De Jacob et vita beata, I
2. In Ps. 43, 47 : Quid ergo quod quaerebat Israël hoc non est consecutus? Quare non sit consecutus, agnosce; quia se justificare cupiebat, quia operum 8uorum jactantiam requirebat, quia fidem non detulit, nec gratiam recognovit. Et ideo electio consecuta est, quae vocantem audivit, advenientem suscepit. Cf. De Gain et Abel II, 2, 8 : Hinc ergo cognoscimus, quod ante omnia tides nos commendare Deo debeat. Cum fidem habuerimus, elaboremus ut opéra nostra perfecta sint.
repoussés vers le terre-à-terre. Qui est donc assez heureux pour tendre toujours de tout son cœur vers le ciel ? Gomment cela peut-il avoir lieu sans le secours divin ? Non, ce n'est pas possible ».
Pris à la lettre, saint Ambroise ne préconise la nécessité de la grâce, que pour surmonter toute concupiscence déréglée * ; mais, parfois, il conclut par suite de la loi héréditaire de la chair, que toute œuvre bonne dérive en nous de la grâce de Dieu. Il s'exprime ainsi dans son explication de saint Paul (Rom. 7, 25) : « Pour être délivré de ce corps de mort, saint Paul plaçait tout son espoir non en sa force, mais en la grâce du Christ. Ceci nous manifeste clairement, que les bons mouvements vers la loi de l'esprit viennent de la grâce divine et que les autres mouvements sensuels viennent de la volupté corporelle2 ».
7. Relativement à l'influence de la grâce actuelle sur les différentes facultés de l'âme ainsi qu'aux différentes sortes de grâces, saint Ambroise mentionne d'abord la grâce illuminative, qu'il déclare nécessaire à l'exercice du bien : « Quand le Psalmiste(Ps. 118, 73) 3 demande l'intelligence, qui pourrait prétendre avoir la connaissance en son pouvoir? Oui, il demande l'intelligence de se connaître lui-même et l'essence de sa nature, et ceux qui dissertent sur l'essence des choses, qui scrutent les espaces célestes et ne peuvent même pas se connaître eux-mêmes, pensent que l'intelligence peut leur advenir en dehors de Dieu et de sa grâce ! C'est pourquoi nous devons rester humbles, et ne pas nous glorifier de pouvoir peut-être comprendre une parabole de la sainte Ecriture ou de pouvoir parfois en pénétrer le sens
1. Il soutient la même opinion dans plusieurs passages: In Ps. 118, sermo 5, 32. In Ps. 43, 71. De interpell. David, II, 8, 30. Exhort. virginit. U, 91.
2. De Gain et Abel II, 1, 4: Et ideo ut de illo mortis corpore liberaretur, spem suam Paulus omnem non in sua virtute, sed in Christi gratia reponebat. Unde liquet, quod hae commotiones, quae secundum legem mentis sunt, ex divino favore procédant, alii autem sensus ex voluptate corporea^ Cf. DeAbrab.11,6, 27.