SITUATION DE L'ÉGLISE AU XVI** SIÈCLE
siasfiques le sermentde suprématie, Pie V Texcommunia en 1570 et délia tous ses sujets du serment de fidélité. La reine en prit occasion pour porter contre les catholiques les mesures les plus sévères, et elle les écarta de toute vie publique.
L'Irlande n'était soumise à la domination Anglaise que pour une faible partie. Elle était gouvernée dans les districts du Sud-Est par un gouverne'ir anglais. Dans ces districts, Henri VIII exigea des évoques Irlandais le serment de supré" matie. Quelques évêques le prêtèrent, mais la plus grande partie du peuple demeura fidèle à l'Eglise et y fut maintenue surtout par les religieux. Cette résistance porta Elisabeth à redoubler de cruauté contre les Irlandais et à prendre des mesures qui leur enlevaient presque tout droit de propriété sur le sol de leur patrie. Les Irlandais ont supporté tout cela avec héroïsme sans se laisser détacher de leur foi. Durant des siècles, leurs prêtres sont allés se former à l'étranger, à Rome, à Louvain, à Lisbonne, à Valladolid et ailleurs ; à l'école de la persécution, leur foi s'est raffermie et ces proscrits ont été les apôtres delà foi en Amérique et même en Angleterre.
L'Ecosse, pour laquelle l'évêché d'Andrew avait été érigé ^n métropole, en 1472, affirma encore plus longtemps son indépendance à l'égard de l'Angleterre. Pendant la régence et sous la minorité de Jacques V, le parti Anglais soudoyé par Henri VIII ne fît que gagner du terrain et, dans la triste situation où. d'ailleurs se trouvait l'Eglise, il produisit une immense confusion. D'après les statuts diocésains publiés en 1514, par le métropolitain Porman (1513-1521), Timmoralité du clergé était, ici aussi, le point sombre de la vie ecclésiastique, et c'est parla que les novateurs trouvèrent facilement accès auprès du peuple (l) Jacques V tint cependant jusqu'à sa mort, arrivée en 1542, les novateurs
(') Cf. Bellesheim. Geichickte der kathol. Kirche in Schottland. Tome I, p. 317.
loin des limites de son royaume. Mais durant la régence, pendant la minorité de Marie Stuart, le comte d'Arran régent du royaume fit cause commune avec Henri VIIL Le métropolitain Hamilton essaya, il est vrai, par des synodes en 1549 et 1552, d'obtenir une amélioration dans les mœurs du clergé. Mais les novateurs se serrèrent de plus près, rappelèrent en Ecosse l'agitateur Knoxdéjà banni plusieurs fois, et en 1556, après la mort de Marie ils commencèrent une lutte expresse contre les images ; l'arrêt du parlement d'Août 1560 scella l'introduction en Ecosse du symbole réformé.
Histoire de la théologie dans les temps modernes, en Espagne.
C'est l'histoire de la science théologique qui nous introduit dans l'histoire des dogmes aux temps modernes, car c'est elle qui d'une part prépare les décrets dogmatiques de l'Eglise, de l'autre les explique, les développe et les précise. Un échange mutuel de rapports unit la formation des dogmes et la science théologique ; cette dernière représente le facteur humain dans l'expression et le développement des dogmes. Quoique, dans son essence, le fond de la théologie dogmatique soitrévélé de Dieu et soitpar conséquent immuable, cependant sa forme extérieure et sa méthode d'exposition varient selon les exigences et les particularités de chaque époque. Celles-ci imposèrent à la théologie des temps modernes spécialement un triple rôle : elle dut d'abord répondre davantage aux exigences de l'humanisme et de la Renaissance, c'est-à-dire satisfaire les exigences de la science et de la vie intellectuelle renouvelées, en même temps que, devant le protestantisme, elle doit justifier et approfondir la doctrine des sources de la foi, du péché et de la justification, de l'Eglise et des sacrements. Depuis le tnilieu du XVIIP siècle, elle doit de plus, en présence de