Op. imp. c. Jul. III, loi ; V
3. De gr. Chr. c. i, § 5 : Primo loro posse statuimus, secundo velle, tertio esse. Posse iu natura, velle in arbitrio, esse in efïectu locamus. Primum illud, id est nosse, ad Deum proprie pertinet, qui illud ceaturae suae contulit; duo vero reliqua, hoc est velle et esse, ad hominemrefcmida sunt, quia d't arbitrii fonte descendunt. Ergo in voluntate et opère bono laus ominis est, immo et hominis et Oei, qui ipsius voluntatis et Operis possibilité te m dédit quique ipsam possibilitatemgratiae suaeadjuvatsemp, r auxilio.
i. Auy. De gr. Chr. c. 4.
puisque le salut était possible dans chacun de ces trois étatsy sans la nécessité de la foi au Christ et de sa grâce, sans la médiation du Christ entre Dieu et l'homme 4. Il n'y avait plus de différence spécifique entre la moralité naturelle ou païenne et la moralité surnaturelle ou chrétienne ; le sens profond, l'importance de la rédemption et du christianisme disparaissent pour l'homme. Peu à peu cependant Pelage voulut admettre une grâce intérieure. Le Christ devait avoir acquis à tous les hommes le pardon des péchés et celui qui pour obtenir ce pardon se basait sur les mérites du Christ, celui-là obtenait parle fait même une grâce du Christ2. Il ne faudrait pas confondre cette grâce de la rémission des péchés avec la grâce de la justification, telle que l'enseignent la révélation et l'Eglise. Chez les Pélagiens ce n'était ni une régénération, ni un renouvellement de l'homme, mais un simple bon vouloir de Dieu, qui dorénavant ne comptait plus à l'homme ses péchés3. Ici se rencontraient le système rationaliste du-Pélagianisme et le surnaturalisme extrême de Luther. Julien parle bien çà et là d'une certaine sanctification obtenue par le baptême et d'une participation qu'il nous confère aux bénédictions de l'état de chrétien; mais il n'est jamais question, dans le système de pardon tel que l'entendaient les Pélagiens, d'une sanctification et d'une rénovation de l'âme au moyen d'un principe de vie surnaturel, qui nous donne la force d'observer les commandements divins4.
Pressés par la victorieuse polémique d'Augustin, les Pélagiens durent enfin admettre une certaine grâce actuelle intérieure. Elle devait servir plus à l'illumination de l'intelligence qu'à l'affermissement de la volonté; en tous cas ne précéder jamais celle-ci, se contenter de la suivre5.