ultimum remedium postremae illius civitatis debebatur, in quo esset refugium salutare : et mors principis sacerdotum ab omni nos mortis liberaret formidine atque exueret metu. Voir d'autres passages dans Worter : Die christl. Lehre ûber das Verhaltniss v. Gnade v. Frciheit, page 560.

notre justification, son sang a lavé tout l'univers1 ». Nous participons à ces mérites du Christ par la foi, mais la foi prouvée parles œuvres bonnes et la charité. C'est donc la foi qui justifie et non les œuvres de la loi 2.

6. Une question se pose aussitôt après avoir établi que le Christ a mis chacun de nous en possession du salut : Quel est le rôle de le grâce divine, quel est celui de l'activité morale de l'homme, comment s'accordent la grâce et la liberté pour opérer le salut? De la faiblesse de l'homme et oY l'influence de la concupiscence mauvaise, saint Ambroise conclut à la nécessité d'une assistance divine de la grâce. Il commence ainsi son traité « Le la malédiction du monde » : « Nous parlons souvent de la malédiction du monde : si la volonté était aussi sérieuse et attentive, que le discours est facile ! Mais chose pire, en nous se glisse fréquemment le charme entraînant des cupidités terrestres, la vanité enténèbre notre esprit, de sorte que l'on médite souvent et l'on entretient dans son esprit ce que l'on s'efforce d'éviter. Se garder de ce mal est difficile, s'en défaire complètement est impossible. C'est plus l'objet de nos souhaits qu'une véritable réalité : le prophète en témoigne quand il dit : « Incline mon cœur vers tes préceptes et non vers l'avidité » (Ps. 118, 36). Notre- cœur et nos pensées ne sont pas en effet en notre pouvoir. Sans nous en apercevoir, ils se dressent, troublent notre esprit, l'entraînent où il ne voudrait pas, le ramènent aux choses périssables, implantent en lui l'attachement aux choses du monde, lui inoculent l'amour des plaisirs des sens et font miroiter à ses yeux des images séductives ; même lorsque ensuite nous nous efforçons d'élever notre esprit, nous sommes la dupe de vaines inspirations et nous sommes

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