‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 93 sur 480 · grâce, telle qu'elle est comprise au sens chrétien · texte numérisé non relu

grâce, telle qu'elle est comprise au sens chrétien

n'iivail plus sa raison d'être dans le système de Pelage. L'idée de grâce était cependant si intimement liée avec les enseignements fondamentaux du christianisme sur lepéché, la rédemption et la gloire, que Pelage ne pouvait pas complètement la négliger, s'il voulait garder quelque apparence de christianisme. 11 s'engagea donc dans des explicationa arbitraires et appela grâce la volonté libre ou le pouvoir (posse) de faire le bien; tandis que le vouloir et le parfaire restaient l'œuvre de l'homme seul3. Il appela encore grâce la loi écrite de l'Ancien Testament. Cependant il ne lit aucune allusion à une grâce quelconque du Christ, si bien que si Pelage n'était sorti de la notion qu'il donnait de la grâce, le rédempteur aurait perdu toute importance dans son système. De même que le péché d'Adam n'avait eu sur toute la race qu'une influence extérieure de mauvais exemple, de même la promulgation de la loi évangélique du Christ, ses exemples de vertu n'avaient servi qu'à déterminer extérieurement le monde vers le bien. Mais ce n'était plus là qu'une grâce extérieure et non une grâce intérieure4. Il n'y avait plus de différence essentielle entre l'état de nature depuis Adam jusqu'à Moïse, l'état de l'homme depuis la loi mosaïque jusqu'au Christ et l'état créé par le Christ lui-même

i. C. Jul. VI, 17. De pccc. orig. 17. 18. 19. C. duas. epp. Pelagg. I, 23. Op. Imp. c. Jul. I, 111; VI, 36.

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