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Topinion de Banez, .de même qu'ilne prévoit, dans ses décrets que le futur ai)solu ne reconnaît le futur .conditioaia«el, que dans la mesure (Qù iL produit des résolutions conditionnelles. D'égard pour la volonté libre pas plus que d'.un moment antérieur aux décrets, il ne pouvait pas être question chez lui, car Dieu est le seul être agissant dans, le monde matériel, comme dans le monde moral.
B. Tout ce qui a été allégué contre la scientia média et contre son usage dans la théorie de la grâce se trouve ramassé au mieux dans le Cursus théologiens que le collège des Carmes déchaussés de Salamanque a publié en 1630» comme un commentaire de la Somme de saint Thomas (1). Leurs essais d'explications échouent à peu près comme ceux de Bariez : ils embrassent aussi bien la prévision divine des futurs libres absolus que celle des futurs conditionnels, et ils se rapportent en grande partie à l'intermédiaire de l'une et de l'autre connaissance.
Avec saint Thomas ils admettent que Dieu ne peut connaître infailliblement les futurs libres par des causes, ni donc dans son essence, ni par la pénétration parfaite des causes finies, comme le marque saint Thomas (De malo qu. 16 a 7), ni d'après ses idées, parce que celles-ci ne contiennent que ce qui est possible (2). Ils rejettent également l'explication de Suarez et autres, pour qui Dieu connaît les futurs libres en eux-mêmes (in se ipsis),ié\s qu'ils coexistent à l'éternité de Dieu, indépendamment de ses décrets et antérieurement à eux, quoiqu'il les connaisse aussi dans les décrets qui s'y rattachent. Ils soutiennent que la réalisation etla coexistence avec l'éternité ne survient aux actions libres que parce que Dieu le veut ainsi, d'après des décrets éternels. Dieu, contemple le futur libre .dans .son essence, en .tant
^(1) Cf. Tom. I. (çd. PaEis. 1810). De, seientia Dei. (2) L. c. Disp. 7. n. 31 : Dicendum tamen est, Deum non passe scire tu tura contingeatia absoluta par, suam essentiam (ut, kabet rationçm ?peciei intelligibilis) et ideas antecedenter ad decretum liberum et effîxjsyx suae Yoluntatis in eo existens.
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que dernière causa formalis de toute la connaissance divine, mais, en son .essence, telle qu'elle est détermiaé.e par ses décrets éternels (1). Il contemple le futur ,en môme, temps, tel qu'il sera, mais parce que Dieu l'a déterminé par ses décrets. S'il ne le connaissait dans des décrets futurs que comme quelque chose de saisi dans sa connaissance et à déterminer tout d'abord par des dé.crets, il ne le connaîtrait pas infailliblement, parce qu'il ne saisirait pas comme tel ce qui peut être déterminé ainsi ou autrement, d'après sa libre volonté (2). Cette argumentation est bien faible, si on suppose, avec Suarez, que la connaissance de l'action réelle future est précédée de. la, connaissance infaillible du futur conditionnel.
Par contre, \&s Salmanticenses ont raison dans leur argumentation précédente pour établir que Dieu n'a pas perçu les actions libres futures absolues, en tant qu'absolument futures, en elles-mêmes (m se ipsis), et qu'ainsi il. n'a pu les reconnaître comme coexistantes à son éternité, quand il a porté le décret de les réaliser (3).
.Autant ils marquent que toutes les actions se réalisant dans le. temps coexistent réellement et immédiatement Creflliter et physice) avec l'éternité de Dieu, autant se trouve là l'unique solution de cette grande énigme, à savoir comment l'infaillible prévision de Dieu doit s'unira la contingence
(1) Ib. n. 48 : Dicendum tamen est, divina décréta non habere ratio- Bem futuroram : atque adeo Deum non cognoscere oerto fatura contingentia in praedictia.decuetis utfuturis.
(2) Ih. n. 64: Secundum et principale fundamentum assertionis insinuatur ab eodem Angelico Doctore etpotest sub hac forma proponi : nam si décréta libéra divinae voluntatis habent rationem futurorum, tune in illo signo, Ln quo pyaeintelliguntur futura, erit voluntas Dei determinata ad kabenda in aequenti si^no décréta iUa,:quae sunt futura et, ad non h.a- Jl>en4a eat.quae i^oa sjivnt futura ;ie^go qo ipso laederetur .libertas diyinae Toluntatis.
(3) 76. n. 108: Quia antecedenter ad omne decretum liberum divinae ¥alujitatis, creaturae.non habent in Deo esse futuruxa determins^teet infallibiliter : ergo implicat, quod antecedenter ad taie decretum repraesen. tantur a divina essentia ut certo futucae, quod ut , laies, ab ipso Deo çx^gaoscantur .
tles actions futures libres (i) ; mais tout cela perd de son importance, si on considère les décrets de Dieu, efficaces d'eux-mêmes, non seulement comme la cause principale, mais comme la cause unique du futur absolu. Et c'est là ce qu'il y a de particulier dans la doctrine des derniers thomistes ; les décrets de Dieu ne forment pas seulement l'intermédiaire par lequel Dieu voit infailliblement le futur absolu comme tel, mais ils fournissent le principe dans lequel Dieu voit l'avenir.
La conception de la connaissance divine du futur conditionnel est tout à fait analogue à ce qui précède. Les Sabnanticenses ne vont pas aussi loin que quelques thomistes extrêmes, par ex. Ledesma, qui n'attribuent à Dieu sur ce terrain aucune connaissance infaillible, mais seulement une probable ; ils l'admettent comme infaillible, quoique ils ne voient point là un article de foi sûr, et non seulement pour le futur conditionnel, qui se produit en vertu d'une nécessité interne, d'une condition afférente, mais même pour celui qui ne se produira, ou ne se produirait que sous la coopération de la volonté libre de la créature (2). Mais, d'autre part, ils suppriment toute différence entre la scientia média et la scientia simplicis intelligentiae ; ils rejettent tout emploi de celle-ci comme condition préalable pour expliquer la certitude de sa réalisation, qui est attachée aux décrets divins, dans le domaine moral ; et ils prétendent que Dieu ne connaît le futur conditionnel, comme par exemple la pénitence des Tyriens, que par et dans ses décrets conditionnels (3). Ils nient donc encore
(t) Disp. 8. n. 137: Oiceadum enim est, hujusiuodi praesentiam realem eo modo, quoeam praecedentibus dubiis explicuimus, esse proximam et ufficientem rationem conciliandi certitudinem divinae scientiae cum libertate nostri arbitrii.
(2) îh. Disp. 9. n. 11. n. 34.
(3)76. n. 63: Dicendum tamen est primo, dari in Dâo praedicta ddcreta conditionata et efficacia circa omnia futura contingentia et conditionata, per quae decernit Deus velquod determinate sint pro tempore futuro, vel quod determinate non sint pro eodem tempore, si ponatur illa conditio.