‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 78 sur 480 · De interpell. Da\id IV · texte numérisé non relu

De interpell. Da\id IV

se rattache à la prescience divine, c'est-à-dire Dieu nous prédestine à la vie éternelle parce qu'il a prévu nos vrais mérites, ou bien Dieu nous prédestine à la grâce parce qu'il a prévu la volonté libre de l'homme acquiesçant aux inspirations divines, ce qui est une condition de la justification. Voilà pourquoi notre docteur ajoute une parole déjà citée1 au texte de l'Apôtre : Dieu ne prédestine pas avant d'avoir prévu. Mais il n'entendait pas cette prévision divine dans un sens pélagien; l'effort purement naturel de l'homme, dénué de grâce n'est pas le seul motif du pardon des péchés et de justification pas plus que dans la prescience divine, il n'est le seul fondement de la prédestination. La coopération de l'homme par sa volonté libre est en vérité quelque chose dans l'avancement vers le salut, mais le principe essentiel, c'est la grâce. Les mérites, dont la prévision sert à éclairer la prédestination, ne sont pas des œuvres purement humaines, ce sont en majeure partie des fruits de la grâce. Saint Ambroise réprouve même les œuvres de la loi, si on prétend fonder sur elles un droit à la possession du ciel. « Si quelque Juif a été racheté, il ne l'a pas été parce qu'il avait un titre de haute valeur, ou parce qu'il avait beaucoup d'échanges à faire ; il a été racheté gratuitement. C'est la doctrine de l'Apôtre qui dit (Rom., 11, 5) : « Les autres ont été sauvés parce que la grâce les a choisis. Mais si ce fut l'œuvre de la grâce, ce ne fut pas l'effet de leurs mérites, de leurs œuvres et de leurs vertus. Les Juifs ne durent leur salut qu'à la générosité du divin bienfaiteur et à l'élection du divin Rédempteur... Mais pourquoi alors Israël n'a-t-il pas obtenu ce qu'il recherchait? Parce qu'il voulut se justifier lui-même, parce qu'il chercha la gloire de ses œuvres, parce qu'il ne professa pas la foi et ne reconnut pas la grâce2 ».

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