Expos, in. Ps. 118, sermo
d'après la lettre, si les mots nous onl laissé saisir quelque chose, ajoutons-y la connaissance de la doctrine... Le prophète sail bien que sans la grâce de Dieu, il ne peut pas comprendre ses commandements1 ». Saint Ambroise enseigne alors la nécessité d'une grâce qui soutienne et fortifie la volonté. « Tu vois donc, dit-il-, que partoul la force du Seigneur opère avec l'effort de l'homme ; sans le Seigneur, nul ne peut bâtir, veiller, ni entreprendre quoi que ce soit ». Saint Augustin :i conclut de ces paroles, que saint Ambroise attribue à la grâce le commencement du bien. Le repentir des péchés, en particulier, est dû, à son avis, aux inspirations de la grâce, puisqu'il attribue à la grâce les larmes de Pierre après son triple reniement. « Ceux-là seuls versent des larmes de repentir que le Seigneur a regardés 4 ».
Nous rencontrons d'autres passages, où le commencement du bien est rapporté non à la grâce, mais à la volonté libre, à l'effort de l'homme. A celui-ci, on demande de produire ce commencement du bien, qui est au pouvoir de sa liberté. « Le soleil de justice, dit-il % veut que nous le devancions et il attend nos avances. Voyez comme il nous attend et nous désire : « Dis à l'ange de l'Eglise de Pergame : fais pénitence, autrement je me hâte de venir vers toi. Dis à l'ange de Laodicée... Deviens plus zélé et fais pénitence. Vois, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai (Apoc. 2, 12, 16; 3, 19, 20)... Dans la tribulation, c'est lui qui vient le premier; mais quand la paix domine, il veut qu'on vienne à lui d'abord. Venez donc vers celui que vous connaissez comme votre soleil. Vous qui dormez, veillez, levez-vous du milieu des morts, pour que le Christ vous éclaire... Si vous allez vers ce soleil, avant qu'il ne se lève, vous apercevrez les pre-
1. Cf. De Gain et 4bel, I, 10, 15 : Ouidquid autera sanctura cogitaveris, hoc Dei munus est, Dei inspiratio, Dei gratia.