Cf- Wùrter, Pélagianismus, page 177 et suiv
l'erreur pélagienne 145
négation de la grâce sanctifiante au sens orthodoxe. La contemplation éternelle de Dieu dans le ciel était bien pour eux la destinée de l'homme, mais il devait la mériter ici-bas, au sens strict des mots, par une moralité due à ses seules forces naturelles, au point qu'il pourra même acquérir l'impeccabilité. Voilà pourquoi d'après Pelage, l'état primitif de l'homme dans le paradis terrestre n'était pas préférable à celui dans lequel il naît actuellement. Il était mortel1, sujet à la concupiscence, limité dans ses forces naturelles et morales, mais il possédait le pouvoir de vivre sans péché et de mérilt*r le ciel-. Le seul avantage qu'Adam eût sur nous, c'était de n'avoir devant lui aucun mauvais exemple.
2. C'était déjà avouer que le péché d'Adam dans le paradis 1 1 • rrestre n'avaitpas eu de conséquences essentiellement mauvaises pour ses descendants. Il n'y a pas de péché originel. Le péché d'Adam n'a été préjudiciable à sa postérité que parce qu'il a ouvert la voie de la damnation et donné le premier mauvais exemple, que beaucoup d'autres devaient suivre. C'est ainsi que la puissance du mal est allée en augmentant!. Pour Pelage comme pour Julien, la transmission héréditaire du péché est une erreur manichéenne qui est en contradiction non seulement avec notre idée qui fait toujours du péché quelque chose de personnel et d'inhérent à une faute personnelle, mais encore avec la justice et la miséricorde de Dieu, qui veut bien pardonner nos fautes personnelles, mais qui ne peut nous imputer les péchés des autres4. Saint Augustin s'oppose avec raison à leur façon d'expliquer l'entraînement général au péché par suite de l'imitation; ce n'étail point là une explication. Elle n'était même pas
1. Julien (op. imp. c. Jul. VI, 27) explique ainsi le passage de laGenèse (1, 19) : la mort n'est pas la punition du péché, mais une conséquence de la composition matérielle du corps et de son extraction de la terre. La menace de mort formulée dans la Genèse (2, 17) et dans S. Paul (Epit. aux Hom. 5, 12) doit être entendue de la mort de l'âme.
-2. Aug. De gestis Pel. c. 11. De nat. et gr. c. i3. Op. imp. c. Jul. I, 71; III, 212; VI, 25.