‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 84 sur 480 · Avg. De duabus animabus c. Man · texte numérisé non relu

Avg. De duabus animabus c. Man

4. C. Adversarium Legis et Proph. I, i : Cum Manichaei, quamvis librum Geneseos non accipiant atque blasphèment, Deum tamen bonum fabricasse mundum, etsi ex aliéna natura atquemateria, confiteantur.

ter sous la même forme. Tout»4 l'histoire du monde n'est autre chose que le développement de cette idée de rédemption, ou ce progrès, par lequel les éléments arrachés au royaume de lumière obtiennent leur délivrance et le retour à leur premier état. Ce progrès n'est que physique, tout tomme la génération des éons, la formation du monde et la production du péché. Pour pénétrer ce progrès plus efficacement, l'éon Christ . qui a son habitation dans le soleil, vint sur la terre et prit une apparence humaine 4. Il annonça la doctrine du vrai Dieu, attendu que celui des Juifs et des païens appartenait aux éons du royaume des ténèbres et il indiqua le moyen, par lequel les âmes humaines pouvaient s'émanciper à nouveau de la matière : à savoir les « tria signacula ». C'était là la doctrine de la croix ou de l'abstinence : le signaculum oris désignait l'abstinence de vin et de viande ; le signaculum manus, l'abstention de toute occasion d'animal ou de plante, ainsi que l'abstention de toute propriété particulière; le signaculum sinus, l'abstinence de relations charnelles. Avec cette doctrine le progrès par lequel chaque individu était purifié de ses fautes était aussi l'effet d'une opération physique.

4. Ce progrès constant de rédemption et de purification des péchés atteint son terme à la fin des temps par Y xkoxktx(ttk<tlç tûw 7ravTuv, où les parties de lumière seront réunies, affranchies et rendues au royaume du bien. Tout redeviendra comme au commencement avant la formation du monde. Le manichéisme ne connaît pas de résurrection des morts. Les Ames qui, à la mort, n'auront pas atteint la perfection dans L'abstention prescrite, seront soumises à une migration spéciale; celles qui seront tombées dans la malice subiront le feu de l'enfer.

5. Il n'y a pas de différence pour les principes de la connaissance entre le gnosticisme et le manichéisme. La gnosis est la sonna; de la vérité divine comme le fondement pour le travail de purification et de rédemp-

\. De haer. 46. Cf. l'heodor. haer. fal). f, 26.

tion, qui doit hâter la sortie du royaume des ténèbres. Saint Augustin reconnaît que ce principe flatta d'abord son orgueil et que c'est là le motif pour lequel il resta neuf ans attaché à l'erreur1. Voilà pourquoi aussi les Manichéens agirent avec tant d'arbitraire dans la discussion des sources de la foi. Ils rejetèrent l'ensemble des livres de l'Ancien Testament, comme émanant d'un éon mauvais ; ils prirent du Nouveau Testament ce qui allait à leur système et cela ils l'expliquèrent à leur guise 2. A côté de ces écrits torturés ils gardèrent des livres apocryphes, les biographies des Apôtres, l'évangile de Thomas, les actes de Paul et de Thècle etc.

De la réfutation de ce système ordonné avec le plus incohérent arbitraire et embelli de tous les ornements les plus fantaisistes' — système qui a occupé saint Augustin dans ses nombreux écrits antimanichéens — nous ne devons mettre en lumière que ce qui a trait à la nature et à l'origine du péché. Les autres points particuliers, l'unité de Dieu, la génération divine, la création du monde, l'unité de l'âme humaine, ont été déjà étudiés ailleurs.

1. Ce qui avait fait le succès du dualisme des Manichéens, c'était sa prétention d'expliquer le mal dans le monde; celuici leur parut être une puissance si insurmontable, si étendue, qu'ils crurent devoir lui donner pour auteur un deuxième principe absolu. En dehors de la contradiction qu'implique 'admission de deux êtres absolus, puisque l'absolu ne peut exister que s'il est un, la seule conception d'un principe absolu mauvais renferme en elle-même une première contradiction. Il ne peut pas y avoir d'être absolu mauvais. Ni la matière, que les Platoniciens regardèrent comme l'éternelle barrière du bien et le premier principe du mal, ni

i. Aug. De utilit. credendi 4, 2 : Quid enim me aliud cogebat, annos fere novem spreta reiigione quae mihi puerulo a parentibus insita erat, homines illos sequi ac diligenter audire, nisi quod nos superstitione terreri et fidem nobis ante rationem imperari dicerent, se autem nullum premere ad fidem, nisi prius discussa et enodata veritate ?

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