Aug. De duab. anim. c. il
i. Ibid. 10, 14 : Voluntas est animi motus, cogente nullo, ad aliquid vel non amittendum, vel adipiscendum.
péché, la possibilité de vouloir le contraire (liberum nolle)1. Plus tard cependant, dans ses Rétractations2, il restreint les définitions précédentes, pour que les Pélagiens ne puissent pas invoquer ses paroles et contester l'existence du'péché originel chez les enfants. Dans ses écrits antimanichéens, en particulier aux endroits déjà indiqués, il ne s'occupe pas du péché originel qui s'attache à tous les hommes par le fait seul de leur naissance. C'est que celui-ci aie caractère d'une punition du péché (poena peccati) et qu'il ne peut être en même temps considéré comme péché que parce qu'il a été produit par la décision libre d'Adam dans le paradis terrestre3. Des expressions qu'il emploie dans ses écrits antimanichéens, à savoir que la nature en elle-même, et en tant qu'elle est nature ne peut pas être mauvaise, on ne peut pas conclure que saint Augustin nie le péché qui affecte la nature de l'homme, puisque dans ses expressions il a toujours en vue la nature primitive, telle qu'elle vient de Dieu même4.
Au reste, le caractère négatif et privatif qui est propre au mal en général, s'applique aussi au péché qui n'est que le mal causé ou mérité par la liberté de la créature elle-même. L'effort et le désir, qui se manifestent dans le péché, sont, il est vrai, une chose positive ; mais le mal ne vient pas de ce que leur objet est peut-être une substance mauvaise ; le mal n'existe que par le fait de Téloignement du bien, de la préférence des choses finies, passagères ou même tout à fait sensibles, aux choses éternelles et divines. Il en fut ainsi du premier péché dans le paradis terrestre. Le fruit de l'arbre de vie n'était pas mauvais en lui-même, mais l'homme s'éloigna de l'amour et de l'obéissance de Dieu et lui préféra les