C. Faust. XXXF, 1 ; XXXH, 1 ; XXXIII
l'être premier spirituel el mauvais des Manichéens ne peuveni être appelés des êtres absolument mauvais. La, matière a été capable de formation pour constituer l'ordre du monde et Manichéens eux-mêmes admettent qu'elle, a pu recevoir les 1m. us éléments du royaume de la lumière1. De telles capacil es c< instituent une contradiction avec l'être absolu mauve is et ne peuvent dériver que du principe bon absolu. Il en est de même des facultés spirituelles, que les Manichéens attribuent au principe absolu mauvais: l'intelligence, la force, L'activité vitale. L'idée du mal ne permet en aucune façon, • nie nous la portions jusqu'au mal absolu. De même notre idée du bien absolu est défigurée par les erreurs manichéennes. Au principe bon on attribue l'ignorance, le désordre, la faiblesse, en partie même le triomphe dans la lutte contre le mal, autant de qualités qui sont en contradiction avec le bien absolu. L'idée d'un combat entre le principe bon et le principe mauvais est certainement inconvenante : le Dieu bon l'engagea en eïfet librement et s'il prévit sa défaite, il dut être animé d'une volonté mauvaise, celle de laisser corrompre son être et de le laisser en partie dominé par le principe mauvais. Ne prévit-il pas sa défaite, sa connaissance était donc limitée ? Fut-il enfin nécessité au combat ? Mais alors il était soumis à une volonté supérieure à la sienne et il n'était pas le dieu absolument parfait.
Le principe absolu mauvais ne peut guère conserver cette appellation dans ce combat. Son elfort pour réaliser la conquête des éléments de lumière, issus du royaume du bien, est plutôt à appeler un bien qu'un mal. Alors même qu'on prétendrait que cet effort n'aurait été inspiré que par l'envie et la haine, qu'il n'aurait eu pour but qu'un préjudice à causer au royaume du bien, la seule connaissance du royaume de lumière et du bien ont une chose naturellement bonne et incompatible avec l'idée de principe absolument mauvais2.
1, De nat. boni c. Mao. 18.