‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 23 sur 108 · LES ERREURS DE GINTHER AU XIX« SIÈCLE · texte numérisé non relu

LES ERREURS DE GINTHER AU XIX« SIÈCLE

ther avait voulu différencier sa doctrine de celle de Nestorius, dès le moment de la conception ou de l'Incarnation, il aurait vu que sa doctrine n'était pour le reste qu'un nestorianisme renouvelé ; c'est ce qui apparaissait en toute netteté dans les conséquences que Gunther en tirait sans aucune hésitation. Il contestait que la nature humaine du Christ eût été pourvue de la visio beatifica et de l'impossibilité de pécher (dans le sens du non posse peccare), et il faisait ainsi de l^œuvre de la rédemption une œuvre incertaine et douteuse (1), une œuvre purement humaine.

Ces erreurs anthropologiques, auxquelless'ajoutaientdes principes rationalistes sur les rapports de la science et do la foi, une fausse conception de laTrinité divine qu'il décomposait en un trithéisme et une négation de la liberté de Dieu dans la création du monde, circulaient à travers tous les écrits de Gunther (au nombre de neuf) et malgré cela avaient trouvé beaucoup d'adeptes, à cette époque philosophique oii la spéculation marchait à la tête des sciences. Aussi le siège apostolique les suivait-il de son attention. Les écrits de Gunther furent soumis à un minutieux examen, et, après les avoir censurés en général (en 1857), le pape Pie IX, dans une lettre du 15 juin de la même année, adressée à l'archevêque de Cologne, signala les erreurs, vues plus haut, comme principalement contenues dans les écrits de Gunther (2). Le pape fit de même dans une lettre au

(1) Vorsch : II, 219. Et cependant la personnalité ne lui a pas été donnée, en tant que Fils de l'homme, dans l'union avec le Logos ; comme si cette personnalité était autre chose que V Intellectus agens, et que celui-ci fût autre chose que la conscience propre qui peut en outre se réaliser seulement dans un principe libre. . . Comment accorder cela arec ce fait qu'on a contesté même à cette liberté et à son intégrité la possibilité de l'abus? L'impossibilité de l'abus implique-t-elle nécessairement l'mpoisibilité de l'usage et avec cette dernière l'impossibilité de tout mérite ?

(2) L. c. : Non sine dolore apprime noscimus, in iisdem operibus erroneum ac perniciosissimum et ab hac apostolica sedesaepe damnatum rationalismi systema quae a catholica fide sinceraque explicatione de unitate divinae substantiae in tribus distinctis senipiternisque personis non mini-

prince-évêque de Breslau (1860), en faisant remarquer quô toute proposition contraire aux thèses indiquées était une erreur contre la foi.

Une réfutation pénétrante et profonde de toutes ces erreurs a été présentée par Kleutgen dans « La théologie et la philosophie des temps anciens», et il s'est acquis des mérites tout particuliers devant la théologie dogmatique, en rappelant, en démontrant et en produisant de nouveau au jour la théologie scolastique et ses importants résuUats(l).

mum aberrant. In compertis pariter habemus, neque raeliora neque accuratiora esse, quae traduntur de sacramento Verbi incarnât!, deque unitate divinae Verbi personae in duabus naturis, divina et humana. Noscimus iisdem libris laedi catholicam sententiam ac doctrinam de homine, qui corpore et anima ita absolvatur, ut anima eaque rationaiis sit vera per se atque immediata corporis forma etc.

(I) Pour les questions traitées cf. La Théologie des temps anciens, III,. Il Dissert.; Phil. des temps anciens. II, 8 Dissert. Je renvoie en même temps aux passages correspondants de mon Hist. des Dogmes.

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