De pecc. orig. c. 3. Op. imp. c. Jul. II
i. Op. imp, c. Jul. VI, 21. De pecc. mer. et rem. III, 15.
compatible avec l'idée particulière que les Pélagiens se faisaient de la liberté. Si la liberté nous incline également au bien et au mal, l'imitation seule ne pourra jamais expliquer la préférence libre donnée par tous les hommes au mal.
3. L'état moral de l'homme n'a donc pas été changé par le péché d'Adam. Concupiscence, mort, maladie, souffrance et douleurs, ne sont pas des peines du péché originel, il faut les appeler des biens. Les forces morales de l'homme sont restées les mêmes et l'homme peut, avec sa seule volonté, sans aucun secours de Dieu, obtenir au plus haut degré l'impeccabilité, l'exemption du péché mortel et même du péché véniel1. La volonté ne nous incline d'aucun côté d'une manière prépondérante, ni vers le bien, ni vers le mal. La liberté de la volonté est semblable à une balance dont les plateaux gardent toujours l'équilibre2.
4. Le baptême des enfants ne pouvait plus avoir chez les Pélagiens la signification de la rémission du péché originel transmis. Mais ils n'osèrent pas s'élever contre cet usage de l'Eglise, parce qu'il était trop répandu et ils se contentèrent de lui donner un autre but que la rémission des péchés {in remissionem peccatorum) chez les enfants. Pour lui conserver quelques effets, ils lui attribuèrent le droit d'expectative donné aux enfants sur le royaume du ciel et la pleine participation aux mérites du Christ. Ils s'appuyèrent sur les paroles de Notre-Seigneur prises à la lettre, (saint Jean, 3, 5) : « En vérité, en vérité, je vous le dis : celui qui n'est pas régénéré par l'eau et l'Esp rit-Saint, n'entrera pas dans le royaume de Dieu, ils en conclurent que sans le baptême on peut avoir la vie éternelle (vita aeterna) mais non le royaume du ciel (regnum caelorum).
Le baptême seul donne aux enfants ce droit, ainsi que le
1. Aug. De gestis Pel. c. 35. De pecc. mer. et rem. II, 5. Pelage ne se contentait pas d'enseigner que l'impeccabilité était une chose possible, il donnait encore beaucoup d'exemples (De nat. et gr. 26, 42), d'hommes, qui n'avaient point péché.