‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 26 sur 108 · Les explications des autres thomistes tendent pour la · texte numérisé non relu

Les explications des autres thomistes tendent pour la

(1) Banez {Tn S. ch. I, qu. 19, a 10) pensait qu'il suffisait pour laisser à la satisfaction du CTirist un caractère volontaire qu'il eût reconnu ce qu'il y avait de contingent dans le commandement positif du Père céleste, relativement au sacrifice de la croix à accepter et qu'il eût dû relativement le vouloir.

{%) Salmamt. De ine. disp.. ^, 75 : Sed trawsgressio divinorum eonsiliorum et recessus a majori Dei heneplacito, q.uamvis non sit contra debitum justitiae ortum ex lege prohibente, est contra debitum deeentiae el honestatis, quod fundant aliarum virtatum motiva.

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plupart à interpréter les passages fréquents où le Seigneur parle d'un commandement du Père céleste, non en ce sens qu'il est imposé Jà au Seigneur un devoir obligeant subfjraviy mais à l'entendre dans un sens analogue, ou simplement comme un commandement général dont l'observation in individuo, c'est-à-dire dans le cas concret, dépassait, dans tiius les aspects concernant le particui ier,la libre volonté du Seigneur. Cette explication admet encore diverses nuances, quoique toutes teu<)eQt àrestreindre le sens du uioi maîidatuni. Sans doute ii -(îst souvent répété de même pour l'œuvre satisfactoireque le Ghristaeu à accomplir par sa mort sur la croix, comme par exemple dans Joan 10, 18, 14, 31;Phil 2, 8; Hebr. 10, 7, etc. Quelques-uns ne veulent pas voir dans ce commandement un€ obligation sous peine de péché; ainsi divers règlements d'ordres religieux montrent le chemin de la perfection sans y obliger sous peine de péché. Ou bien ils croient pouvoir faire consister le libre choix du côté du Christ en ce que le Christ a demandé d'être libéré et exe.T.p:é de cette loi, ce qu'il aurait pu faire, d'après saint Mathieu, 26, 53. « Ou ne penses-tu pas que je pourrais prier mon Père et il m'enverrait plus de douze légions d'Anges ? Mais comment seraient alors accomplies les Ecritures qui disent que tout cela doit s'accomplir ». Ainsi pense Lugo (1).

D'autres veulent supprimer chez le Christ toute obi igation en face de ce commandement, en le donnant pour un commandement conditionnel, en ce s-ens que Dieu n'aurait donné ce commandement au Christ Notre-Seigneur, son Fils fait homme^ qu'après avoir prévu par sa scientia média sa volontaire acceptation et exécution. Tournely est de ce nombre (2). Sans doute la mort rédemptrice du Christ relève des éternelles décisions deDi-eu, que Dieu, de toute éternité et en taût «que l'exécution dépend de la volonté libre, a connues .à la lumière de Ja scientia média. Mais l'impossibilité de pécher n'est pas chez le Christ indépen-

(1) De inc. Disp. 16. sect. 8. — (2) De inc. qu. 11. a. 4.

dante du libre consentement de sa volonté humaine libre ; mais, grâce à l'union hypostatique et à la vision béatifique, elle est donnée nécessairement comme un non posse peccare. Quoique Dieu ait prévu et prédéterminé de toute éternité sur la croix la mort du Christ et que le Christ ait même prévu infailliblement dans son intellig-ence humaine, avec la scientia visionis dovavaQ avec la scientia indita, sa mort volontaire comme quelque chose de réellement futur et répondant aux éternels décrets de Dieu ; quoique aussi le Christ avec une nécessité conséquente ait dû accomplir ce qu'il avait précédemment connu, afin que les décisions de Dieu ne soient pas rendues vaines, le décret de Dieu n'est pas pourtant un commandement. Le décret de Dieu ne reçoit pas du fait que son exécution par la volonté libre naturelle est prévue le caractère d'un commandement. Cela ne conviendrait ni pour Dieu législateur suprême ni pour le Fils de Dieu fait homme qui a voulu nousdonnerle plus parfait exemple de l'obéissance. En outre on ne peut expliquer de cette façon le caractère obligatoire de tous les commandements et lois qui s'adressaient à la volonté humaine du Christ. En effet Dieu a dû imposer la loi naturelle à toutes les créatures comme une obligation et il ne pouvait pas faire dépendre, pour le Christ, le caractère obligatoire de cette loi pour sa volonté humaine de son libre consentement.

Il reste encore deux autres essais d'explication, qui sans doute présentent quelques variétés, mais qui par rapport à la libre décision de la volonté aboutissent au même point, quand on décrit exactement leurs nuances. L'une a été exposée en toute exactitude et profondeur par Vasquez (1) et a été dans la suite adoptée, pour ce qu'elle a de principal, par la plupart des théologiens, parce qu'elle est la plus conforme aux paroles de la sainte Ecriture et des Pères. Vasquez s'arrête à réfuter les derniers thomistes mentionnés plus haut (n*' 2) et suppose comme universellement admis que pour

(1) Disp. 74 du De ine.

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